Être compétitrice en région parisienne

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Photos (sauf mention): Nicolas Peltier

 

Le slalom, la vague et le freestyle ne sont pas des disciplines aussi structurées (quel bel euphémisme) que peuvent l’être les filières de monotypie en planche à voile. Sans parler des freerideurs qui fument du shit sur la plage et trouvent encore le funboard cool, bien que piqués de compétition – comme moi – et qui n’ont jamais connu les régates du samedi dès leurs 10 ans. Avec quelques stages d’été et quelques rares invitations aux stages slalom FFV bien plus tard, est-ce progresser sans être vraiment encadrée ET en habitant parmi les je-tire-la-tronche-h24 en région parisienne ne serait pas… Mishionne impossibeul?

 
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Photo: Surf Medano

 

PARIS, CAPITALE DU WINDSURF?

 

J’ai ouï dire qu’au siècle passé, Moisson Lavacourt jouissait d’une renommée intergalactique. Certes. Il n’empêche que la mer, ça groove plus. Et le gros avantage de se retrouver dans cette région plus connue pour ses bouchons et sa pollution que pour ses conditions, c’est qu’on a accès à une multitude de spots très variés. Lacs (mondialement connus au XXème siècle), plans d’eau fermés, plans d’eau ouverts avec un clapot infâme, plans d’eau entrebaillés avec un courant à dépalmer un canard… Non seulement cela rend polyvalent, mais on y développe également une sorte de 6ème sens pour éviter à l’aveugle toutes sortes de perfides obstacles sous-marins de nature minérale, notamment en Haute Normandie. Les locaux auront certainement tous un flashback en lisant cette phrase.

Si j’habitais encore à Aytré à naviguer toujours sur le même spot, jamais je n’aurais connu les joies du cap dans 5nds de courant ni l’allégresse de découvrir que mon estimation de la profondeur de l’eau était trop optimiste et que Vaseland était un monde bien plus clément que Cateletland. Après avoir pratiqué Wissant par 40nds, j’ai également réalisé que ceux qui trouvaient le Défi dur étaient des chochottes.

Le gros danger de la distance, c’est la carotte. Loin du rivage, les sessions lightwind indispensables pour le slalom sont comme des sirènes qui essaient d’aguicher mes grands ailerons carbone, tout ça pour se retrouver seule avec la croix de Lorraine en train de regarder Courseulles sous la pluie, par vent de SO, avec cette éternelle interrogation du planchiste en tête: “Ça va  monter ou pas?”

 
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Wissant, spot anti-carotte garanti*! (*Seulement si vous avez souscrit à l’option slalom complémentaire)

 

PARTITION SOLO

 

Pour progresser (en solo ou pas), il y a une règle d’or: naviguer, le PLUS possible. Même toute seule, même par 8°, même sous la pluie, même dans le 76, même à Poses à l’interface des feuilles mortes et des algues. Comme Tonton Schwarzy, l’idole de notre fratrie disait: “Everything is reps and mileage”. (C’est forgeant qu’on fait des chaudrons, pour les non anglophones).

 
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L’idéal reste de naviguer à plusieurs bien évidemment, c’est plus pratique pour appeler la SNSM et pour se refaire la casse de pied de mât en baie d’Authie sur le trajet retour. Accessoirement, ça coûte n fois moins cher, avec n ∈ ℕ* et compris entre 1 et 10, selon le véhicule et l’âge du capitaine. C’est possible grâce au KIFF, notre forum de covoiturage régional. La Manche n’a pas son St Colomban national ni sa rade de Brest et il est important de trouver des partenaires de titillage pour me pousser au maximum. Comme tous les enfants avec des facilités, cette facilité est très souvent accompagnée d’une indécrottable flemmardise.

Malheureusement, les sessions sous la neige en février ont peu d’adeptes. C’est bien le seul avantage d’avoir des troubles du comportement alimentaire (= trop bouffer trop souvent), c’est d’avoir un corps qui se transforme en centrale thermique.

Il m’arrive souvent de naviguer, soit avec les quelques winsdurfeurs du coin, soit en seule compagnie de la faune locale, et il va falloir trouver de quoi composer pendant une session en solo.

 

1er jeu: le GPS

Le KIFF organise un GPS challenge sur l’année où les kiffeurs pourvus d’un GPS et d’un amour propre sensible sont classés en fonction de différents critères: vmax, vmini jibe, 500m… Un bon prétexte en soi pour me sortir les tripes rien que pour faire rager celui qui va perdre une place au classement, mais pas son amour-propre, parce que nous les freerideurs, on s’en fout tant qu’on plane et qu’il reste du shit dans la boite à gant (et du vent pour le week-end).

Le GPS est également un outil qui vaut ce qu’il vaut pour comparer des vitesses en changeant d’ailerons par exemple. Ça reste subjectif puisque les trajectoires, les rafales etc… ne seront jamais identiques mais on peut voir des différences entre un aileron carbone et G10, ça peut compléter le feeling, qui lui, est carrément subjectif sur la sensation de vitesse. Comme par exemple avec ma vieille Isonic qui donnait l’impression d’être un soc de charrue qui labourait le plan d’eau, ben ça avançait quand même, curieusement. Je dois avoir le même style gracieux de son développeur d’alors, le pilier droit Antoine Albeau.

 
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Photo: Thomas Seguin

 

2eme jeu: les réglages

Youpi. Ma partie préférée. Bon, là ça marche aux sensations et mieux vaut ne pas attendre qu’il fasse 9° pour commencer à régler ses lattes sur la plage, sauf si je tiens à perdre toute sensation digitale. Et quand tu reçois tes voiles en hiver, t’es niqué! Pour les lattes et les spacers, je le fais de préférence à la maison et de façon à obtenir une rotation des cambers facile et homogène, comme les hélices du Thermomix de la cuisine qui contemplait dubitativement mon entreprise. Pour les tensions d’amure et d’écoute, ça se passe aux sensations sur l’eau pour essayer de trouver le meilleur compromis puissance/tenue pour un réglage médian qui passe partout, une fois la flemme terrassée. Ça n’arrive pas souvent. Pour les tests de mâts, j’y suis presque, je commence à comparer rdm et sdm ^^
L’idéal reste d’avoir quelqu’un sous la main pour faire des match tests et échanger le matos pour comparer les ressentis. Je penserai à dresser un phoque pour l’occasion.

 
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Oh c’est une idée comme ça hein. Les bernards-l’hermites me semblaient plus limités

 

3ème jeu: les jibes et diverses manoeuvres

Ça, je pourrais passer ma vie à les bosser. Pour travailler les jibes toute seule, l’idéal est d’aller sur un spot avec deux bouées bien situées par rapport au vent. Autant dire qu’à part sur un énorme coup de pot à Collignon avec des bouées de casiers bien alignées, c’est rare. À moins de tomber sur un pêcheur qui s’est rendu compte que les homards préféraient se faire prendre en carré plutôt qu’en Grande Ourse. Il est possible d’en faire des maisons, dès que j’ai appris je vous donnerai la recette Thermomix.

Pendant 2h à faire des “huit” sur l’eau, j’arrive facilement à identifier mon côté boiteux et je peux insister dessus un certain temps, en décomposant le mouvement, en finissant en fausse panne, en exagérant les positions jusqu’à tomber. Ou jusqu’à mourir d’ennui et de solitude. C’est ça qui forge le mental, résister à la tentation de se demander ce qu’on fout là à tourner autours des pingouins de la rade.

On peut faire pareil avec les virements, etc… Les amusements n’ont de limite que la fatigue!

 
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Le bon côté ^^

 

L’ART DE L’AUTOANALYSE

 

Les reps, c’est la base – une deuxième citation de ce grand homme pour la route: “there are no shortcuts – everything is reps, reps, reps” (pour faire des chaudrons il faut chaudronner, chaudronner, chaudronner), mais parfois un regard extérieur peut vous faire gagner un certain temps (là encore, bel euphémisme).

Étant une énorme quiche en autoanalyse, j’ai besoin d’un support photo ou vidéo pour arriver à identifier mes boulettes récurrentes. Pour la vidéo, la gopro peut donner des angles intéressants pour les jumps, mais j’ai plus de mal à l’exploiter en slalom. Pour Noël vous pouvez demander le soloshot. L’antivol n’étant en revanche pas fourni, c’est là où vous pouvez demander un coup de main aux bernard-l’hermites pour surveiller.

Vidéo Facebook – Backloop Grandcamp
 

LA PREUVE PAR L’IMAGE

 

Quand c’est possible, je n’hésite plus à demander au photographe du coin à venir shooter, quand les potes ne répondent pas présent derrière l’appareil à se geler les miches. On les comprend. “Ah ouais mais faut payer schnirfl”. Oui, petit morveux, il faut payer. Mais tu en retireras d’innombrables avantages. Déjà, ton copain/ta copine ne te quittera pas en pleurant pour toutes les heures en plein vent que tu lui as fait subir. Ensuite, tu repartiras avec des photos de pro en HD et pas en qualité dégueu copié/collé de facebook que tes sponsors seront heureux de te pomper, voire même de te payer si tu sais vendre. Et finalement, tu verras tous tes défauts en pleine lumière.

Le fait de payer un photographe qui ne va prendre que moi ou presque est également très stimulant pour me lancer sur des moves qui font peur, type forward, ou encore essayer d’engager les jibes le plus possible. Ça n’est pas une excuse pour devenir l’infâme taxeuse dangereuse du spot, mais c’est trèèèèèèèèèès tentant! (déso pour cet été les gars).

 
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Une belle illustration de backloop raté, pas assez bordé en montée!

 

SUPPORT INTERNET/MEDIA

 

Si vraiment je bloque sur une manoeuvre en particulier (dont j’ai une séquence photo ou vidéo, remember), j’essaie de solliciter le plus de gens possible pour avoir plusieurs clés, sur la plage comme sur les forums. Autant en vague les réponses sont fiables un peu partout sur le net (le kiff, u-ride, directwind), autant en slalom sur les questions de réglage de matériel notamment, ça peut parfois virer au pugilat entre les adeptes du ponçage d’aileron et les fanatiques de l’huile d’olive ou autre solution qui marchait très bien dans les années 80. Ce n’est pas que ça passionne fondamentalement les tréfonds de mon intellect, hein, mais à un certain niveau, il devient indispensable de s’y pencher. À utiliser en sachant trier le bon grain de l’ivraie, et j’avoue qu’en slalom notamment sur les questions techniques, je n’en suis pas toujours capable.

Sur internet, on trouve également un bon nombre de vidéos pédagogiques avec pas mal d’approches différentes, comme les vidéos de Guy Cribb dont j’avoue toute honteuse avoir téléchargé le DVD quand j’étais encore une jeune paumée dans sa quête du jibe, de TWS et tant d’autres qui apportent un éclairage complémentaire.

 

Après, comme certainement beaucoup de gens, le maxibestofplus reste le retour immédiat sur l’eau d’un coach sachant fouetter ses stagiaires de manière à ce qu’ils donnent le meilleur d’eux-mêmes.

 

LE SUPPORT CLUB

 

Ça reste quand même ce qui se fait de mieux! Il faudrait que je trouve un club pas trop loin de Paris pour rejoindre des entraînements dans un niveau équivalent. Retour sur l’eau, castagne aux bouées avec de jeunes kamikazes sans foi ni loi qui ne paient pas leur planche, conseils tactiques et techniques… L’année dernière le club de Ouistreham m’avait donné cette possibilité, mais handicapée par mon sens de l’organisation légendaire, je n’avais pas été très assidue. Encore moins si on soustrait les dimanches de vague et les carottes normandes.

Autrement j’essaie de régater un maximum entre le Nord et la Bretagne qui a un calendrier très fourni, moins étoffé en 2017 avec le départ d’Aurélien le Métayer, entraîneur de la ligue Bretagne qui avait développé un championnat de slalom régional bien rôdé. Je ne lui pardonnerais jamais de ne pas remplacer notre DTN actuel, la planche serait peut-être redevenue mondialement connue à Moisson et bien d’autres spots. Aurélien, t’es pas gentil, mais on n’ira pas te chercher à Tahiti, parce qu’on est sympas.

Les régates sont l’occasion de travailler les départs (ça aussi l’épopée d’une vie) et d’apprendre à gérer une flotte avec une tête de course solide et parfois même des invités surprise comme un Julien Quentel passant par là, en mode “tiens il y a de la lumière je m’invite”.

 
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Championnat de Bretagne de slalom – en pleine mêlée, St Malo – Photo: Manon Lefevbre

 

Outre les régates et les entraînements, ce que m’a apporté mon club Voiles de Seine Boulogne Billancourt, qui diffère fortement des clubs classiques sur ce point, est un certain cadre à mon projet sportif. En plus de ce cadre, j’ai pu bénéficier de leur relationnel pour trouver une bonne salle à l’ACBB muscu wellness de Boulogne. Hé oui, quand on vieillit, naviguer ne suffit plus! Ce qu’il me manque encore, c’est un vrai programme et un suivi régulier avec un préparateur sportif, car pour l’instant c’est assez approximatif. Même si je peux sûrement pondre un article dessus la prochaine fois, chiche.

 

SUPPORT VIP

 

Cette année, j’ai pu disposer d’un peu de budget et ainsi envisager autre chose que de naviguer avec les phoques et l’onglée cet hiver. Certes, sortir par moins de 9°C fait de nous des warriors, mais je dois avouer qu’avec des mains à 30% opérationnelles et un petit corps vite engourdi à la moindre pause, c’est moins efficace et la prise de risque coûte plus cher en dépense énergétique. Pour faire les choses bien, il faut des clinics et des stages spécialisés. Pour les stages, soit vous êtes sur du bon côté de la liste de votre DTN à la FFV (en général soit top 3 du Championnat de France, soit – de 20 ans avec un physique avantageux), soit comme moi,  vous avez commencé tard et vous devez vous démerder pour vous faire inviter aux stages régionaux par les entraîneurs parce que vous n’avez jamais reçu les dates desdits stages par voie officielle malgré vos nombreux mails. Autre solution l’hiver pour les nantis, aller passer un mois à Ténérife à bouffer du départ grâce au centre TWS et vous payer en prime une clinic en vague 🙂

 
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Photo: Surf Medano

 

A la fin de cet article, vous devez dire “mmmh voilà une semi-professionnelle avec un entraînement bien amateur” et vous avez bien raison!

Ma situation parisienne est pleine de défauts, comme vous avez pu vous en rendre compte et je gagnerais certainement à déménager à Rennes ou Lille pour me rapprocher un peu des spots. À la fatigue des déplacements, à leur prix, au temps requis, aux galères de durites qui se débranchent, aux nav’ en solitaire, j’oppose les richesse des rencontres que j’y ai faites (c’est pas tous les jours qu’on fait du covoit avec des banquiers, des profs de sport, des cuisiniers, des kinés et des créateurs d’effets spéciaux tous dans la même voiture), la variété inégalée des conditions et des spots (de la pluie ET du soleil), beaucoup d’occasions de régater – beaucoup plus que dans certaines régions – … Et autant de sessions que lorsque j’étais étudiante à la Rochelle! Dans les deux situations, aller naviguer demandait de la combativité, vélo et remorque versus 3h de route mais la passion arrive pour l’instant à frayer son chemin. À partir d’un certain niveau, elle ne suffit plus et il faut savoir s’entourer suffisamment pour donner une direction à son projet et ainsi préserver à la fois son physique et sa motivation de l’épuisement causé par une mauvaise gestion. J’en suis à ce moment charnière où, soit on se professionnalise parce qu’on en a les ressources, soit on arrête après s’être échiné à faire au-delà de ses moyens.

En attendant le dénouement de l’histoire, une petite conclusion: quand on manque de moyens, il n’y a pas de solution idéale, mais beaucoup de façons de s’accommoder de sa situation, tant que le plaisir dépasse la contrainte. Et vive les chaudrons!

 
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Photo: Surf Medano

 

Et n’oubliez pas de naviguer 😉 Reps make perfect!!!

 

Interview David Moreau

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david moreau windsurf

 

David Moreau

  • Hardelot (originaire de Charente Maritime)
  • 34 ans
  • North /Fanatic
  • Brevet d’État voile/planche à voile

ESPACE WINDSURF (EW): À quel âge as-tu commencé la planche ?

DAVID MOREAU (DM): J’ai commencé la voile à 5 ans et la planche à 7 ans. Comme je faisais de l’Optimist, j’ai commencé réellement la planche à 14 ans.

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EW: Navigues-tu souvent en planche à voile ?

DM: Oui, dès que le vent le permet et que je ne travaille pas.


EW: Qu’as-tu comme matos ?

DM: Matos de vague et freestyle.


EW: Où navigues-tu ?

DM: Wissant, Baie de Canche, Sangatte, Wimereux et sur l’île d’Oléron lorsque je rentre voir la famille.


EW: En vague, quelle orientation aimes-tu le mieux ?

DM: Babord, side, side-off.


EW: Quels sont tes spots préférés ?

DM: Les Palles et l’îlot sur l’île d’Oléron, Bolonia à Tarifa et l’Afrique du Sud.


EW: Qu’est-ce qui te passionne le plus ?

DM: Le windsurf ! Mais aussi le surf, la course au large et les windsurf’s trips.


EW: Sur quoi flashes-tu?

DM: Sur une vague side qui déroule parfaitement et un beau backloop vertigineux.


EW: Est-ce que tu fais d’autres sports ?

DM: Oui, VTT, escalade, course à pied, surf et fléchettes au bar.


EW: Quels sont tes rêves ?

DM: Passer tous les moves de freestyle. Hahaha !!!


EW: As-tu fait de la compétition ?

DM: Oui, beaucoup en Otptimist dès 6 ans, puis en planche à voile olympique Aloha et Mistral de 14 à 18 ans. Puis, j’ai fait quelques compétitions de vague et participé 2 fois à l’Oléron Wave Classique, sans parler des compétitions en cata, habitable et dériveur.

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EW: Qu’as-tu fait comme formation ?

DM: J’ai fait 1 BEP CAP Plastique et composite puis un Brevet d’État d’Éducateur Sportif.


EW: Que fais-tu comme travail ?

DM: Je suis moniteur de voile au Club Nautique d’Hardelot et entraîneur en catamaran au sein de la ligue haut de France.


EW: Depuis combien de temps es-tu entraîneur cata ?

DM: J’exerce le métier d’éducateur sportif voile depuis 16 ans avec une grosse pratique d’entraînement, notamment en catamaran.


EW: Qu’est-ce que t’a apporté la planche à voile en compétition ?

DM: Une grosse technicité de la régate et l’envie de se battre. Apprendre à gérer une grosse toile dans le vent fort.


EW: Qu’est-ce que l’Optimist t’a apporté ?

DM: Les bases de la voile et de la régate, la combativité et les réglages, les abords stratégiques et tactiques (ce n’est pas facile de faire avancer une caisse à savon), ainsi que la gestion d’une course.


EW: Qu’est-ce que ça t’a apporté d’être coach catamaran ?

DM: Tous les abords préparatifs d’une compétition, aussi bien en terme logistique que technique et préparation du matériel.

Tout le côté préparation physique et une multitude de petits détails qui peuvent faire la différence.


EW: Quels sont tes meilleurs résultats sportifs en tant que coureur et en tant que coach ?

DM: Plusieurs fois dans les 10 meilleurs nationaux en Optimist. Dans les 5 premiers en Championnat de France en Aloha et dans les 10 premiers au mondial Aloha. En tant que coach, plusieurs médailles de bronze, argent et or sur les Championnats de France, un titre de champion d’Europe et 6 titres de champion du monde.


EW: Te sentirais-tu capable de coacher une équipe en slalom ?

DM: Oui, car le slalom est une discipline où, certe, il faut aller vite, mais il y a aussi plein d’attraits combatifs comme la prise de risque sur le départ, la position et le placement sur le jibe…

Il y a aussi toute la partie travail sur le matériel pour gagner le petit plus qui fait que tu vas plus vite que les copains et c’est ce qui est intéressant.


EW: Et en vague ?

DM: La vague, c’est plus du feeling. Ce n’est pas la même approche. Il y a une grosse part de gestion de heat, afin de savoir où et quand envoyer quoi.

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EW: Que fais-tu quand tu vas sur internet ?

DM: Facebook et Windsurf Journal, mais pour le moment, je suis de près le Vendée Globe.

Et Espace Windsurf, of course !!!


EW: Que penses-tu d’Espace Windsurf ?

DM: C’est super cool pour soutenir et encourager les jeunes. Il faudrait juste qu’il y ait plus d’actions et plus d’articles.

C’est une bonne méthode pour promouvoir et faire connaître le windsurf.


EW: Qu’est-ce que tu conseilles aux jeunes windsurfers ?

DM: Ne rien lâcher ! Le windsurf est un sport difficile et on a tous les mêmes galères. Il y a certains moments, où on se dit qu’on veut arrêter ce sport de con, mais il ne faut pas lâcher, car à côté de ça, il y a tellement de moments et de rencontres fabuleuses.


EW: Qu’est-ce que tu conseilles aux compétiteurs ?

DM: De s’arracher et de donner le meilleur d’eux-mêmes à chaque fois qu’ils prennent le départ d’une course ou d’un heat !

david moreau windsurf


CARRO


CARRO


Pays _ _ _ _ _ _ _ _ : France ??

Région  _ _ _ _ _ _  : PACA (Provence Alpes Cote d’Azur)

Département _ _ _  : Bouches du Rhône

Adresse _ _ _ _ _ _ : Quai Jean Vérandy 13500 Martigues

Latitude _ _ _ _ _ _ : 43,3293

Longitude_ _ _ _ _ : 5,0395

Accès  _ _ _ _ _ _ _ : De Marseille et Toulon prendre A55 direction Martigues sortie Carry-le-Rouet, Chateauneuf-les-Matigues prendre la D9 direction Carro.

De Lyon et Avignon prendre A7 puis A55 direction Martigues sortie Rarry-le-Rouet, Chateauneuf-les-Matigues prendre la D9 direction Carro.

   Traverser le village jusqu’au port.

Parking _ _ _ _ _ _  : Plusieurs grands parkings gratuits. Accès camping-car autorisé.



DESCRIPTION

               Carro est sans doute le meilleur spot de vague de Méditerranée. Caractérisé par une dalle rocheuse s’étirant à environ 400 mètres le long de la côte laissant place à un tombant d’à peu près 50 mètres. Le spot fonctionne principalement en Side-shore bâbord par vent de Sud-Est mais aussi par Nord-Ouest en Side-shore tribord. La houle, formée par les vents, vient buter sur cette marche et crée des séries de vagues pouvant atteindre une taille de mât les jours de “gros”. Les limites de ce haut fond sont indiquées par des espars. Le fond principalement constitué de roches crée des vagues de bonne qualité pour le surf frontside.

pict by: Jean Souville
pict by: Jean Souville




ZONE DE NAVIGATION


Baptiste morand f-2100 carro windsurf france spot zone de navigation

Sur la carte ci-dessus on a représenté trois zones.

  • En vert : mise à l’eau. Elle est constituée d’un glissant donnant d’un coté sur le parking de l’autre sur une plagette d’environ 2m de long laissant place à l’eau et à des rochers(oursins, moules).
  • En jaune : zone principale, elle s’étend du Marin Surf Shop à l’Est sur une distance d’environ 300 mètres à l’Ouest.
  • En rouge : zone étendue de navigation possible.




LIENS UTILES, MÉTÉO, Webcam

Météo ☀️??

          Windguru _ _ _ _ _ _ : https://www.windguru.cz/342

          Wind’s up _ _ _ _ _ _ : http://www.winds-up.com/spot-carro-windsurf-kitesurf-5-observations-releves-vent.html

Webcam ??

          Raf’s Carro cam _ _ _ : http://www.raphaelfilippi.com

          Le Marin _ _ _ _ _ _ : http://www.marinsurfshop.com/content/6-webcam-du-surfshop-de-carro

          Wind’s up _ _ _ _ _ _ : http://www.winds-up.com/spot-carro-windsurf-kitesurf-5-webcam-live.html

Surf-shop

          Le Marin surf shop _ : http://www.marinsurfshop.com

 

Thomas Vincent

thomas vincent - windsurf

thomas vincent - windsurf

Date de naissance : 17/09/1990

Adresse : J’habite à la Baule en Loire Atlantique

En quelle année es-tu ? Travailles-tu ? Je suis Osteopathe depuis peu et encore en formation, en première année d’un diplôme universitaire en Nutrition et Maladies Métaboliques

 

 

Espace Windsurf (EW): À quel âge as-tu commencé à naviguer ? 

Thomas Vincent (TV) : j’ai commencé à naviguer à l’âge de 10 ans sur un lac en Touraine avec un copain et depuis je navigue au taquet.


EWSur un mois, combien de jours es-tu sur l’eau ? 

TV : Je suis tous les jours sur l’eau, que ce soit en SUP de race, SUP de vague, SUP sailing ou windsurf :).

 

EWComment te déplaces-tu sur ton spot ? 

TV : Je me déplace en voiture, car je n’ai pas le choix !

 

EW: De combien de temps as-tu besoin pour te déplacer sur le spot le plus proche ? 

TV : 30 sec … j’habite à 200 m de la mer. 😀 !!

 

EW: Qu’es-tu en train de travailler ? 

TV : Je bosse actuellement tous les moves à contre, Burner, air bob…

 

EW: Dans ta région, y a-t-il des cours de planche à voile à l’école ?

TV : Oui, il y en a énormément et la baie est remplie de club de voile.

 

EW: Quelle est (était) l’implication de tes parents? 

TV : Quand j’étais plus jeune et que je faisais de la planche à dérive, mes parents m’ont soutenu à 200 %. Ils ont dû faire quelques sacrifices pour qu’on puisse se voir, étant en internat lorsque j’étais en sport étude et tout le temps en déplacements pour les compétitions. 


EW: Tes frères et sœurs font-ils du windsurf? Avec la même intensité ? 

TV : J’ai un frère qui ne fait pas de windsurf et je suis le seul de ma famille à en faire !

 

thomas vincent - windsurf


EW: Connais-tu d’autres personnes qui naviguent alors que leurs parents ne naviguent pas? 

TV : Euh je ne sais plus haha…


EW: Navigues-tu avec beaucoup d’amis de ton âge ? 

TV : Oui je navigue avec des gens de mon âge même si la majorité d’entre eux sont plus vieux que moi, le windsurf demande du temps et de l’argent …

 

EW: Penses-tu avoir de la chance? 

TV : Oui, c’est certain, car être tous les jours sur l’eau c’est une chance. Il faut en profiter tant que c’est possible !


EW: As-tu un entraîneur? 

TV : Pas en planche, généralement on se coache entre nous pour réussir à progresser et à se filmer pour voir les erreurs. 

 

EW: Que maîtrises-tu le plus? 

TV : Le spock 540 et le flaka, ce sont les figures de base donc il n’y a pas une sortie ou ces moves n’apparaissent pas.


EW: Comment apprends-tu? 

TV : En regardant les autres naviguer et en regardant les vidéos en boucle. 


EW: En vague et freestyle, comment fais-tu pour apprendre un nouveau move ? 

TV : La répétition du move en corrigeant ses erreurs quand on arrive à les voir. En vague c’est aérien donc l’engagement et sa visualisation dans l’espace sont importants. En freestyle il n’y a pas de secret il faut répéter répéter répéter.


EW: Quels sont tes meilleurs résultats?

TV : 7e en Championnats du Monde bic, 7e en Championnat d’Europe RSX pour ce qui est des plus grosses compétitions, 12e du Raid La Tranche Ile de Ré, plusieurs fois champion de ligue… 


EW: Quels sont tes objectifs en windsurf? 

TV : Maintenant que j’ai fini mes études je peux me consacrer à 100 % dans le windsurf donc je vise de faire le tour PWA, les AWT pour les plus proches et bien sûr le Tour Français en vague. La plupart font l’inverse ou ne font pas d’études. Pour ma part,  j’ai fait des choix différents le but n’étant pas d’être champion du monde, mais d’évoluer à haut niveau en se faisant plaisir tout en gardant cet esprit de compétition.


EW: Qu’aimerais-tu passer un jour ? (Move, championnat…) 

TV : Quand j’étais plus jeune je focalisais sur le shaka. C’était mon move préféré, mais maintenant qu’il est acquis je ne sais pas ce serait probablement un move de vague push forward ou air chachoo mais les objectifs sont déjà d’avoir le même niveau des deux amures en saut !


EW: Fais-tu attention à ta nourriture? Comment ? 

TV : On va dire que j’essaie d’avoir une alimentation équilibrée même si c’est parfois difficile après une grosse session et la fatigue et alors là, une bonne pizza c’est pas mal !!! ahahah généralement dans une journée type, je mange un muesli avec yaourt et fruits le matin, une collation après mon premier entrainement de SUP, viande type poulet avec du riz ou pâte le midi, collation avant le deuxième entrainement ou la session de planche et le soir repas plutôt léger en évitant les glucides donc le plus souvent du poisson avec des féculents. Je fais surtout attention à mon hydratation et c’est pour moi la chose la plus importante pour éviter les petites blessures.

 

EW: Quel est le spot que tu as préféré? 

TV : En France je dirais Quiberon et Sainte-Barbe  par Sud Est qui est vraiment un spot incroyable avec de superbes vagues. A l’étranger je dirais Misty Cliffs en Afrique du Sud un peu au nord du Cap de Bonne-Espérance où la vague est radicale et l’eau est turquoise. C’est un endroit magique.

 

EW: Quel est ton rider préféré? 

TV : En freestyle mon rider préféré est Adrien Bosson. Il est propre dans ses moves, super doué, et c’est un mec vraiment cool dans la vie. En vague Jaeger Stone sans hésitation le « Monsieur Style ». Il est incroyable sur l’eau, tout a l’air facile et super tweacké j’adore !

 

thomas vincent - windsurf


EW: Lis-tu des magazines de windsurf ?

TV : J’avoue que je lis de moins en moins ou alors pour voir les copains dans les magazines 🙂


EW: Comment décrirais-tu le windsurf? 

TV : Je dirais que le windsurf est un sport magique avec des sensations incroyables. Une fois sur l’eau plus rien n’est important sauf le prochain move qu’on va rentrer ! Le windsurf est en train de reprendre de l’ampleur je trouve même si c’est un vrai parcours du combattant pour faire des épreuves dignes de ce nom et faire du spectacle. Le matériel a bien évolué les jeunes peuvent apprendre dans de meilleures conditions et c’est important pour faire perdurer notre sport et leurs donner envie de s’y mettre à fond. C’est un sport de passionnés qui n’est pas facile, mais c’est un beau sport qui nous permet de voyager et de naviguer dans des décors de dingue. Continuons à faire vivre ce sport !
EW: Penses-tu faire du windsurf toute ta vie ? 

TV : Toute ma vie ce serait un peu optimiste. Disons le plus longtemps possible si mon physique me le permet .


EW: Es-tu sponsorisé ? Payes-tu une partie ? Reçois-tu quelque chose ? 

TV : Oui je suis sponsorisé en grande partie pour ce qui est du matériel principal donc voiles et planches.  Je suis ambassadeur pour le foil Rods Man qui ne m’appartient pas, mais c’est en prêt. Pour les accessoires et les combinaisons, je bénéficie d’un pourcentage.

 

EW: Que souhaites-tu rajouter ? 

EW : RAS

Quel move devrais-tu choisir pour être au top ?

windsurf - jump

 

windsurf - jump

 

C’est une question très difficile à répondre. Ce qui est certain, c’est que si tu ne vas pas haut dans les sauts ou que tu ne fais pas ce que la vague te dit de faire, tu as peu de chance d’arriver dans les meilleurs.

La discipline du waveriding est très difficile, car pour chaque événement, il y a seulement une seule double élimination (article sur la compétition en vague de Louis-Marie Badou).
qui peut être faite en une journée ! Ok, cela veut dire que tu as deux chances de gravir les échelons, mais cela peut arriver ce même jour. Et si c’est un mauvais jour?

Le format peut changer, mais c’est presque toujours un saut et deux surfs. C’est comme en freestyle, ils peuvent ajouter un autre saut à partir du quart de finale. Lorsque les vagues sont vraiment petites, ils peuvent changer en 2 sauts et 1 surf. Et s’il y a vraiment peu de vent mais de grosses vagues, ils peuvent faire juste 2 surfs. Dans certaines conditions, cela peut se résumer à 2 sauts et 2 surfs pour tout l’événement.

Il n’y a pas de limites sur la quantité de sauts ou surfs que tu peux accomplir, mais il est plus sage de faire le bon choix !

 

Sauts

 

saut - windsurf
On va tout d’abord parler des sauts, car c’est toujours bien d’en avoir 2 dans les 2 premiers runs. Ils ne doivent pas forcément être super scorés, mais si tu ne remplis pas le quota, tu perds d’office le heat.

 

Double Forward Loop

C’est le saut que tu dois savoir faire pour être parmi le top 5, ainsi tu cherches toujours la bonne rampe.
Double-Forward | Philip Koster
Stalled-Double-Forward | Marcilio Browne
Stalled-Double-Forward | Ricardo Campello
Stalled-Double-Forward | Philip Koster

Le suivant est énorme, est-ce du waveriding ou du saut?
Double-Forward-ofthelip | Philippe Koster

 

Back Loop

 

windsurf - backloop

 

Backloop | Alessio Stillrich

Là, il s’agit encore d’un saut bien scoré qui est assez facile à faire, mais il faut juste être sûr d’être haut.
Après, on peut faire des variantes.

Backloop-onefoot | Alex Mussolini
Backloop-onehand | Graham Ezzy
Backloop-onefoot-onehand | Victor Fernandez
Crazy-Pete | Victor Fernandez

Là aussi, on les trouve sur la vague :

Backloop-ofthelip | Philip Koster

 

Forward

 

windsurf - forward

 

Ici, il ne s’agit pas d’un saut avec un gros score, donc il faut juste s’assurer d’être à fond au planning:

Planing-Forward | Moritz Mauch

ou haut et contrôlé:

Stalled-Forward | Ricardo Campello

 

Push loop

 

Ceci est un autre style de saut :

Pushloop-Tweaked | Victor Fernandez
Pushloop-Tweaked | Alessio Stillrich

Puis il y a les combinaisons:

Pushloop-Forward | Ricardo Campello
Pushloop-Forward | Robby Swift

Et quelques autres sauts :

Tabletop-onhand | Victor Fernadez
Tabletop-Forward | Daida Moreno
Cheeseroll-Backloop | Philip Koster

 

Wave riding

 

windsurf - wave riding

 

Il y a beaucoup de styles, venant pas seulement des différents riders, mais aussi des différents types de vagues et conditions de vent.
Gran Canaria et Tenerife, side-on avec tendance à être plus petit:

Side-On | Ricardo Campello
Side-On | Philipp Koster
Side-On | Moritz Mauch

Klitmoler et Sylt ont tendance à avoir de plus grosses vagues et moins ordonné:

On-Shore | Ricardo Campello

Maui, down the line:

Down-the-Line | Levi Siver
Down-the-Line | Kauli Seadi
Down-the-Line | Graham Ezzy

 

 

windsurf - wave riding

Regardons ces quelques moves supplémentaires…

 

Backside 360

 

Cela peut être réalisé sur la face de la vague, avec un clapot sur la face ou comme un aérial:

Backside-360 | Graham Ezzy
Backside-360 | Alex Mussolini
Backside-360 | Victor Fernandez
Backside-360 | Victor Fernandez

Reverse, Campello, wave Grubby:

Reverse | Philip Koster
Reverse | Ricardo Campello

C’est un très beau move qui permet de ralentir et « stay in the pocket ».

 

Backside Aerial

 

Backside-Air | Jules Denel

 

Frontside Wave 360

 

Frontside-Wave-360 | Alex Mussolini
Frontside-Wave-360 | Antoine Martin

 

Taka

 

windsurf - taka

 

Taka | Alex Mussolini
Taka-onehand | Graham Ezzy
Air-Taka | Leon Jamaer

 

Goiter

 

Goiter | Ricardo Campello
Goiter | John Skye
Goiter | Moritz Mauch
Goiter-onehand | Philip Koster
Goiter-onehand | Graham Ezzy

Perso, j’aime l’introduction aux moves de freestyle dans les vagues, surtout quand les conditions sont petites et qu’il faut travailler beaucoup lorsque la vague a cassé.

 

Pasko

 

windsurf - pasko
Maintenant, j’espère qu’ils vont commencer à mettre des points sur les sauts qui ont des rotations multiples, comme ils le font en freestyle, puisqu’ils ont besoin d’une vague pour que ce soit spectaculaire.

 

Shifty

 

windsurf - shifty

 

Lire l’article : Freestyle moves to win a competition ! (anglais)

Le Wishbone

 

ifju

 

Souvent, nous nous concentrons sur les mâts ou les réglages des voiles. Cependant, il ne faut pas oublier le wishbone qui peut jouer un grand rôle. Un bon wishbone permet de mieux contrôler et de libérer toute la puissance de la voile. Et c’est grâce au contrôle que l’on accélère. Quel est donc le bon wishbone ? Plus la voile est grande et plus la différence entre deux wishbones se fait sentir…

martin-plissonneau

 

ALU/CARBONE

Les riders recherchant une navigation pure plaisir peuvent se contenter d’un wishbone aluminium tout à fait correct. Ils sont bien plus abordables et fonctionnent tout aussi bien. Ils ont généralement le même shape que les wishbones carbones. Ils ont généralement un arrière standard de taille modérée. Pour un non compétiteur ou un occasionnel, un bon wishbone aluminium est amplement suffisant, car avec l’évolution du matériel, leurs performances sont relativement proches de certains en carbone. Cependant, s’ils sont plus abordables, ils sont aussi plus fragiles et peuvent casser rapidement après une grosse catapulte par exemple.

Plus votre gabarit sera imposant, plus vous aurez besoin d’un wishbone carbone, notamment pour les waverideurs et freestyleurs qui n’ont que peu de surface par rapport aux slalomeurs.

Les riders recherchant la performance doivent débourser plus pour avoir un bon wishbone carbone. Que ce soit en vague, freestyle ou slalom, le matériel peut tout changer. Étant plus rigide, le profil de la voile est mieux fixé, il y a moins de déformation et les efforts sont directement transmis dans la voile. Il y a ainsi un gain nettement supérieur en terme de ressenti et d’écoulement de la puissance. On fatigue aussi beaucoup moins vite, car on délivre moins d’efforts pour un résultat équivalent. Et donc, pousser au maximum, il y a une réelle différence entre les deux, surtout dans un plan d’eau plat.

 

Le compromis

Il existe aussi des compromis entre les deux wishbones, comme le X6 de neilpryde ou encore le blueline de severne. Ils ne sont pas full carbone, mais permettent tout de même de bonnes performances. Je ne connais pas toutes les marques des wishbones, mais il y en a sûrement d’autres. Ces wishbones sont plus résistants et plus performants que n’importe quel aluminium et ils peuvent également bénéficier de l’arrière large des carbones, sans toutefois les égaler. Personnellement, je trouve que c’est un bon choix pour ceux recherchant de la performance sans trop investir et pour ceux voulant avoir un petit plus sur le spot, par rapport aux autres rideurs se faisant plaisir.

wishbone1

 

Le Shape

Chaque marque développe son propre shape. Les plus connus sont les S shapes et les C shapes. Le S shape est très populaire, car il permet au rider de rester plus proche de la voile. Le C shape, à l’inverse donne, selon moi, un meilleur contrôle dans le gréement. Il faut d’abord s’y faire car le style arrondi en tête est parfois un peu gênant ou difficile à attraper au jibe. En comparaison avec les wishbones old school, il y a une nette évolution dans le travail, à la fois sur la rigidité, mais aussi dans le shape, car ces derniers beaucoup plus larges ne créent que peu de déformations. L’arrière ultra large pour les voiles de formula le prouve clairement.

ancêtre-wishbone

Néanmoins, les wishbones ont changé, car les voiles elles-mêmes ont changé.

 

dynafiber-monocoque-c-shape

C Shape

 

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

S Shape

 

D’autres marquent ont leur propre tube, rond ou triangulaire et de différente dimension.

 

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Choisir son wishbone n’est pas simple. Il faut d’abord identifier vos besoins, ensuite comparer les différents modèles et prendre celui qui vous convient le mieux.

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En résumé 

Le wishbone aluminium est un bon wishbone mais standard. Il laisse une partie de la puissance de la voile s’échapper. Il convient parfaitement aux free-rideurs ou ceux cherchant à s’amuser en toute simplicité.

Le wishbone carbone (contrairement aux idéaux n’est pas plus léger) libère la voile, qui se contrôle plus facilement et permet d’accélérer. Il existe de nombreux modèles et il faut compter entre €850 et €1200. Ils ont aussi un arrière beaucoup plus large que les aluminiums. Autre petit inconvénient, la forte contenance de carbone facilite les tendinites. Si les efforts sont mieux retransmis vers la voile, les chocs sont mieux retransmis dans le corps.

Un des gros atouts du carbone est aussi sa durabilité, vu qu’il se déforme bien moins qu’un wishbone aluminium.

Dans tous les cas, un wishbone carbone sera mieux, mais il faut avant tout faire l’équation utilité-prix-désir.

 

 

Photos :
Éric Charpentier-tity

Russell Groves

Al360, Dynafiber, IFJU fins

 

 

Backside Air selon Noah


Photographe : J. Piña




Le Backside Air est un move assez facile à apprendre, car il peut être réalisé avec vagues, sans vagues, vent faible ou vent fort.
Pour apprendre ce move, le mieux est le vent side-on shore, ainsi le vent nous pousse dans la vague en cas d’échec. Pour apprendre cette manœuvre, il vaut mieux être un peu surtoilé.


Point nº 1 :

Au moment de chercher le move, il faut lire la vague. Quand on voit que la lèvre va venir sur nous, on fait un bottom turn en backside, c’est-à-dire, un coup de lof sec, afin d’aller taper la lèvre.


Point nº 2 :

Après avoir tapé la lèvre, il faut coucher la voile, afin de flotter au-dessus de la vague.

backsideair-noah vocker


Point nº3 :

Avant d’atterrir, il faut pousser fort avec la main arrière (bien écarter les deux mains) pour que la voile arrête le mouvement du vent.

noah-vocker


Point nº 4 :

La réception est le plus important ; quand on est prêt à atterrir, après avoir poussé sur la main arrière et stoppé le vent dans la voile, il faut se grouper en contractant tout le corps.

backside air


Le backside air donne accès à différents moves en freestyle et en vague comme, par exemple, le backside 360 (aussi nommé Shaka en freestyle) et le Pasko (move permettant de marquer des points en compétition) !!!


Quelques bons spots à Madagascar




Après avoir évoqué mon nouveau spot à Cape Town, un petit pas en arrière pour vous décrire mes ‘home spots’ à Diégo-Suarez (Antsiranana) Madagascar.

1 copie 2

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1) La Baie des Français


Officiellement élue la 2e plus belle baie du monde après Rio De Janeiro, la Baie des Français a acquis son nom par rapport au passé colonial de la ville. Dans la Baie des Français se trouve le pain de sucre (îlot au milieu), ce qui rend la baie plus unique et plus belle. La baie est très grande et il y a la Mangrove tout autour. Le pain de sucre est sacré et tous les samedis matin, on peut voir des dizaines de personnes sur la plage et dans l’eau demandant la bénédiction des esprits.
Les statistiques de vents sont stables, mais le vent (Varatraza) est souvent irrégulier. Le vent souffle direction Sud-Est avec une moyenne de 20-25 nœuds. Le spot est bump and jump, donc c’est cool pour le freeride et même le slalom. Il est préférable de rider derrière le pain de sucre, car il y a plus d’espace et plus de vent.

baie-des-francais




2) La Baie des Sakalava


Spot mondialement connu, la Baie des Sakalava est le spot où j’ai fait mes premiers sauts et surfs. Facilement accessible depuis chez moi, j’y suis souvent, car j’ai un bungalow sur la plage. J’ai fait mes premiers frontloops et backloops sur ce spot. Du gros crash dû à un surf mal calculé au bonheur de se satelliser à plusieurs mètres pour un high jump au-dessus des autres riders, la Baie des Sakalava est mon vrai ‘home spot’. J’y ai beaucoup de souvenirs avec mes amis sur ce spot, le challenge entre jeunes y est présent dès qu’on ride ensemble, à savoir qui est le plus fort ?! Sans compter des rigolades et de grosses frayeurs au cours des 4 h de sessions par jour. La baie est grande et fait le tiers de la Baie des Français. Le lagon est parfait pour le freestyle, le freeride et le slalom. Ce n’est pas profond et lorsqu’on veut aller dans les vagues, c’est à environ 900 mètres / 1km de la plage. Le reef est divisé en deux par un îlot au milieu du spot. A gauche, les vagues sont dangereuses et il faut être vraiment bon pour bien les surfer. A droite, le reef fait 300 mètres et c’est un parfait terrain de jeu. La majorité des riders restent donc à droite. L’odeur du corail sur le spot est fort, le paysage est pur, tout y est nature et les photos sont toujours belles lorsqu’on ride dans la Baie des Sakalava.

baie-des-sakalava




3) La Mer d’Émeraude


Ce spot est également mondialement connu du fait de sa beauté. En effet, le lagon de 10 km2 environ porte son nom du fait de la lucidité de l’eau, c’est une énorme piscine et la mer y est turquoise d’où son nom ☺.
Pour y avoir accès, il faut prendre le bateau à Ramena, village de pêcheur. Il faut 30 à 45 minutes pour y accéder, en passant par la Petite-Passe, la Grande Passe étant réservée aux navires. Il faut bien ‘checker’ la marée afin d’attendre qu’il y ait assez d’eau pour pouvoir passer.

Le spot est parfait pour tout : le freestyle, les vagues, le slalom et le freeride. Le lagon est géant, donc on a de l’espace. Parfois, on peut même confondre le ciel et la mer tellement c’est beau !
Il y a 2 spots de vague : Toreky et Suarez (2 noms d’îlots).
Toreky est un rocher où les vagues sont assez grosses, environ 2 à 3 mètres (4 mètres quand c’est jour de gros). Celles-ci sont sur un reef qui n’est pas très profond.

mer-d-emeraude-lagon

Rider à Toreky requiert du courage et de bonnes qualités en tant que waverider. C’est un bon spot lorsque Suarez est à sec.
Suarez est un îlot très touristique et c’est généralement le lieu où les touristes vont lorsqu’ils sont à la Mer d’Émeraude. Le spot de vagues est à 150 mètres de la plage. Suarez est le meilleur spot lorsqu’il s’agit de vagues. Des magnifiques séries, des vagues puissantes, pas de clapot pendant le bottom turn et le vent y est plus fort que dans la Baie des Sakalava. C’est probablement le seul spot où l’on peut faire des aerials et être sûr de retomber avec la vague et non derrière elle.
Le spot est très bien, cependant, comme à Toreky, il faut savoir bien surfer. Il n’y a aucune sécurité et le courant y est très fort, alors si l’on veut rider à la Mer d’Émeraude, il faut absolument être accompagné. Ne jamais y aller seul sans avoir prévenu.

En ce qui concerne les requins, j’en ai déjà vu sur les deux derniers spots décrits, mais les chances d’être attaqué sont nulles.
Au final, la Mer d’Émeraude est un spot magnifique qui vaut la visite, si vous êtes de passage à Diégo-Suarez !

mer-d-emeraude-vagues




4) Ambolobozokely


L’an dernier, j’ai découvert un nouveau spot et j’y ai organisé une compétition de kitesurf. C’est un spot on shore où le vent est vraiment fort. Ce spot est parfait pour le slalom, le freeride et surtout le freestyle et je n’ose même pas imaginer ce que Gollito ferait sur ce spot…
Un peu plus tôt dans l’année, j’y suis allé avec Graham Ezzy et tout le crew pour tourner un film. Les vagues étaient démentes, super dangereuses et incroyablement dévastatrices. Il y avait une dévente pas possible, ce qui empêchait de faire les waterstarts à certains moments. On a eu du 2 mètres sur toutes les vagues et très peu de fond parfois. Ce spot se trouve très loin dans la brousse. Tout le long de la côte, on pouvait voir des vagues déferler sur les rochers.
Dans quelque temps, je me ferai bien un trip en suivant toute la côte Est à la recherche du spot parfait, qui sait, peut-être qu’il existe un Jaws Malagasy ☺.

ambolobozokely


Tester un prototype, une voile

 

tilo logo-mb sponsor




Salut à tous, aujourd’hui je m’intéresserai aux voiles dans la suite logique de mon dernier article sur les planches.

Durant l’été dernier, j’ai eu la chance de rencontrer le designer d’xtremsails, une nouvelle marque de voile, et de tester les prototypes en compagnie de Russell Groves, le coach officiel d’EW, mais aussi un grand ami qui m’a beaucoup appris, notamment comment tester une voile. Ceci s’applique également aux voiles de séries neuves, afin de mieux comprendre comment elles fonctionnent.
Tester une voile permet de mettre également en avant les principales évolutions entre deux millésimes de voiles


Tester-voile


D’abord, gréez votre voile normalement et faites un aperçu rapide. Prenez en compte l’écoute, l’amure, le poids de la voile, son design, mais aussi sa construction.
Vous aurez ainsi un premier aperçu de votre matériel.
Les premiers bords sont essentiels pour une voile, car c’est là qu’elle se formera à vous, donc respectez bien les indications. Pour un prototype, votre rôle est de trouver les meilleures mesures, ainsi à vous de le faire sur l’eau.


Ensuite, il est temps d’aller sur l’eau, de faire quelques bords sous tous les angles et de noter son comportement : – au près
– au largue
– au travers
– au grand largue
– au près serrer
– à l’arrêt


Puis, il faut retourner à terre et modifier les réglages petit à petit jusqu’à trouver le bon compromis.

reglage


L’intrados de la voile ne nous permet pas de voir grand-chose. Donc, afin de vraiment étudier une voile, il vaut mieux se mettre à contre et étudier le comportement de l’extrados. Vous pourrez voir le creux qu’elle prend, analyser sa stabilité (neutre ou plutôt directe) et découvrir ainsi une autre facette de la voile.

russell-groves


Tester une voile est un travail fastidieux qui demande beaucoup de patience. Si c’est votre voile, vous ne perdrez qu’une session à vous régler, mais vous aurez gagné toutes les autres en étant bien réglé. Il faut comprendre la voile, chercher à savoir pourquoi le designer a fait telle ou telle chose. Pour un prototype, lorsque vous faites votre feedback, vous devez savoir à la fin pourquoi, par exemple, les lattes ont été rehaussées, qu’est-ce que cela apporte…


Pour ma part, je trouve qu’il ne faut pas comparer les voiles aux autres, car le but du designer est de faire la meilleure voile du marché et non la copie conforme d’une autre.

Pour vous donner un exemple : lors de mes tests avec Russell et le designer, ils m’ont annoncé la fabrication de voiles très légères avec une puissance incroyable.

Tester un prototype


J’ai donc pris une 5.0 m² dans 20-25 nœuds pour me faire mon propre avis, en sachant déjà que ce sera « hardcore ». Le premier point à noter était bel et bien le poids, une 5.0 a le poids d’une 4.5 et sur l’eau la puissance d’une 5.5. Il va sans dire que je me suis retrouvé totalement surtoilé avec une simple 5.0. La voile était très rapide… et en me mettant à contre, j’ai noté le peu de chute dans la voile qui m’était difficilement visible en navigation classique. Après plusieurs réglages, j’ai noté que cette chute était sans doute faite pour être ainsi et c’est ce qui lui donne une telle puissance. Le poids est dû à un matériau très léger et très robuste, donc les renforts étaient plus faibles.

Plissonneau


Un test de solidité est généralement intéressant pour voir tout d’abord quelle pression supporte la voile, mais aussi comment elle réagit. Et ainsi, après un gros tour (non fait exprès) dans la « machine à laver » de la vague, j’ai remarqué que la voile était intacte et la caméra embarquée permet de voir comment la voile twiste avec la torsion du mât.

Ce test est très important, mais très risqué…


Enfin vient le retour à terre, on partage nos commentaires, on échange de matériel et enfin on rapporte le tout au designer.

proto


Lors de mon feedback, mes hypothèses étaient vérifiées, la voile à rempli son rôle et a réagi comme il fallait.


Voilà en gros comment tester une voile. Une voile de slalom à 4 cambers demandera sans doute plus de temps, car les réglages ne se font plus au centimètre, mais au millimètre.

Cette étape est pour moi obligatoire dès que j’ai une nouvelle voile et c’est comme roder un moteur. Il faut l’analyser de A à Z pour mieux faire corps avec elle.

Russell est un excellent testeur. Il est capable de décortiquer une voile dans ses moindres détails et le fait de participer au développement de voiles avec lui m’a appris beaucoup. Cet article a pour but de vous faire voir votre voile d’un autre œil, comme il l’a fait avec moi ; faites cela et votre manière de naviguer changera considérablement, vous ne ferez plus qu’un avec votre gréement.




Pics : Russell Groves, Xtremesails, Martin Plissonneau




Articles sur le même sujet : Tester une voile de Russell Groves, Tester le matériel RS:X de Benjamin Longy




Interview – Geoffrey Billy Gaspard

geoffray-billy-gaspard

geoffray-gaspard

Date de naissance : 27 Juillet 1995
Adresse : Ankorikahely – Antsiranana/Diego-Suarez à Madagascar et Cape Town en Afrique du Sud
En quelle année es-tu ? Travailles-tu ?
Je suis en train de faire le droit malagasy à distance. Je suis inscrit pour 5 ans et je vais entamer 3 ans de cours sur l’événementiel.

 

Espace Windsurf (EW) : À quel âge as-tu commencé à naviguer ?

Geoffray Billy Gaspard (GBG) : J’ai commencé à naviguer à l’âge de 11 ans.

 

EW : Sur un mois, combien de jours es-tu sur l’eau ?

GBG : Ça dépend de beaucoup de choses. Ça dépend où je suis et ça dépend de la saison, car Diego-Suarez et Cape Town ont les saisons de vents exactement opposées. En effet, à Diego-Suarez, pendant les cours, c’était maximum 4 fois/mois. Mais pendant les vacances, c’était au moins 5 fois par semaine ! Donc, en gros 20 jours sur l’eau. Par contre, maintenant que je suis à Cape Town, c’est tous les jours, sachant que je vais reprendre les cours et que la saison va bientôt se terminer, ça va être limité. Je navigue donc dès que je peux, mais il y a des conditions.

 

EW : Comment te déplaces-tu sur ton spot ?

GBG : À Diego-Suarez, l’un des spots est devant chez moi donc je n’ai qu’à faire 10 mètres. Pour l’autre spot, Baie des Sakalava, j’y vais souvent à pied avec 5 km de marche dans le sable, ça échauffe bien. Mais dès que mes parents se rendent eux aussi sur le spot, on y va ensemble en voiture.

 

EW : De combien de temps as-tu besoin pour te déplacer sur le spot le plus proche ?

GBG : Pour le spot le plus proche, j’ai besoin d’une minute seulement.

 

EW : Qu’es-tu en train de travailler ?

GBG : Je travaille ma vitesse et mes jibes en slalom. Pour varier, dans les vagues, je m’entraîne au backside air.

 

EW : Dans ta région, y a-t-il des cours de planche à voile à l’école ?

GBG : Dans mon ancienne école, oui il y en a eu l’année dernière seulement. C’était uniquement pour les 4èmes mais c’était une bonne initiative malgré le fait que ces cours ont été abandonnés à cause du manque de financement et de fermeture du lycée.

 

EW : Parles-tu de tes nav à l’école ?

GBG : Avant oui, mes amis étaient intéressés d’en faire, mais des problèmes logistiques ne leur permettaient pas de venir sur le spot. Petit à petit, j’ai arrêté d’en parler, car ça n’intéressait que moi et j’étais aussi le seul à en faire vraiment.

 

EW : As-tu déjà une idée des études que tu souhaites faire ? Pourquoi ?

GBG : Un peu de tout en fait. J’ai une idée, mais j’ai tellement envie de faire plusieurs métiers avant de me consacrer à un seul. D’abord, je pense devenir notaire pendant quelques années tout en organisant des compétitions de windsurf et kitesurf à Madagascar et peut-être en Afrique du Sud ou d’autres événements. Puis, laisser petit à petit ces métiers et faire de la politique, mais ce sera probablement dans longtemps. Cependant, je n’arrêterai pas de naviguer !

 

EW : Quelle est (était) l’implication de tes parents ?

GBG : Ce sont mes parents qui m’ont inscrit dans un club de windsurf. Mon père, ancien surfer, a pensé que c’était une bonne idée pour me sortir de mon train-train quotidien. Ils m’ont poussé au début, car je ne voulais vraiment pas en faire du fait que j’apprenais tout seul et que le spot était loin de chez moi. C’était difficile, mais au fur et à mesure qu’ils m’encourageaient, je progressais.

 

EW : Tes frères et sœurs font-ils du windsurf ? Avec la même intensité ?

GBG : Malheureusement non ! Mon frère et ma sœur ont tous les deux commencé par le windsurf. Mon frère planche bien, mais tous les deux se sont dirigés vers le kitesurf avec une intensité plutôt faible.

 

EW : Connais-tu d’autres personnes qui naviguent alors que leurs parents ne naviguent pas ?

GBG : Oui, mais généralement ce sont les parents qui poussent leurs enfants à rider. Je connais, cependant un peu les deux : des jeunes qui rident ainsi que leurs parents et des jeunes qui rident alors que leurs ne pratiquent pas.

 

EW : Navigues-tu avec beaucoup d’amis de ton âge ?

GBG : À Diego-Suarez oui, mais à Cape Town c’est différent. Je ne navigue qu’avec des seniors, c’est incroyable, mais il y a même des personnes âgées de 77 ans qui tracent comme pas possible. En tant que jeune, il n’y a que moi et un ami de 21 ans qui est champion d’Afrique du Sud. C’est triste de voir que les jeunes laissent le windsurf pour le kitesurf.

 

EW : Penses-tu avoir de la chance ?

GBG : Franchement, tout ce que j’ai fait jusqu’à aujourd’hui et ce que je suis, ce n’est que grâce à mes parents et je leur serai reconnaissant à vie ! J’ai beaucoup de chance, j’habite devant l’un des spots, j’ai une case sur un autre spot et je suis le seul local ayant du matériel personnel. J’ai de la chance, mais en même temps, ce sport a changé ma vie.

 

geoffray-billy-gaspard

 

EW : As-tu un entraîneur ?

GBG : Non, mais mon père, ex-para et ex-surfer me donne des exercices à faire et c’est le meilleur des entraîneurs.

 

EW : Que maîtrises-tu le plus ?

GBG : Ça doit être le crash ahah ! Non c’est le frontloop-speedloop, je le passe partout, même quand il n’y a pas de vaguelettes, je tourne quand même et je repars en waterstart parfois. En late frontloop, ça fait assez peur, donc j’essaye de passer le double forward d’abord. Une fois je l’ai presque posé, mais le choc à l’arrivée m’a fait perdre prise.

 

EW : Comment apprends-tu ?

GBG : La concurrence avec mes 2 autres amis riders malagasy poussent à toujours faire plus et à innover un peu plus à chaque session.

 

EW : En vague et freestyle, comment fais-tu pour apprendre un nouveau move ?

GBG : Je regarde des vidéos de tous les riders pros, n’importe lequel, je décortique le move en mettant la vidéo au ralenti, je le reproduis tout seul en le visualisant et en imaginant ce que le rider voit. Aujurd’hui, le tout est facilité par la Gopro. De plus, je lis des témoignages et des leçons dans les magazines ou sur internet.
Par exemple, pour le frontloop, je me suis entraîné en faisant des sauts périlleux partout, que ce soit en vague ou sur le plat, ce qui m’a prouvé qu’il fallait une poussée puissante au niveau des cuisses sinon ça ne marchait pas. Je pratique la théorie et la pratique sans matériel pour commencer et après cela dépend des moves.

 

EW : Quels sont tes meilleurs résultats ?

GBG : Je n’ai pas encore eu la chance de participer à de gros événements de windsurf malgré mon statut d’international malagasy. Néanmoins, j’ai pu participer à de petits contests organisés à Cape Town et mon meilleur résultat en slalom a été 2ème sur 10 riders.

 

EW : Quels sont tes objectifs en windsurf ?

GBG : Être très bon en vagues et en slalom. Faire de bons résultats dans mes futurs championnats et, par-dessus tout, m’amuser.

 

EW : Qu’aimerais-tu passer un jour ? (Move, championnat…)

GBG : Faire une PWA ou une AWT seraient mon rêve. Il y a des chances que je puisse faire les deux  ! Mon move préféré est le Pushloop into frontloop et j’aimerais beaucoup pouvoir le passer un jour.

 

EW : Fais-tu attention à ta nourriture ? Comment ?

GBG : Je ne fais malheureusement pas attention à ma nourriture. À Madagascar, je mange très sainement, cependant ce n’est pas le cas ici. J’essaye petit à petit, mais la malbouffe n’est pas loin.

 

EW : Quel est le spot que tu as préféré ?

GBG : Je n’ai pas eu la chance de naviguer sur beaucoup de spots, mais, pour l’instant, celui que je préfère le plus est la baie des Sakalava, mon homespot.

 

EW : Quel est ton rider préféré ?

GBG : Mon rider préféré est Marcilio Browne aka Brawzinho. Avant même qu’il soit Champion du Monde l’an dernier, je voyais que son style était différent et qu’il était à l’aise sur les 2 bords, malgré des résultats qui n’étaient pas à la hauteur de ses performances. Brawzinho a pu montrer ce qu’il était capable de faire et la place de Champion du Monde lui revient parfaitement, sans oublier sa 2e place au RedBull Storm Chase.

 

EW : Lis-tu des magazines de windsurf ?

GBG : À Madagascar c’est très difficile de se procurer des magazines, donc je lis les articles sur le net à travers Facebook. Dès que je le peux, quand un ami me rend visite, je lui demande de ramener WindMag généralement. En Afrique du Sud, j’ai quelques magazines avec moi comme BoardMagazines ou encore Windsurfer Magazine.

 

EW : Comment décrirais-tu le windsurf ?

GBG : Le windsurf est un sport difficile lorsque l’on a maîtrisé les bases. Cependant, on peut prendre beaucoup de plaisir, de l’adrénaline ou encore se procurer des sensations nouvelles. C’est, pour moi, le meilleur sport au monde ! Il s’appuie sur 2 éléments : l’eau et le vent, et ce en totale harmonie avec la nature et on s’amuse sans la polluer. De plus, c’est très bon pour le corps qui a besoin de s’oxygéner, d’ailleurs c’est l’un des seuls sports où tous les muscles sont sollicités.

 

EW : Penses-tu faire du windsurf toute ta vie ?

GBG : Oui, j’en ferai toute ma vie, même s’il faut que je finisse ma vie en windsurf, ça m’est égal. J’adore ce sport, il est vraiment spécial.

 

EW : Es-tu sponsorisé ? Payes-tu une partie ? Reçois-tu quelque chose ?

GBG : Pour l’instant je ne suis sponsorisé que par Espace Windsurf, mais avec mon statut d’international Malagasy je suis à la recherche de sponsors.

 

EW : Que souhaites-tu rajouter ?

GBG : Personnellement, je pense que le windsurf a de l’avenir et ça me fait très plaisir de faire partie d’un team où bientôt tous les riders seront connus comme LES Windsurfers. J’essaye de balancer le fun et le travail comme tous les riders du team et j’espère que tous ensemble on pourra aller loin.

Le windsurf n’a pas de limite et c’est en y vouant sa vie qu’on peut le prouver.

 

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