Pourquoi et comment avançons-nous en planche à voile?

 

En windsurf, comme en funboard, ou même en voilier, nous avançons grâce à la même force, celle du vent. Mais comment le vent exerce-t-il cette force dans la voile ? Cet article va servir à expliquer pourquoi et comment nous avançons grâce à une voile, mais aussi à contredire certains préjugés et qui permettra d’optimiser vos réglages pour aller plus vite ! Alors que vous êtes planchiste, voileux ou même kitesurfer, cet article pourra toujours vous apprendre quelque chose !

 

Comment avance une embarcation à voile ?

 

Pour faire tourner son moteur, une voiture a besoin de carburant. De la même manière, un voilier a besoin de vent pour pouvoir gonfler ses voiles.
Le vent exerce (comme tout fluide qui rencontre un plan) une force perpendiculaire à la voile appelée poussée vélique, ceci quel que soit l’angle avec lequel le vent arrive sur la voile.

fluide

 
 

D’où vient cette force ?

 

L’air arrive sur la voile et se sépare en deux :
– Une partie s’engouffre à l’intérieur de la voile (sur l’intrados), cet air ralentit et exerce une surpression.
– l’autre partie passe de l’autre côté (sur l’extrados). Au passage, cet air accélère et crée une dépression (phénomène de la feuille de papier sur laquelle on souffle).
On a une dépression d’un côté et une poussée de l’autre, ce qui génère une force perpendiculaire à la voile et fait avancer le bateau.
Pour corriger un premier préjugé, le côté le plus important de la voile est bien l’extrados (côté extérieur de la voile) et non l’intrados.

poussée vélique

 

Si, maintenant, on décompose la poussée vélique, on constate qu’elle se décompose en deux autres forces, l’une dirigée dans l’axe du bateau appelée la force propulsive et l’autre perpendiculaire à ce même axe, appelée force de dérive.

 

composante

 
 

Une dérive, pas seulement pour ne pas dériver!

 

Afin d’éviter que le bateau avance en crabe, on immerge un aileron et/ou une dérive, pour ceux qui en ont, qui agit comme une voile, mais cette fois l’eau remplace l’air. Quand le bateau avance, l’eau vient buter contre la dérive exerçant une surpression. Et, comme l’air, l’eau passe de l’autre côté et accélère créant une dépression. Pression d’un côté, dépression de l’autre, la présence de cet obstacle engendre une force dite d’antidérive.
Si on fait le compte, on voit que cette force perpendiculaire et la force d’antidérive se compensent. Du coup, il ne reste que la force propulsive dans l’axe du bateau qui le fait avancer. Grâce à la dérive, le bateau ne dérape plus, les forces s’annulent, mais un couple de « gîte » est créé.
 

les forces

 
 

Les différents vents

 

En navigation, on peut distinguer différents types de vent. D’abord, il y a le vent qui souffle sur la mer, c’est le vent réel. Lorsqu’il se déplace, le bateau crée son propre vent (comme celui que l’on peut sentir sur nos joues en vélo), c’est le vent vitesse. D’autre part, le vent qui fait avancer le bateau est composé du vent vitesse et du vent réel, c‘est le vent apparent.
 

vents 1

 

Ainsi, lorsque le bateau est vent arrière, on comprend facilement qu’il ne puisse atteindre sa vitesse maximale. À cette allure, le vent réel et le vent vitesse s’opposent, le vent apparent est donc plus faible que le vent réel.

 

vent arrière

 

On pourrait croire que, pour aller plus vite, il suffit de remonter le plus possible au vent et de naviguer au près. Quand le bateau lofe, le vent vitesse et le vent réel ne s’opposent plus, par conséquent, le vent apparent augmente. En fait, c’est quand le bateau est au près que le vent apparent atteint sa vitesse maximum.

 

vent près

 

Néanmoins, une grande partie de cette force fait dériver le bateau. Certes, la dérive engendre une force antidérive, mais il ne reste plus grand-chose pour faire avancer le bateau (sur le schéma, la composante dans l’axe du bateau est beaucoup plus petite que la composante perpendiculaire à l’axe du bateau). Un vent apparent important n’est pas toujours synonyme de vitesse. Les allures les plus efficaces se trouvent entre le largue et le travers.

 

Les angles d’incidence

 

Aux faibles angles d’incidence, l’écoulement de l’air est laminaire ; l’air s’écoule régulièrement le long des deux faces de la voile. Si l’on borde trop les voiles, l’écoulement devient turbulent et le bateau avance moins vite. Au vent arrière, où l’angle d’incidence est très défavorable, l’écoulement est extrêmement turbulent.

écoulement

 

En fonction de son angle par rapport au vent, et de la force du vent, il existe une configuration de voile optimale.
Bon à savoir pour les planchistes en particulier : Si on suit le raisonnement, plus on va vite, plus le vent apparent vient de face, puisque le vent vitesse augmente lui aussi. Donc, plus on a de vitesse et plus il faut border la voile.

 

vents vitesse

 

J’espère que cet article vous aidera dans vos futurs réglages et vous fera progresser et, bien sûr, j’espère aussi que vous avez appris ou compris de nouvelles choses ! ENJOY et bon ride à tous !

 

Brise de mer et de terre

brise thermique

On est un jour de mi-juillet en fin de matinée, vous êtes en vacances dans un petit coin de paradis. Vous avez jeté un coup d’oeil à Windguru et pas de vent prévu malheureusement…
Cependant, le temps de manger et hop 15 Noeuds sur le spot en à peine 20 minutes !

Beaucoup de gens parlent souvent du « thermique » sans pour autant vraiment savoir de quoi il s’agit… quel est ce phénomène ?

Des brises thermiques s’établissent sur les côtes par beau temps. Elles résultent de la différence de température entre l’air au-dessus de la terre et celui au-dessus de la mer ou d’un lac. Ces réchauffements et refroidissements affectent les masses d’air au-dessus de la terre et de la mer de manière différente, ce qui cause des déplacements d’air, c’est-à-dire du vent.
Les brises sont nettement plus sensibles sous certaines conditions. Si le régime de vent général est fort et bien établi, un mélange des masses d’air se produit entre les deux milieux et la brise a peu de chance de s’établir.
En revanche, dans certaines situations (gros anticyclone d’été en Mer Méditerranée par exemple), les brises peuvent devenir le vent dominant pendant plusieurs jours.
Étant générées par des effets thermiques sur les côtes, les brises sont extrêmement variables en fonction des configurations locales.

A/ Brise de mer

1/ la brise thermique sans vent synoptique !

> Pour commencer, petit rappel sur ce qu’est le vent synoptique : On appelle vent synoptique le vent général lié à l’état du champ de pressions. En clair, c’est le vent en altitude généré par les dépressions et les anticyclones à grande échelle. En bref, c’est le vent qui est déjà présent sur le plan d’eau avant l’effet thermique. C’est également le vent prévu par les fichiers grib fournis par les ordinateurs mais attention: altitude 10m!

> Dans ce cas de figure, on parle de brise thermique ou côtière « pure ». Trois conditions sont nécessaires pour que la brise de mer puisse s’établir et il est aisé de les observer dès le matin en prévision d’une petite navigation dans l’après-midi :

– Le ciel est pratiquement sans nuages, bleu azur. Si le ciel est recouvert de nuages, il est évident que le soleil, ne passant pas, ne pourra pas réchauffer la terre qui se réchauffe bien plus vite que la mer.

– Rappelons que l’air humide est instable et l’air sec, lui, est stable. Si l’air est humide (instable), cela va donc aider pour la brise thermique. Sur les côtes atlantiques, cet air instable est caractérisé par la présence de cumulus de beau temps, ces nuages cotonneux qui se développent le long du littoral après le passage d’une dépression.
Un moniteur m’a dit un jour : si l’herbe est mouillée le matin (alors qu’il n’y a pas eu de pluie), il y a de fortes chances d’avoir une bonne petite session dans la journée… !

– Il faut également un écart thermique fort entre l’air de la terre et l’air de la mer…

> Ce qu’il faut retenir :
La brise thermique est d’autant plus forte que
– le vent synoptique est faible ou nul (cependant, un synoptique terre-mer pas trop fort ( – l’instabilité est marquée.
– la nébulosité est faible (avec formation de cumulus sur la bande côtière)
– l’écart de température mer-terre est important.

Voici un schéma simple pour comprendre le fonctionnement :

brise de mer

2/ La brise thermique avec vent synoptique

Nous avons vu les conditions favorisant la brise thermique lorsque le vent synoptique est nul ou très faible. Nous allons voir que les choses se compliquent lorsque le vent synoptique est présent.
En fait, beaucoup de gens pensent à tort que la présence de vent synoptique signifie absence de brise thermique. Erreur ! On a tous un jour ou l’autre été surpris, sans vraiment se l’expliquer, de devoir affronter une jolie petite brise thermique de 25 nœuds en milieu de journée…

Un vent synoptique trop fort annule les effets de brises

Lorsqu’il est trop fort, un vent synoptique égal ou supérieur à 20 nœuds agit comme un énorme mixeur mélangeant les masses d’air chaudes et froides.
De ce fait, le contraste thermique n’est plus là et la brise thermique n’arrive pas à s’affirmer…
On se retrouve malgré tout avec un vent induit par la différence de pression, soit un flux de 20-25 nœuds par exemple. (On ne parlera jamais de direction car tout dépend de l’orientation de la côte).

Les conditions d’établissement de la brise avec du vent synoptique

Cependant, et pour faire court, un vent synoptique de terre favorise la brise de mer.

Ce qu’il faut retenir : par vent synoptique, la brise thermique sera forte si :
– la direction de ce vent synoptique favorise le courant de retour en altitude (vent synoptique de
terre).
– Si l’orientation de la côte par rapport au vent synoptique crée des phénomènes de
convergences ou de divergences côtières favorables.

2 / Brise de terre

Pendant la nuit, la terre se refroidit plus vite que la mer et le phénomène inverse se produit : l’air
au-dessus de la terre est plus froid que celui au-dessus de la mer.
La brise de terre débute quelques heures après le coucher du soleil. L’air au-dessus de la terre
commence à être plus froid que celui au-dessus de la mer.
L’air chaud s’élève, étant moins dense que l’air froid, et est à l’origine du vent de la terre vers
la mer.
La brise s’étend assez peu vers le large et continue à souffler 2 à 3 heures après le lever du soleil
(jusqu’à ce que les températures s’équilibrent).

SOURCES : Le livre des Glénan, Météo marine, Niveau 5 de la Toussaint et mon papa
IMAGES : la chaine météo et ronan-tourdumonde.com

Trois spots sur l’Etang de Leucate

 

ARTICLE : Mattijs Lasore

 

“Les gens sont super gentils ! Et quand il n’y a pas de vent, il y a plein d’autres choses à faire.”

 

Pendant les vacances de Pâques, j’ai eu la chance de profiter de 10 jours de navigation à Leucate. C’était, pour moi, la première fois que j’allais dans cette région (département de l’Aude dans le Sud de la France). Je suis parti avec ma maman en avion et nous avons logé à l’hôtel à Port Leucate.

3 spots sur l’Etang de Leucate m’ont particulièrement plu, c’est pourquoi j’ai eu envie de vous les présenter.

Dès que le vent (principalement de la Tramontane) y souffle, c’est le rendez-vous des planchistes !

Eole, le Goulet (avec le Wesh Center Crew : le centre de Julien Taboulet) et le Téléski sont les 3 spots sur lesquels j’ai navigué.

 

SPOT 1 : Éole


Ce spot est situé à Barcarès, un petit village à côté de l’autoroute (direction Perpignan ) .
 

Il s’agit du spot de repli, j’allais naviguer là-bas quand j’avais trop de vent sur les autres spots! Le vent est, à éole, un beaufort de moins que sur les autres spots de l’étang de Leucate. Il est possible de naviguer dans un petit bassin qui est  top pour le Freestyle ! En dehors de ce bassin, il y a de temps en temps du bon clapot pour sauter.

C’est avec la Tramontane de Nord-Ouest qu’éole fonctionne le mieux (voir même plutôt Ouest). Le gros inconvénient est qu’il y a beaucoup d’algues. Il existe des ailerons anti-algues (ces ailerons ne sont pas top, car il y a énormément de force au niveau du pied arrière), mais tout dépend également combien de temps vous avez sur place.

Nicolas Akgazciyan est un habitué du spot !  J’ai appris beaucoup de choses rien qu’en le regardant ! Et il y a aussi beaucoup de places pour les voitures et les camping-cars.

 

Le bassin est plat et très bien pour le Freestyle

 

 

SPOT 2 : Le Goulet (“Wesh Center Crew”)

 

C’est le spot idéal, car le vent y est toujours plus fort que sur les autres spots. Il se trouve juste à l’entrée du village de Leucate. On y navigue par Tramontane Nord Ouest.

Ce spot est top pour le freestyle, car l’étang et peu profond sur les premiers 30 mètres.  C’est super aussi pour les débutants !

Il est possible de naviguer derrière une petite île avec laTramontane, et c’est tout plat : le paradis pour un freestyler !

Un « parc windsurf » avec des « slides » est disponible, mais attention aux chutes …

Le point négatif du spot est qu’il faut marcher un moment à partir du parking pour arriver sur l’eau.

Les gens sont super gentils ! Et quand il n’y a pas de vent, il y a plein d’autres choses à faire. Il y a de jolies promenades au bord de l’eau où Caroline Barbeau propose des cours de SUP …


 

Et on mange super bien chez le chef Mimmo!

Il y a même un petit terrain de jeux pour les petits.

Le WCC organise également régulièrement des soirées! Et de temps en temps, des stages avec des riders pros. La devise du Wesh Center est d’unir les gens et de partager l

a passion de la planche à voile avec tout le monde.
 

Il y a un grand parking pour les voitures (gratuit) et camping-cars (€7.50 par jour), mais on peut y  rester la nuit et il y a de l’eau à disposition.

Le spot est idéal pour le freestyle !

 

SPOT 3: Téléski

 

Il se trouve de l’autre côté d’Éole. Je n’y ai navigué que par du vent Marin (opposé de la Tramontane) ! C’est un de mes spots préférés!

L’eau y est assez agitée et ce ne sont pas les conditions les plus favorables pour le freestyle. Le spot est localisé près de l’Ecole de ski nautique. On fait de supers longs bords, car le spot est assez large et c’est top pour le freeride et le slalom.

En face du spot, il y a le village de vacances : Ile des pêcheurs, un bon endroit pour loger !


 

Le vent est toujours plus fort, par rapport à ce qu’annoncent Windguru ou Windfinder. C’est cool !

Pour ceux qui ne font pas de planche ou lorsqu’il n’y a pas du vent, il est possible de faire du ski nautique, wakeboard ou kneeboard.

Il y a un parking pour les voitures et les camping-cars, mais l’eau n’est pas disponible.

 

Vivement que j’y retourne !

 

Windsurfing camp sur l’isthme de Penthièvre


PHOTOS : Céline Grosjean – Simon Haim


La passion pour le windsurf m’a pris il y a quelques années… Et depuis, plus je navigue, plus la passion m’envahit…

Afin de parler et faire parler de ce sport, j’ai créé Espace Windsurf. Afin de naviguer plus et faire naviguer plus, j’ai aussi lancé différentes formules de camps windsurf.

Après une excellente expérience à Leucate, j’ai confirmé mon idée d’organiser différents types de camps.
Ronald Richoux étant une référence dans le domaine, je l’ai contacté afin de lui proposer mon projet… Et c’est comme ça que tout a commencé ! ☺

7 super motivés de 18 à 23 ans sont partis de Mons le samedi 27 août : direction Quiberon, ou plus exactement l’isthme de Penthièvre… Voici la fine équipe :

Simon : 22 ans, dernière année d’ingénieur architecte
Sophie : 20 ans, première année de design
Camille : 18 ans, première année de kiné
Antoine : 20 ans, deuxième année de kiné
Caroline : 18 ans, première année de droit
Tiphaine : 21 ans, cinquième année de médecine
Espérance : 19 ans, ne fait pas de windsurf mais nous a permis d’avoir quelques photos

Céline : The boss 😉

Tous assoiffés de windsurf et animés d’une vraie envie de progresser, un vrai plaisir !

Dimanche (le premier jour) était assez calme, nous avons testé le dirt sur une mer encore à marée trop haute… Cela a donné de jolies photos. Nous avons terminé par un repas accompagné d’un magnifique couché de soleil !

    

Lundi l’équipe a rencontré Ronald. Une petite présentation en attendant le thermique et hop la leçon est lancée… Quelques précisions sur le gréement et nous voilà à l’eau dans une dizaine de nœud de vent… De quoi parler position et repères pour encore améliorer les aulofées et abatées. Résultat : une journée constructive pour chacun d’entre eux, quel que soit le niveau !




Mardi, la pétole annoncée et une légère brise d’Est nous confirment qu’il n’y aura pas de thermique et qu’il faudra laisser place au SUP. Personne n’avait encore essayé, nous avons donc du tout apprendre : comment aller droit en ne ramant que d’un côté, comment tourner rapidement, comment prendre ses premières vagues … Les retours de l’équipe ont été très positifs !



Mercredi, réveil programmé à 7h00 car un vent d’Est entre 14 et 16 nœuds est annoncé pour le matin. Le rendez-vous est fixé à 8h00 et à 9h00, il fallait être sur l’eau ! Ce fut une très chouette session : un coach très présent avec des consignes tout à fait personnalisées qui font bien avancer, un planning, certes, léger mais bien là !
Le smile ressortait chez chacun malgré une sortie de l’eau à marée basse plutôt pénible : l’eau à la cheville et les coquillages ou crabes dans les pieds…


Manque de chance encore jeudi et vendredi au niveau du vent mais, contre mauvaise fortune bon cœur, cela nous a permis de découvrir plus en profondeur le SUP dans les vagues. Quelques SUPers sont nés !!!

La semaine s’est terminée avec beaucoup de nouvelles choses dans la tête et l’envie de naviguer encore plus ! Et finalement, le trajet de retour nous a permis de programmer les sessions à venir ☺

Mon objectif personnel est atteint : l’envie grandissante de naviguer des 6 participants était bien là !!! D’autres camps seront prévus en 2012 ☺

Merci l’équipe