Custom DMC

Article de Céline Grosjean

 

Manu Depersenaire, le shaper belge des customs DMC, se livre à nous pour une interview ainsi qu’une démonstration de son travail plus que méticuleux.

 

 

dmc windsurf

Nom : Manu Depersenaire
Atelier
: DMC
Son site web : dmc-windsurf.com

1. La vidéo de son travail

 

 

2. Le custom et ses paramètres

 

Les paramètres dont il faut tenir compte pour la construction d’une planche sont très nombreux et Interdépendants: le casse-tête est donc bien réel ! Nous vous proposons ici de mettre en évidence quelques éléments, qui, nous en sommes certains, changeront votre regard sur votre planche ou future planche.

Commençons par le volume.

Le volume dépendra essentiellement du niveau du windsurfer, mais également du temps consacré à la pratique (des congés pendant la semaine pour une session ?) ainsi que du type de pratique (freestyle, freeride, vague, …).

En général, le volume d’une planche de vague correspondra au poids du rider + 5L en vagues européennes. Selon les autres aspects comme le niveau, l’état de stress ou les conditions météo, on pourra rajouter +/- 10 L au poids du rider.
Et pour les autres disciplines ?
Une planche de freestyle aura un volume de 40 à 50 L supérieur au poids du rider (elle avoisinera souvent les 100 L).
La planche de freeride / slalom aura un volume de 60 à 70 L supérieur au poids du rider (elle avoisinera souvent les 120 L).

Au niveau de la carène, plusieurs points sont à observer comme le V, le mono concave, le double concave ou encore le scoop et le rocker.

Le V stabilise la planche et diminue sa vitesse. Il permet aussi une plus grande solidité, au niveau de sauts violents par exemple, sa forme à l’atterrissage permet de jeter l’eau sur les côtés.
Le mono concave permet de donner de la vitesse ainsi que de l’appui dans les courbes (retend le scoop/rocker et donc favorise la vitesse et l’accroche).
Le double concave (peut être construit sur un V ou un mono concave) permet + de stabilité (longueur plus grande ==> plus de portance).
Le rocker aidera au surf (plus la vague est creuse, plus on aura besoin de lift).

Le V, le concave ou le lift sont calculés à l’aide d’une latte métallique positionnée latéralement ou longitudinalement sur la planche :

Manu 1 Manu 2

Le scoop nous intéressera lors de conditions de nav en vagues grosses, creuses et cassantes (Réunion, …). En vagues européennes, le scoop reste léger.
Quelques paramètres :
La planche de vague aura un rocker bien présent, du V et double concave sont fréquents.
La planche de freestyle ou la planche de slalom seront tendues.

Le rail … Là il va falloir résumer !!!

Le rail va changer du pied arrière au gréement en passant par le pied avant et le pied de mât. Les différences vont se jouer au niveau taille globale et tangente (+ arrondis ou + affuté).

L’endroit le plus épais sera au niveau de l’emplacement du gréement.
Les différences entre les rails tiendront compte comme d’habitude du rider (poids, type de navigation, type de spot,…).

Comment analyser le rail ? A l’aide d’un peigne…

DSC_2420vi

 

Quelques paramètres :
La planche de vague aura des rails affutés au niveau du tail (pintail) et arrondi au niveau du pied avant.
La planche de freestyle aura des rails arrondis sur tout le long et un tail large.
La planche de slalom aura des rails épais et arrondis.

Intéressons-nous maintenant aux ailerons et boitiers:

Comment placer correctement son aileron ? Quels sont les « repères » de Manu ?

Aileron reculé ==> vitesse et cap
Aileron avancé ==> Manœuvre
Le rapport cap-vitesse-manœuvre ==> le bord d’attaque de l’aileron se placera au début de la rentrée de rail (+/- 30 cm).

Il s’agit bien évidemment d’une belle prise de tête lorsqu’on y ajoute les twinzer, thruster ou quad !!!

Pour l’aileron, il existe deux types de matériaux : le G10 (résine époxy) et le polyester

Polyester ==> plus souple
Ce matériau permet beaucoup de confort et est très intéressant lors de conditions non surtoilées. Dans le cas contraire, il est très instable. L’aileron polyester a une durée de vie limitée, après un certain nombre d’utilisation, il devient excessivement souple et devient difficilement manœuvrable.
G10 ==> Plus rigide
Sa plus grande qualité se situera dans sa longévité et sa précision.

4 types de boitiers existent sur le marché :

      • Power box
      • US box
      • Mini tuttle : pour thruster et kite
      • Tuttle : 2 axes (des ailerons de + 38 cm)

 

Pourquoi utiliser un custom ?
Le custom est une planche faite sur mesure qui est donc entièrement adaptée à vos besoins !

Par contre le nombre d’heures de travail que le shaper doit consacrer uniquement à la construction de votre planche est très important : Manu nous avoue qu’il consacre entre 40 et 60 heures à une planche…

Mais cette planche aura des paramètres (rail, volume, carène, …) personnalisés : type de rider, nav, spot, …
Deux planches à même volume peuvent avoir des comportements complètements différents en fonction de leurs paramètres.

Elle aura, de plus, une solidité incomparable et donc une longévité accrue.

Sans oublier que la planche restera toujours modifiable… (déco, boitier, faible rajout de V de concave au niveau de la carène,…)

Le tout pour le prix de départ d’une planche de série …


Encore merci à Manu qui nous a accueilli à bras ouvert dans son univers de shaper !

 

Vocabulaire :

 

Carène (ou bottom) :
dessous de la planche
Lift :
courbure au niveau du tail
Outline :
forme générale de la planche
Pintail :
tail en pointe
Quad – thruster – twinzer :
4 – 3 – 2 ailerons
Rail :
carre de la planche
Rocker :
courbe générale de la planche
Scoop :
courbure au niveau du nose

 

3. L’interview


 

4. Les photos

Sur Flickr
 

2 réponses sur “Custom DMC”

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