Les différents types de compétitions en windsurf

 

Un article de Pierrick Contal

 

 

J’ai décidé de présenter les différents types de compétitions en windsurf car la multitude de disciplines et les différents formats de course ne sont pas toujours compréhensibles pour tout le monde.

Je vais, dans un premier temps, présenter le format le plus accessible dès lors que l’on veut se « confronter » aux stars des autres spots. Je veux, bien évidemment, parler des longues distances. C’est également le plus facile à comprendre : on part d’un point A, à fond la caisse au vent de travers jusqu’au point B, demi-tour et retour toujours à fond (si on a encore des bras) jusqu’à la case départ. Les parcours se font essentiellement au vent de travers afin d’ouvrir ces épreuves au plus grand nombre. Le départ se veut aussi simpliste : soit un départ au lièvre, soit un départ de plage.

Le départ au lièvre est le type de départ que l’on retrouve au Défi Wind de Gruissan, un bateau part sous le vent de la ligne de départ puis remonte face au vent jusqu’à l’autre extrémité. Les concurrents doivent alors passer derrière le bateau pour être « libérés » et partir à l’assaut de la première marque de parcours. Le départ de plage est, quant à lui, beaucoup plus impressionnant pour le public (comme pour le raid La Tranche-Île de Ré) mais aussi plus controversé pour des raisons de sécurité tant pour le matos que pour les coureurs. Tout le monde est derrière une ligne sur le haut de la plage, au top départ du speaker il faut courir pour rejoindre sa planche, mettre à l’eau et foncer vers la bouée.

À noter quelques épreuves majeures : le Défi Wind qui regroupe traditionnellement tous les ans pendant le weekend de l’Ascension à Gruissan pas loin de 1000 windsurfeurs du monde entier (professionnels et amateurs) pour 40km de course entre Gruissan et Port-la-Nouvelle. La principale caractéristique de cette épreuve se trouve dans les conditions de vent. En effet, la Tramontane (vent de terre) permet de naviguer très près de la côte et ainsi naviguer sur un plan d’eau tout plat. Quand les conditions sont au rendez-vous, les meilleurs arrivent à tenir des moyennes de plus de 35 nœuds sur l’ensemble de parcours. Autre grosse épreuve, le raid La Tranche-Île de Ré début Juillet pour un aller-retour entre la Vendée et l’Île de Ré. Grâce à un fort thermique à cette période de l’année et un effet venturi (accélération), il n’est pas rare de courir dans une vingtaine de nœuds et sous le soleil. Pour des raisons de sécurité, le nombre de place est limité à 200 inscrits. Enfin, dernière grosse épreuve de la saison, le Fort Boyard Windsurf Challenge au mois d’octobre. C’est une épreuve entre le continent (la ville de Fouras) et le mythique Fort Boyard. Ce raid est également limité à 200 inscrits.

 

 

En ce qui concerne les épreuves de slalom pur, il existe un circuit français de slalom intégré dans le Classic Tour AFF (Association Française de Funboard). Il se déroule en trois étapes réparties tout au long de l’année. Chaque coureur enregistre lors de la première épreuve 6 voiles et 3 planches maximum qu’il devra garder tout au long de la saison. Le parcours est un slalom downwind en W (trois bords de largue avec 3 jibes). Le départ se fait au vent de travers entre un bateau et une bouée. La procédure de départ s’inspire des feux tricolores. À 3 minutes du départ, le comité de course hisse un pavillon rouge, il redescend à 2 minutes. À 1 minute, monte sur le bateau un pavillon jaune qui redescend à 30 secondes. Au top départ se hisse le pavillon vert. En cas de départ volé, le ou les fautifs sont disqualifiés pour la course, et les coureurs rappelés pour un nouveau départ.

En AFF, on court par poules de 12 et les 6 premiers sont qualifiés pour le tour suivant. En coupe du monde PWA (Professional Windsurfing Association), ce sont des poules de 8 coureurs qui s’affrontent. Une manche est validée lorsqu’un tableau est totalement rempli. Ensuite, on repart pour une seconde manche. Au bout de 3 manches validées, on retire le score de la plus mauvaise manche de chaque coureur. Une première place vaut 1 point (ou 0,7 points en PWA), une deuxième place 2 points, etc…

Enfin, il existe un championnat du monde annuel qui se déroule sur une seule épreuve, le championnat du monde IFCA (International Funboard Class Association). Contrairement à la PWA, tout le monde peut y participer (pas besoin d’une invitation appelée Wild Card).

Pour ce genre d’épreuves, il faut que tout le monde plane sans quoi, la poule est annulée.

 

Rider : Pierrick Contal – Photo : J.Guittonneau

 

La vague est, par définition, l’épreuve reine du windsurf. Le but de ces épreuves est de réaliser un maximum de manœuvres (en saut comme en surf) dans le temps imparti. Les coureurs s’affrontent deux par deux. En fonction des épreuves et des conditions, le directeur de course décide du nombre de sauts et surfs comptabilisés, de leurs coefficients ainsi que de la durée des heats. Par exemple, dans des conditions moisies (vent fort, très peu de vagues par exemple) le directeur de course peut choisir d’allonger le heat pour laisser plus de chances aux riders de trouver une vague et de privilégier les sauts aux surfs par leur nombre comptabilisé et leur coefficient. Toutes les manœuvres sont notées par des juges (d’un nombre impair pour éviter les égalités) qui notent au fur et à mesure les performances des coureurs étant sur l’eau et à l’issue du heat annoncent leur vainqueur. Les manœuvres sont évaluées en fonction de la difficulté, de l’amplitude, du choix de la vague et de la propreté d’exécution. À la fin du heat, les coureurs peuvent (et c’est fortement conseillé pour progresser) demander à voir les feuilles de juges afin de comprendre comment sont notées les confrontations.

 

Lors de la simple élimination, tout le monde part du premier tour et le vainqueur de chaque heat accède au tour suivant jusqu’à la finale. Les coureurs sont répartis en fonction de leur ranking de manière à protéger les têtes de série (on n’aura jamais un Köster-Fernandez au premier tour d’une épreuve de vague). Pour faire simple, les deux meilleurs sur le papier ne peuvent se retrouver qu’en finale. Une fois que le tableau est terminé, on peut dresser un classement avec les places de 1er, 2ème, 3ème et 4ème puis 5ème ex-aequo, 9ème ex-aequo, etc. Si l’organisation à encore du temps, elle a la possibilité de lancer une double élimination ou tour de rattrapage. Chaque rider rentre dans le tableau là où il s’est fait sortir. Par exemple, si je me fais sortir au premier tour, je devrai affronter un autre rider lui aussi sorti au premier tour. Le gagnant affrontera un coureur sorti au second tour et comme ça jusqu’à la finale. Le classement est alors établi en fonction du résultat de la double élimination.

Les compétitions qu’on peut retrouver en vagues sont les mêmes  qu’en slalom (AFF, IFCA et PWA).

 

 

Pour le freestyle, ça se passe de la même manière sauf que l’épreuve se déroule sur eau plate. Depuis quelques années, s’est mis en place un circuit européen : l’EFPT (European Freestyle Pro Tour). Il se déroule sur 5 étapes en 2012 réparties un peu partout en Europe. Sa principale caractéristique est que les jours sans vent, les riders s’affrontent dans une compétition de tow-in windsurfing (les coureurs sont tirés par un jet-ski afin d’avoir de la vitesse pour effectuer leurs manœuvres).

Le freestyle se retrouve également en compétition PWA.

 

 

Il existe un format alternatif avec les Wave Classic. Les riders s’affrontent par équipe et se notent entre eux. Il y a quatre équipes de quatre riders. Chaque équipe envoie un rider par heat. En cas de victoire, il rapportera alors des points à son équipe. À la fin de l’épreuve, une équipe est désignée gagnante mais sont aussi desservis les prix du meilleur local, du meilleur saut/surf, de la plus grosse chute…

 

 

 

En restant dans le funboard, je passe, cette fois-ci, à la formula windsurfing. Très en vogue au début des années 2000, cette discipline s’éteint peu à peu en France alors qu’elle continue de grimper en Europe de l’Est. Grâce à leurs voiles de 12m², leurs planches d’un mètre de large et leurs ailerons de 70cm, les coureurs arrivent à planer et à valider des manches dans moins de 10 nœuds. Le départ se fait face au vent avant d’attaquer un grand louvoyage (remontée au vent), puis un largue (spectaculaire au niveau des chutes avec du vent fort!), un vent arrière, c’est alors reparti pour une ou plusieurs remontées au vent (on parle de bananes) avant un dernier largue vers l’arrivée. C’est une discipline très physique (difficulté à maintenir la planche collée à l’eau) mais également où la tactique et la réflexion prennent une place importante pour choisir le bon côté lors des remontées au vent en fonction des différences de force et de direction du vent.

 

Avec le même genre de parcours mais dans des conditions différentes, se retrouve la raceboard. Les compétitions se déroulent sur des planches à dérive et équipées d’un rail de pied de mât réglable en navigation. On dénombre plusieurs grandes classes (ou associations) de planches à dérive comme la BIC 293 One Design pour les jeunes (- de 17 ans), la RS:X pour les adultes (planche olympique mais plus pour très longtemps sans doute…), la classe Kona qui reprend certaines règles comme l’interdiction de pomper pour avancer et la classe Raceboard qui regroupe l’ensemble de ces disciplines. La 293 OD était la filière d’accession à l’olympisme pour les jeunes. En commençant à 13 ans avec des voiles de 6,8m² puis à 15 ans avec des 7,8m², les jeunes peuvent acquérir suffisamment d’expérience technique et tactique pour pousser les portes de l’olympisme (RS:X). En RS:X, les jeunes et les filles naviguent en 8,5m² et les garçons en 9,5m² quelles que soient les conditions de vent (de 3 à 35-40 nœuds!!!). Dans le petit temps (En dessous de10nds), les dérives sont descendues et il faut alors pomper sans cesse pour faire avancer la planche. En revanche, dès que le vent dépasse 10 nœuds, on enlève la dérive, on recule le pied de mat et on remonte au vent au planning comme pour les formulas. Ça en fait un support très physique et où le niveau est très homogène : en coupe du monde, sur une manche de 40 minutes, seulement 5 petites minutes séparent en général le champion olympique du rookie tout juste arrivé sur le plateau. Le rêve pour tous étant de participer aux Jeux Olympiques et d’y représenter sa nation. En effet, seul le meilleur de chaque pays peut participer. Une épopée olympique est souvent le résultat de sacrifices personnels pendant 4 ans au minimum en ne vivant qu’uniquement par le sport et pour le sport.

 

      RS:X – FFV

 

 

 

Je passe à une discipline moins connue et plus rare en France : la speed. Je laisse la place à Gautier Bourgeois, lui aussi membre du team Espace Windsurf et spécialiste de la discipline pour en parler :

« Le système de course est plutôt simple : tous les compétiteurs sont envoyés sur l’eau pendant 1h30 au minimum (s’il n’y a pas de prolongation de 15 min pour diverses raisons, telles que changement des conditions ou modification du classement provisoire des 5 premiers).
La moyenne des deux meilleurs temps de chaque rider sur 500m sera retenue pour établir le classement général de la manche.

Sur l’eau, on note la présence de plusieurs bouées. Elles délimitent :

• Une zone de lancement de manière à fluidifier le « trafic » de coureurs avant le run.

• Une zone d’accélération entre la zone de lancement et le run. Il faut être seul dans cette zone sous peine d’être sanctionné par le « head juge » (ne pas être chronométré sur le passage en question etc…)

• Le run de 500m délimité par 2 bouées sur l’eau et 2 caméras à terre qui permettent de mesurer très précisément la vitesse de chaque compétiteur (à partir du temps que l’on a mis pour parcourir ces fameux 500m). C’est là qu’il faut donner son maximum.

• Une bouée de jibe. Il est impératif d’aller contourner cette marque afin de commencer le bord de cap pour remonter le run (pour des raisons de sécurité). »

                               Gautier Bourgeois à l’entrée de son run

 

 

Et enfin pour finir, un autre type d’épreuve totalement différent des précédents : les courses d’endurance. Il existe quelques épreuves de ce type en France en format 24H, 6H ou 4H. Le but est de faire par équipe en relais un maximum de tours sur un petit parcours durant le temps imparti. C’est l’occasion d’organiser une grande fête du windsurf conviviale et familiale comme à Armentières (59) pour ses 24H ou  la 4H cup à Angoulin (17). le matériel est libre et le but pour chacun est de se faire plaisir et de se retrouver entre passionnés.

 

 

 

J’espère avoir éclairci au maximum la complexité des différents types de compétitions en planche à voile. Si vous avez des remarques, des questions ou des suggestions (ex : sujet d’article, partage sur des forums,…), n’hésitez pas à me les faire parvenir. Mon but étant de faire partager ma passion et mon expérience au plus grand nombre.

 

 

Un article de Pierrick Contal

 

 

 

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