Interview Justine Lemeteyer

jjustine lemeteyer windsurf

justine-lemeteyerDate de naissance : 29 juillet 2002

Adresse : Douvres-la-délivrande

Année scolaire : Première S

 

 

 

 

 

Espace Windsurf (EW): À quel âge as-tu commencé à naviguer ?

Justine Lemeteyer (JL) : J’ai commencé à naviguer très tôt dans le club de voile que tenaient mes parents à Luc sur mer, mais j’ai vraiment commencé la planche à 8 ans.

justine lemeteyer interview

 

EWSur un mois, combien de jours es-tu sur l’eau ?

JL : Un maximum ! Après cela dépend des conditions et de mes horaires de cours…

 

EWComment te déplaces-tu sur ton spot ?

JL : Je peux y aller à vélo quand je vais au club et en camion quand je m’entraîne avec mon père.

 

EW: De combien de temps as-tu besoin pour te déplacer sur le spot le plus proche ?

JL : À vélo 10 min et en voiture 5.

 

EW: Qu’es-tu en train de travailler ?

JL : En slalom je travaille mes réglages pour gagner en vitesse et le racing jibe progressivement. En vague je commence le backloop, en plus de petits move de freestyle.

justine lemeteyer slalom

 

EW: Dans ta région, y a-t-il des cours de planche à voile à l’école ?

JL : Non malheureusement il n’y a que des stages de catamaran…

 

EW: As-tu déjà une idée des études que tu souhaites faire? Pourquoi ?

JL : Je ne suis pas encore sûre de ce que je veux faire, mais pour l’instant j’ai envie d’entrer en STAPS pour devenir professeure d’EPS.

 

EW: Quelle est (était) l’implication de tes parents?

JL : J’ai la chance d’avoir des parents qui sont très impliqués dans ce que je fais. Ils m’accompagnent en régate toute l’année et me supportent dans tout ce je fais. Un vrai plaisir !

 

EW: Tes frères et sœurs font-ils du windsurf? Avec la même intensité ?

JL : Ma petite sœur de 13 ans navigue pour le plaisir quand il y a du soleil de préférence. Le sport dans lequel elle s’éclate le plus, c’est la natation.

 

EW: Connais-tu d’autres personnes qui naviguent alors que leurs parents ne naviguent pas?

JL : Oui, j’en connais qui n’avaient pas de parents windsurfeurs, mais qui s’y sont mis. Mais dans la plupart des cas, les parents en ont fait peu de temps après !

 

EW: Navigues-tu avec beaucoup d’amis de ton âge ?

JL : La plupart des ami(e)s avec qui je navigue en club à mon âge. Mais sur les spots je suis souvent la plus jeune et la seule fille.

 

EW: Penses-tu avoir de la chance?

JL : Oui, je pense avoir énormément de chance ! J’ai des parents, des supporters et des sponsors qui me permettent de vivre ma passion et de traverser la France plusieurs fois dans l’année pour aller en compétition ! Alors je profite à fond et j’espère que ça va durer !!!

 

EW: As-tu un entraîneur?

JL : Oui, j’en ai même deux ! Il y a Paulin Sevestre, qui m’entraîne au club OCEAN à Ouistreham avec les copains tous les samedis. Et mon père avec qui je travaille sur l’eau dès que l’on peut, peu importe le moment de la semaine !

En plus, j’ai la chance qu’ils soient tous les deux d’anciens compétiteurs qui ont encore beaucoup de choses à m’apprendre !

 

EW: Que maîtrises-tu le plus

JL : En slalom, je maîtrise mieux les conditions musclées, dans du vent fort. Et en vague je pense que je maîtrise mieux le saut que le surf.

slalom windsurf justine lemeteyer

 

EW: Comment apprends-tu?

JL : En écoutant les consignes et les conseils de l’entraîneur et en répétant sans cesse le même mouvement…

 

EW: En vague et freestyle, comment fais-tu pour apprendre un nouveau move ?

JL : Je crois que le plus difficile c’est de se lancer… Alors il faut oser et après répéter et répéter pour enfin vivre ce super moment quand tu plaques quelque chose pour la première fois !

 

EW: Quels sont tes meilleurs résultats?

JL : En Bic 293, une troisième place sur une interligue à La Baule avec une 5.6 de vague ! Et en slalom, mon titre de championne de ligue cette saison, avec à côté des perfs encourageantes, comme de bons départs en tête sur l’AFF de Marignane et une manche de poule de deux derrière le maillot jaune du Championnat de France Jeune 2018.

compétition justine lemeteyer

 

EW: Quels sont tes objectifs en windsurf?

JL : Cette année j’espère entrer dans le top 10 U20 de l’AFF et monter sur le podium U17. En vague, continuer à travailler le backloop et progresser en surf. Et bien sûr, toujours s’éclater sur l’eau !

 

EW: Qu’aimerais-tu passer un jour ? (Move, championnat…)

JL : Le championnat qui me fait rêver c’est bien sûr la PWA en vague comme en slalom ! Mais il y a encore beaucoup de travail !!!

 

EW: Fais-tu attention à ta nourriture? Comment ?

JL : Oui, j’ai commencé cette année à faire attention à ce que je mangeais. J’ai commencé par changer tout mon petit déjeuner en remplaçant le chocolat chaud et les tartines par du fromage blanc, des fruits et des noisettes. Pour le reste je ne mange ni trop gras, ni trop sucré.                              Évidemment il faut s’autoriser des petits plaisirs de temps en temps. Et quand c’est difficile, la solution c’est de regarder une petite vidéo de planche et ça remotive !!!

 

EW: Quel est le spot que tu as préféré?

JL : Je pense que c’est Asnelles en octobre de l’année dernière. J’étais en 3.5 et 77L, quand j’ai mis à l’eau il y avait 2 mètres de vague, mais avant ça il y avait bien 3m ! C’était magnifique !!!

 

EW: Lis-tu des magazines de windsurf ?

JL : Oui de temps en temps, un petit planchemag spécial manœuvre ou alors une présentation du nouveau matos. Mais le mieux c’est les vieux WIND des années 80 !

 

EW: Comment décrirais-tu le windsurf?

JL : Comme un sport magique ! Si tu goûtes au planning, tu deviens vite accro !

Ce que je trouve le plus fantastique c’est de jouer avec les éléments et d’être sur l’eau ! C’est un sentiment de liberté génial !

jjustine lemeteyer windsurf

 

EW: Penses-tu faire du windsurf toute ta vie ?

JL : J’espère ! Je m’ennuierai sinon !

 

EW: Es-tu sponsorisé ? Payes-tu une partie ? Reçois-tu quelque chose ?

JL : Oui je suis sponsorisée par une entreprise de camping-car : les camping-cars Jacqueline, qui me prête un véhicule pour partir en compétition. Il y aussi la clinique de la planche qui me prêtent du matos et me fait des tarifs préférentiels. Roxy pour tout l’équipement néoprène et les vêtements. Et l’entreprise Lamy Marine Consultant qui m’a aidée à financer les déplacements.

Cette année j’ai fait une campagne de financement participatif, mais je vais commencer à travailler en faisant du baby-sitting dès la rentrée pour financer une partie du budget de l’année prochaine.

 

EW: Que souhaites-tu rajouter ?

JL : Juste un grand merci à tous ceux qui me permettent de vivre ma passion à fond à 16 ans : les supporters, les sponsors, le club et à Espace Windsurf pour leur aide médiatique !

Les filles en windsurf

windsurf aff

ARTICLE : Justine Lemeteyer
PHOTOS : Éric Bellande et la madre de Justine 😉

 

Vous l’aurez certainement remarqué, le windsurf est majoritairement masculin. Être une fille dans ce sport comporte à la fois des défauts et des avantages. J’ai donc décidé de vous les présenter dans ce petit article à partir des expériences que j’ai pu vivre à l’entraînement comme en compétition.

En raceboard j’ai passé deux années à m’entraîner uniquement avec des garçons. Cela n’a pas empêché une superbe ambiance au sein du groupe ! Mais quand il n’y a pas de vestiaire, il faut accepter de se changer au milieu d’eux sous son poncho.
Une fois sur l’eau à l’entraînement, nous sommes sur la même ligne de départ, et fille ou pas, on veut tous passer la ligne le premier! Et c’est toujours sympa de franchir une ligne d’arrivée devant un gars  !!
C’est, à mes yeux, un super avantage que de s’entraîner avec une majorité de garçons. Ils nous tirent vers le haut physiquement et nous obligent à être plus tactique lorsque c’est la force qui fait la différence.

windsurf aff

Un autre avantage que j’ai vraiment apprécié en raceboard, c’est d’avoir le coach et la sécu pour moi toute seule à la fin d’une manche. C’est plus agréable et plus pratique que les six garçons qui y arrivent en même temps !

Il est également souvent dit qu’il est plus facile de devenir professionnelle pour une fille que pour un gars. Il est vrai qu’il y a moins de coureuses chez les filles. Mais pour devenir professionnelle, il faut être passée par l’étape « recherche de sponsors ». Or les filles sont encore moins reconnues que les garçons en planche à voile. Il est donc certainement plus compliqué pour une fille de trouver des sponsors. C’est donc un obstacle plus important à passer pour atteindre le haut niveau.

windsurf aff

Cette année, j’ai participé à la première étape du tour AFF à Marignane. J’étais la petite nouvelle qui découvrait. Et j’ai pu remarquer que le fait que nous soyons un petit nombre forme un super groupe ! Sur l’eau, c’est la « bataille », mais dès que la manche est finie, c’est comme un débriefing où chacune raconte sa vision de la manche. Il y a du fair-play et une vraie superbe entente !
Lorsque j’ai grillé la ligne de départ pour la première de ma vie, ce sont les parents des filles qui sont venus me voir pour m’expliquer que cela pouvait arriver et que c’était normal. C’est donc vraiment une superbe ambiance qui règne sur le tour AFF que j’ai hâte de retrouver !

En bref, être une fille dans ce sport est, à mes yeux, super ! Même si nous n’avons pas la même reconnaissance que les hommes, l’ambiance qui règne entre les coureuses est superbe !

aff windsurf

 

 

 

Sur le même thème : les filles à l’eau

Comment recoller vos pads

pad décollé

Un article de David Moreau

 

 

Rien de plus désagréable que les pads de votre planche qui se décollent, surtout que le phénomène n’ira rarement en s’arrangeant.

Cela ne vous prendra que 20 minutes pour régler le problème. La manipulation est à la portée de tout le monde et ne demande que très peu de matériel. Celui-ci se trouve dans n’importe quel magasin de bricolage.

  • un chiffon propre
  • une bouteille de diluant cellulosique
  • un peu de colle néoprène (gel ou liquide peu importe)

diluant cellulosique

 

ÉTAPE 1

Bien nettoyer les résidus de colle sur les deux parties à l’aide du chiffon et du diluant.

pad décollé

ÉTAPE 2

Encoller les deux parties à l’aide de la colle néoprène et attendre que les solvants s’évaporent (ne colle plus aux doigts). Environ 10 à 15 minutes.

colle néoprène

ÉTAPE 3

Poser le pad délicatement sans faire de bulles.

collage-pad

pression-pads-windsurf

ÉTAPE 4

Bien laisser sécher et passer un coup de diluant sur les bords afin d’enlever les bavures de colle.

recoller-pads

ÉTAPE 5

Filer à l’eau avec votre pad comme neuf.

Événement – King Of Thau

king of thau

par © poncho Bingo.de “La Gazzetta de Tijuana”
 

 

Dimanche 29 octobre 2017. C’était la confrontation du siècle, pas à Kinshasa, au Barrou plus précisément au centre nautique de la ville de Sète Mialle et Munoz. Un évènement organisé par l’association Sète windsurf. L’enjeu un royaume de Cerbère à Menton avec son titre « King of Thau ». Les meilleurs riders amateurs et pro de la discipline Free-style sont venu de toute la côte tenter de ravir la couronne.

Du velu! dans l’argot des véliplanchistes cela signifie un vent fort… très fort qui vous arraches les portières des Twingo emporte les tuiles et les enfants de moins de douze ans pas attachés. Avec des rafales à plus de quarante nœuds, des vagues croisées et un clapot anarchique le titre de « Roi de Thau » se gagne à la force du poignet et à la solidité des chevilles. Il faut du costaud, du rustique et une connaissance génétique du milieu. A la moindre erreur la tramontane d’un coup de griffe fracasse broie en rugissant.

 

king of thau

 

A ce jeu les pros, ben ! C’est des pros. Derrière la lutte était acharnée entre les locaux et la relève. Les kids, filles et garçons bousculent fort et emportent pas tout mais presque. Les seniors amateurs et pro ont des soucis à se faire. La relève arrive avec des couteaux aiguisés.

Durant la remise des prix je percevais le cliquetis du réarmement d’une culasse fraichement nettoyée et huilée. A l’an prochain pour un nouveau sacre, vive le roi, la guerre de succession est ouverte.

 

king of thau

 

A propos d’une bagnole sur la plage des mouettes.

Ce dimanche 29 septembre c’est comme tous les dimanches le jour du seigneur mais aussi celui ou l’on passe à confesse, le jour du règlement de compte. Je parle de Freestyle et de Ouindesoeurf bien sur. Cela faisait un bout de temps que les despérados du wishbone ne s étaient pas flingués face à face de chaque coté de la main street. Les dernières fusillades remontaient à Buch Cassidy, le sifflement du plomb s’était fait oublié.
 
Alors… lorsque les kids avec encore une sucette accrochée à leur harnais sont venus interpréter allegro con brio le premier mouvement de la cinquième symphonie du destin à l’arquebuse, ca leur a fait drôle aux vieux de la Crimée. D’entrée !…du gros calibre, comme ca ! C’est limite de la discourtoisie. Ils commençaient tout juste à piquer du nose sur leur board de l’année après une binouse pousse sandwich. Il a fallu sortir le bon vieux “Peacemaker .45“ pour rester dans le jeu.
 
Bien qu’il y ait un certain avantage à recevoir dans son propre saloon, on connait les tables où les guns sont planqués, les planches de parquets bancales, les couteaux dissimulés dans les rideaux sous les chaises et les signes avant coureurs de la déflagration du tromblon gavé de rivets, clous, menue monnaie et médailles caritatives du barman maniaco-dépressif, ce ne fut point suffisant cette fois ci pour les locaux, face aux professionnels de la gâchettes et autres outlaws en provenance de l’ouest du Pécos.

 

king of thau

 

Durant la compétition je remarquais la présence sur la plage d’une voiture évoquant les lignes harmonieuses et élancées d’une Traban modèle Versailles grand luxe (doté de 2 essuie-glace ainsi que de 2 rétroviseurs de série). A travers les vitres embuées de la limousine du prolétaire tchécoslovaque se détachaient deux silhouettes aux allures de narcos.
 
Arrive le gang des Mézois, L’Angoisse et Poisson. Ils sont sur la piste d’un bouchon de mat.
“Tu sais qui c’est?” demandais-je à Poisson en lui désignant la Skoda Fabbia bleu outremer sur le sable face à l’étang.
“Ca! béh! c’est la papamobile ! avé les deux papes Pollack”.
“Quoi ! t’es sérieux Poisson!”
L’angoisse intervient. “Tu comprend rien, Poncho! Y’en a un c’est le pape l’autre le sous pape”.
“Et il fait quoi le sous pape sur cette plage?” L’angoisse se gratte le menton signe d’une intense réflexion.
“Ben! Le soupape ….il décompresse !”, il sourit et redevient grave “t’aurais pas vu un bouchon de mât?”
“Si, plein! En pagaille avec le mât derrière, la voile et le planchiste”.
Il a fini par trouver son bouchon de mat l’évadé encore combi orange de Guantanamo.

 
 

Le classement :

Chez les kids

1  Nil Bacon (le Prince Of Thau 2017)
2  Mathis Mollard
3  Siloé Bouchet
4  Elian Mollard
5  LiSa Kloster la Queen Of Thau 2017
6  Till Van Staa
6  Phillip Tillman

Chez les adultes

1  Sam Esteve  (le King Of Thau 2017)
2  Julien Mas
3  Nil Bacon
4  Jonathan Mourgues
5  Xavier Frelin
6  Teddy Fatet
7  Loic Viandier
8  Bastien Guyon
9  Elian Mollard
10  Samuel Almeras
14  Mathis Mollard
14  Lisa Kloster
14  David Krief
14  Florian Cao
18  Theo Garcia
18  Siloé Bouchet
18  Till Van Staa
18  Phillip Tillmann
Partenaires: F2 France, Sportscare Jeewin, Sailloft France, Enemii France, Maui Ultra Fins France, Sola France, Banque Populaire, VertiCorde, Ibiza Fitness-Agde, CrossFit Agde, VIDAL Julien Producteur coquillages Huitre Bio Thau, Espace Windsurf
Photos @SeteWindsurf