Choisir son mât de slalom

 

ARTICLE de Teiva Cantiran

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Le but de cet article est d’expliquer pourquoi il est indispensable de gréer sa voile avec le mât qui lui convient.

Je parlerai dans un premier temps de la courbure et la rigidité des mâts et, en seconde partie, de leur nervosité.

 

I. Courbure et rigidité

 

Définition

La courbure et la rigidité sont les deux principaux éléments qui permettent de définir un mât.

La courbure est la forme que le mât prend lorsqu’il est soumis à une flexion. Lors de l’étarquage de la voile, on exerce une compression sur le mât. On observe ainsi une déformation, il se cintre en formant une courbe qui dépend de plusieurs éléments : le diamètre, les différents matériaux utilisés, l’épaisseur des parois du mât qui varient sur toute sa longueur ainsi que d’autres paramètres.

Si le mât était un cylindre parfait, sa courbe serait un arc de cercle parfait.

Étant donné qu’il possède des différences de diamètre et autres caractéristiques citées précédemment, il se cintre en formant une courbe plus fermée en haut que sur le bas. Il existe, évidemment, des variations de courbe entre chaque mât.

  

Influence de la courbe sur la voile

La courbe que forme le mât a une influence directe sur la répartition du creux et de l’ouverture de la chute.

Voici un schéma d’une voile gréée avec 2 types de mâts différents :

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La voile est grée et posée par terre.
La partie au dessus du mât, vers la gauche, représente le creux. Et la partie sous le mât, vers la droite, représente la chute.



Vert : mât « hard top » convenant pour la voile
Rouge : mât « flex top »

Imaginons que la voile ai été conçue avec un mât « hard top », si on la grée avec un constant ou surtout un « flex top », elle n’aura pas du tout le profil attendu. Comme on peut le voir sur le schéma, lorsqu’elle est gréée sur le « flex top », elle possède plus de volume en bas, sa chute est plus fermée et son début d’ouverture est plus tardif.

Nous avons parlé, ici, du type de courbure de mât dont a besoin une voile. Cependant, il ne faut pas oublier l’IMCS.

L’IMCS permet de définir la raideur d’un mât, car plus il est élevé et plus le mât est raide et inversement. Il faut alors gréer la voile sur un mât ayant la raideur préconisée et en tester d’autres si le rendu ne convient pas.

ATTENTION : Même si l’on possède le mât conseillé par le fabricant, il se peut qu’il ne corresponde pas ! En effet, chaque mât est unique et il est impossible pour le constructeur de fabriquer des mâts tous identiques…

 

II. Nervosité d’un mât

 

Après avoir caractérisé la courbure et la rigidité d’un mât, il est possible d’avoir une idée de la forme du gréement au repos.

Étant donné qu’un vent totalement constant n’existe pas (il varie toujours plus ou moins en intensité et en direction), le mât subit des déformations. Il faut donc étudier son comportement dynamique.

– Lors d’une dévente, un mât nerveux (rapide) s’adapte presque immédiatement, permettant à la chute de se refermer et de garder de la puissance.

Un mât moins nerveux (lent), réagit en retard, ce qui veut dire que la chute est encore ouverte alors que le vent a diminué. La voile n’est plus efficace.

– Lors d’une survente, un mât nerveux se déforme presque instantanément, faisant ouvrir la chute. La voile tire peu dans les bras et accélère.

Un mât moins nerveux aura un temps d’adaptation et la chute ne s’ouvrira pas immédiatement. L’énergie n’est pas immédiatement retransmise en vitesse, la voile va tirer fort dans les bras et accélèrera moins. Et c’est là que l’on se fait embarquer (on se fait entraîner vers l’avant).

Qu’est-ce qui fait qu’un mât est nerveux?

Le carbone est un matériau raide et léger.

La fibre de verre est un matériau plutôt souple et lourd.

Un mât nerveux doit avoir le moins d’inertie possible, donc être le plus léger possible, car moins il a d’inertie, plus vite il peut s’adapter aux variations du vent.

Donc, plus le mât a un pourcentage de carbone élevé, plus il est efficace.

Contrairement à ce que pense un certain nombre de personne, un mât C100 n’est pas plus technique qu’un mât à faible pourcentage, bien au contraire !

 

ARTICLE de Teiva Cantiran

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