Défi wind 2010 : des belges à Gruissan

 

ARTICLE de Florian Kiriluk


L’aurore cède sa place à un soleil franc quand nous arrivons à Gruissan au terme d’un voyage nocturne qui prit sa source en Belgique près de Liège, la Cité ardente. Le site covoiturage.fr nous permet de conduire un jeune homme de Longwy à Lyon et, par là, de réduire quelque peu le coût du voyage. Nous réitérerons l’expérience, intéressante, au retour avec une jeune fille, de Lyon à Liège.



Usés par la lassitude rectiligne des autoroutes françaises, c’est avec soulagement et une joie certaine que nous franchissons le panneau “Gruissan”. Gruissan, nom tant évocateur et prometteur pour les modestes windsurfers passionnés que nous sommes.

Défi Wind 2010.

Ne sachant trop à quoi nous attendre nous pénétrons fébrilement, à roues feutrées, dans l’antre du windsurf local. Les parkings, encore non bondés, nous dévoilent tous leurs possibles. Nous nous garons, las mais heureux d’être ici. Camionnette noire.
Les températures sont fraîches. Dans le ciel, des nuages épars…

Sur la plage, déjà, des planches, des voiles par dizaines se prélassent dans l’attente du grand départ. Des hommes et des femmes s’affairent ça et là à enfiler des mâts, étarquer des voiles, visser des ailerons, régler des wishbones, mettre des combis…

Briefing général.

Philippe Bru, le “maître organisateur”, du podium égrène ses explications et autres judicieux conseils. L’assistance est attentive et impatiente, combinaison et lycra jaune déjà pour certains. Le lycra du Défi… Au total plus tard ce seront pas moins de 985 windsurfers qui s’élanceront sur le spot. Une amie soudain me tire par le bras et me lance : “Tu as vu, c’est Anders!”

Anders Bringdal!, le géant suédois au palmarès impressionnant. Décontracté, il paraît cool et très accessible. Un grand, tout simplement!

Nous nous demandons alors s’il y aurait d’autres champions du windsurf présents à ce rassemblement. Nous apprendrons plus tard qu’une compétition en Corée nous privait de l’éventuelle présence de certaines stars du moment. Peu importe, nous étions à Gruissan, au coeur même d’un gigantesque événement de winsurfers, tous unis dans une même quête sous le sceau d’une même passion.

Près de 150 bénévoles assurent la sécurité dans des embarcations motorisées diverses. La tramontane souffle fort, plus ou moins selon ses humeurs.

Première manche.


Philippe, tel un lièvre effaré, libère dans sa traînée la meute qui s’élance sans emphase à l’assaut des 40kms qui s’ouvrent devant elle. Longue distance : 20 kms tribord amure + jibe + 20 kms babord amure. A fond les bouchons! Objectif : rapidité. Tenir, coûte que coûte, quoiqu’il arrive… Les pieds dans les straps, suspendu au harnais, le regard fixe droit devant, jouir de la plénitude de l’instant, de l’ivresse de la vitesse, de l’incandescence des sens… Pros et amateurs de tous styles à égalité, sur le même bord, la même vague, la même risée, le même spot. C’est là pour moi l’énorme force symbolique du Défi wind de Gruissan. Tous unis au-delà des frontières, des styles, des gabarits, des compétences, des origines, des langues… Peu importe les classements, les conquêtes, les abandons, les défaites, les chutes, les jibes ratés, les waterstarts précipités, les planings incontrôlés…seule compte l’union dans une même passion. Et ça, putain, c’est vraiment beau!!!

Les manches se succéderont à raison d’une ou deux par jour en fonction des conditions météo pour le moins favorables. L’humble windsurfer que je suis, ici en spectateur, n’y pouvait qu’y trouver son large compte.
Le 2ème soir, une soirée cinéma autour du windsurf. Projection de 5 court-métrages amateurs et d’une vidéo pro. L’occasion de découvrir Victor Fernandez, vice champion du monde de vague en 2008, juste là, devant nous. Montagne hispanique au talent fou et surtout, à l’instar d’Anders, d’une humilité remarquable. La marque des plus grands!
Le moment fort de cette soirée sera sans contexte celui où l’on nous annonce le combat mené contre un cancer récent par André Paskowski, un des protagonistes et créateurs du film projeté. Le public présent dans l’amphithéâtre se lèvera, bras au ciel, tout entier pour une photo de famille à son intention. La solidarité dans le windsurf…

Le dernier soir, ponctué par plusieurs concerts “live” ne sera malheureusement apprécié que par une minorité. L’air est frais et les corps fatigués. Les parkings seront jusqu’à la fin autant de campings bondés de vans, camionnettes, tentes et voitures en tous genres.
Durant 4 jours intenses, Gruissan et ses organisateurs portés par un Philippe Bru assez époustouflant, vivront le windsurf à pleins poumons.
Dimanche après-midi, fatigués, salés mais heureux nous quittons l’endroit, l’esprit parfumé de pensées…
Merci Gruissan, merci Philippe et tous les autres.


nb : cet article ne se veut pas être purement informatif mais plutôt un témoignage personnel et par là subjectif de l’évènement. N’hésitez pas à y déposer vos impressions. Merci.

ARTICLE de Florian Kiriluk

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