Ivan Cacaly — Sea Clone boards


La perfection n’existe pas! Je vois que tu n’as pas vu la finition de certaines de mes planches…” [rire]


Issu d’une famille à vocation artistique, Ivan est dans le métier depuis quelques années. Il a commencé par redessiner le design graphiques de différentes boards – skate, wind ou encore surfboards; puis, comme beaucoup de shapers, il a rafistolé des planches cassées avant de leur donner une nouvelle jeunesse, puis il en est venu à la réparation pure sur la demande de riders locaux de Montpellier… Il franchit le pas du shape à l’été en 2008 par un proto de windsurf vague, à 5 boitiers d’ailerons… Quelques mois passent et il présente en avant première sur Windsurf Journal un prototype de slalom de moins de 2 mètres de long ! Le pas de la stratification au rabot et de la création est franchi !

En 2009, rencontre avec Sylvain “Iceman” Routier, rider windsurf et stand up paddle des côtes nordiques ; échanges et projet autour du stand up paddle de race, support encore inconnu chez nous en 2009.



Des mois ont été nécessaires pour arriver à un résultat de création de shapes cohérents et efficaces sur l’eau ! Fin de l’automne 2009, l’atelier propose 5 machines de Sup, 3 vagues atypiques de 7 à 10’8 et 2 monstres de courses de 14 et 18 pieds…Tests officiels en rade de Brest par 20/25 nds de vent, houle courte et serrée, les riders testeurs découvrent 5 mois de travail, des designs originaux et uniques, tant par la construction bio composite que par l’ergonomie novatrice des ponts, les astuces diverses, etc… Un choc visuel et technique, des sensations de navigations nouvelles, les riders présents sont enchantés, Sylvain et Ivan ravis de leur labeur… La petite histoire est en route !


Néo-matériaux, esthétique et développement durable

Les shapes Sea Clone reposent sur une philosophie respectueuse de notre environnement, notamment sur la nature des matériaux (résine et fibres) employés ; des bio composites écologiques comme le lin, le basalte associés aux résines bio sourcées… Précurseur dans leur emploi, Ivan est en veille permanente sur l’actualité des néo-matériaux propres susceptibles de correspondre à cet état d’esprit et une utilisation pertinente dans le cadre du développement de shapes efficaces.
Par exemple, les derniers customs de l’atelier ont abandonné la technologie sandwich polyuréthane pour celle du liège.


L’esthétique prend également une grande place dans ce travail de sorte que les matériaux soigneusement sélectionnés pour la construction sont également choisis pour leur rendu à la finition sous glass type surfboards. Néanmoins, les peintures lorsqu’elles sont présentes sont biologiques.
Ivan aime ce rapport entre caractéristiques techniques, performance, esthétique en plus des valeurs qui tournent autour d’une construction saine ; l’ensemble des matériaux et leur déchet sont triés et recyclés via des filières spécialisées (pain polystyrène, etc..).


Avenir ?

Les évènements de la vie ont amené Ivan a déménager l’atelier à deux reprises au cours de la dernière année; après le développement des prototypes SUP, le mois de Mars 2010 a été l’occasion d’une installation au plus près des nombreux spots du sud de la France… L’atelier aujourd’hui installé à Leucate, assure la prise en charge et la réparation de la majorité des planches des shops leucatois, des riders locaux et en vacances sur la capitale française du vent, et développe des sup et windsurf boards pour tous les riders désireux de posséder une machine originale et différente.


L’atelier vient de créer son team de course stand up paddle et participe de belle manière aux épreuves locales et européennes (Sainte Maxime sup race); Ivan est aussi sollicité pour le développement de shape de sup race d’une marque en pleine évolution sur ce domaine…


Les photos


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Mathias Genkel – à la rencontre d’un windsurfer passionné


ARTICLE : Mathias Genkel




Prénom : Mathias
Nom : Genkel
Age : 25 ans
Taille / poids : 176 / 68kg
Localisation géographique : Cork (Irlande), Istres (Bouches-du-Rhône), Palekastro (Crète), Rostock (Allemagne) – là où il y a du vent. 😀
Sites web :
www.rock-n-rohwurst.de (allemand)
www.matswindsurfingpage.blogspot.com (anglais)

Sans être athlète professionnel, il est possible de vivre sa passion pour le windsurf… Je pense en être le parfait exemple !!!

En effet, je suis actuellement une formation pour devenir professeur d’anglais et de français en Allemagne. Grâce à cette formation, j’ai pu m’échapper de l’hiver froid du pays pour naviguer dans des régions plus clémentes…



J’ai, ainsi, passé une année en Irlande comme étudiant Erasmus à l’université de Cork où j’ai bien profité des spots irlandais. J’ai aussi passé l’hiver dernier dans le sud de France, près de Marseille, où j’ai travaillé comme assistant de langue ; ce qui m’a permis de gagner un peu d’argent et d’acquérir de l’expérience dans mon futur métier d’enseignant tout en restant proche des spots méditerranéens.

C’est pendant cet hiver que j’ai aussi commencé à faire des vidéos de mes sessions à Carro, Fos, Port-St.Louis etc. Ces vidéos ont pour but de transmettre ma passion pour le windsurf.

Mon objectif n’est pas de devenir célèbre, je souhaite juste partager avec le monde des moments « magiques » que j’ai pu vivre sur l’eau. Heureusement, je n’étais pas seul : ma copine m’a filmé (parfois dans des conditions très difficiles) et mon ami Johannes Neumann, qui travaille dans les médias, a réussi à réaliser des montages de haute qualité !




L’interview EW

ESPACE WINDSURF (EW) : Quand et comment as-tu atterri dans le milieu du windsurf ?

MATHIAS GENKEL (MG) : Ma famille a commencé la planche dans les années 80, je vivais dans l’ancienne Allemagne de l’Est et mon père et mon grand-père avaient commencé à shaper leurs propres planches.

J’ai donc appris à naviguer sur une planche « maison » et une voile pour enfants à l’âge de 8 ans. Je n’ai jamais cessé de plancher depuis…


EW : Quelle place prend le windsurf dans ta vie actuelle ?

MG : Le windsurf prend une place très importante dans ma vie ! Mais je pense, tout de même, qu’il est essentiel de trouver un équilibre entre amis, études et loisirs.


EW : A quel point aimes-tu ce sport ?

MG : Parfois je l’aime trop et ça doit être dur pour ma copine… Mais j’essaie toujours de trouver le juste équilibre.


EW : A partir de quand as-tu commencé à voyager ?

MG : Dès que j’ai eu mon permis de conduire et ma première voiture : un tout petit Ford Escort dès l’âge de 18 ! J’ai alors fais mon premier trip en Bretagne, direction la presqu’île de Crozon. De retour en Allemagne, je suis passé par Paris où je me suis complètement perdu. Après, j’ai fait un voyage en Irlande, ce trip était magique et je me suis promis d’y retourner. C’est maintenant chose faite : j’ai passé une année entière là-bas !


EW : Quelle est ta formation ?

MG : Je fais des études pour devenir professeur d’anglais et de français au lycée (en Allemagne). J’ai presque fini mes études maintenant et j’aimerais trouver un job près de la mer.


EW : Pourquoi les langues ?

MG : A l’école j’étais déjà plus fort en langues qu’en science. En plus, j’ai toujours aimé voyager et j’adore pouvoir communiquer avec les gens que je croise !


EW : Comment se fait-il que tu parles le français ?

MG : Je l’ai appris à l’école même s’il s’agissait plutôt de langue écrite que de langue courante. Pour apprendre à parler le français il a fallu faire plus d’effort : pendant mes voyages j’ai souvent fait connaissance avec des francophones avec qui j’ai pu parler français. En plus, je suis allé travailler en France l’année dernière, ce qui m’a vraiment aidé.


EW : Fais tu de la compétition ? Si oui, quel est ton meilleur résultat ?

MG : Je viens de participer à quelques épreuves Efpt. Mais franchement, le niveau sur l’eau est énorme et c’est dur de gagner sans s’entraîner tout l’hiver à Jeri ou Bonaire. En ce moment je suis en 21ième position en Efpt.

En général, je trouve que les compétitions sont très importantes pour le sport mais il faut vraiment mieux les commercialiser. Je préfère les compétitions spontanées où il n’y a pas trop de stress et où on navigue avec des copains.

En France, j’ai participé à une épreuve de freestyle au Brusc, le National Funboard Expression. J’ai bien aimé cet événement. J’ai fait connaissance des locaux comme Julien Mas, Xavier Frelin, Kevin Allegre et Adrien Bosson qui sont devenus des amis avec qui j’ai navigué pendant l’hiver.

En plus, il y avait de bons photographes comme Raffi Cherbedjian. Pour la commercialisation du windsurf, il est incontournable d’avoir de bonnes photos et donc des articles dans la presse !


EW : Que préfères-tu ? Le freestyle, la vague ?

MG : Les deux disciplines sont spectaculaires et intéressantes !!! En ce qui me concerne, tout dépend des conditions. En ce moment je fais beaucoup de freestyle mais si les conditions sont parfaites, je préfère la vague. En Allemagne, nous n’avons pas beaucoup de spots de vague. On fait donc surtout du freestyle pour pouvoir naviguer le plus souvent possible. Ce qui me fascine en freestyle c’est la satisfaction quand on passe une nouvelle figure.


EW : Quels sont tes objectifs ?

MG : Vivre une vie heureuse en combinant métier et hobby. Voyager et découvrir de nouveaux spots.


EW : Comment vis-tu ?

MG : Des fois je bosse pour être capable de voyager et d’acheter le matos. J’essaie de ne pas dépenser trop.


EW : Quel est ton plus beau voyage ?

MG : Mon premier séjour en Irlande : on a eu des conditions énormes et on a été fasciné par la générosité et l’accueil des locaux.


EW : Quel est ton meilleur souvenir en planche ?

MG : Mon meilleur souvenir : une session de rêve sur l’île de Belmullet en Irlande sur un spot secret avec Oisin van Gelderen, un des meilleurs planchistes d’Irlande. On a eu le reef pour nous, il y avait du soleil et des phoques qui nous ont regardés rider les vagues.


EW : Combien de jours windsurf tu par an ? Combien de trips par an ?

MG : En ce moment, je navigue environ quatre à cinq fois par semaine et je fais plus ou moins deux à trois trips par an.


EW : As-tu une alimentation particulière ? Fais-tu du renforcement musculaire, des étirements ?

MG : C’est ma copine qui m’a appris qu’il est très important de se nourrir d’une manière particulière quand on fait beaucoup de sport. Maintenant je fais plus attention à la nourriture. En plus, j’ai commencé à faire un peu de yoga, je fais des exercices avant chaque nav ce qui m’aide à éviter les blessures.


EW : Quel est ton matos ?

MG : J’ai des planches et voiles RRD. En ce moment, je navigue surtout en RRD TwinTip 88l. Pour les voiles, c’est la RRD Superstyle pour le freestyle et la vague. J’ai aussi la WaveVogue en 3.7 et 3.3 pour les conditions difficiles.


EW : As-tu des sponsors ?

MG : Le distributeur RRD Allemagne me soutient avec des prix réduits pour le matos. Mais ce n’est malgré tout pas facile dans ce temps de crise.


EW : Ta plus grande qualité ? Ton plus grand défaut ?

MG : Je ne sais pas exactement. Je suis très ambitieux et des fois j’oublie de m’occuper d’autre chose que de ma planche.


EW : Que fais tu à côté du windsurf ?

MG : Si les conditions sont là, j’aime faire du surf, sinon du jogging ou me promener avec ma copine. J’aime aussi lire.


EW : Que conseilles-tu aux planchistes qui aimeraient faire des montages vidéo ?

MG : Il est plus important d’avoir de bonnes idées que d’avoir une caméra super chère. Il est essentiel de raconter une sorte d’histoire dans la vidéo. Ça veut dire qu’il faut absolument ajouter des images qui montrent le paysage, des gens, des animaux ou des trucs qui sont typiques pour la région dans laquelle on navigue. Ça doit être un peu exceptionnel.

Par exemple, pour les deux vidéos qu’on a réalisé, sur mes sessions dans le sud de France, on a essayé de ne pas cacher la réalité – les usines, les cheminées, la pollution mais aussi des images typiques de Marseille – le Vieux Port, Notre Dame de la Garde.

En ce qui concerne l’équipement, je conseille d’avoir un trépied pour que les images ne bougent trop. Il faut aussi changer de point de vue et le planchiste doit rester proche de la caméra.


ARTICLE : Mathias Genkel

Jérémy Barralis

 

A la rencontre d’un windsurfer du Var …

 

Jeremy barralis

 

Prénom : Jérémy
Nom : Barralis
Age : 21 ans
Taille / Poids : 173/70 kg
Localisation géographique : Fréjus mais originaire de la Valette (83)

 
Sites Webs :

1. http://www.windsurf83.fr
2. http://www.varactionphoto.fr
3. http://www.teamrallyefarledois.com
4. http://www.freeride-attitude.com
5. http://www.freeride-attitude.tv

 

L’interview :

 

Espace Windsurf (EW) : Quand et comment es-tu atterri dans le milieu du windsurf ?

Jérémy Barralis (JB) : J’ai commencé le windsurf tout à fait par hasard : quand j’étais jeune, à l’occasion d’un séjour à Crozon, en Bretagne. J’ai découvert la voile (le catamaran, puis rapidement la planche à voile) avec des copains de classe. 7 ans ont passé et la passion a pris le dessus !!!

 

EW : Quel est ton emploi du temps ?

JB : Mon emploi du temps… assez chargé à vrai dire. Du lundi au samedi dans un surfshop; mais pas comme tout le monde l’imagine. Je suis dans un petit bureau, les yeux rivés sur mes deux écrans, entre les lignes de code et les calques sous photoshop.
Je suis intégrateur/infographiste pour le site www.freeride-attitude.com

 

EW : Quelle place prend le windsurf dans ta vie actuelle ?

JB : Le windsurf c’est un peu, donc, mon quotidien. Tous les jours je baigne dans le monde de la glisse. Ces derniers temps, le windsurf a été revu à la baisse. Fréjus est une zone plus propice au kite qu’à la planche… Enfin comme je l’entends : c’est-à-dire avec du vent et surtout des vagues !!! De plus, un gros projet, qui dure depuis 6 mois maintenant, me contraint à mettre de côté quelques sessions.

 

EW : A quel point aimes-tu ce sport ?

JB : Ce sport, c’est un peu ma philosophie… ma façon de vivre. Le windsurf me permet de faire des rencontres, de m’exprimer aussi bien sur l’eau que sur mon site internet, mais aussi à travers mes photos que j’adore prendre.
L’amour pour ce sport est donc un concentré de sentiments, de passion et d’expressions.

 

EW : Sur quel spot navigues-tu principalement ?

JB : Je naviguais, jusqu’à juillet dernier, surtout sur les spots de l’Almanarre, la Bergerie, la Coudou, le Brusc… Bref les spots qui marchaient en priorité entre l’est et l’ouest de Toulon.
Aujourd’hui, obligations professionnelles obligent, je suis plus contraint à naviguer sur des spots de «freeride» sur Fréjus et ses alentours. Il y a bien le spot de Beauvallon qui fonctionne de temps en temps en vague, mais les spots les plus accessibles sont souvent plats et peu ventés. Le mistral a du mal à arriver jusqu’à la Baie de St Tropez et, quand il arrive, c’est souvent rafaleux et plat !

 

EW : Quel est ton trip préféré ?

JB : Mon trip préféré… Je n’en n’ai pas fait énormément, mais, celui qui me reste le plus en mémoire, c’est la Corse. Aussi étrange que cela puise être, j’ai adoré naviguer sur ces spots, la liberté de prendre la voiture et de s’arrêter là où les conditions semblent bonnes. Ce qui me reste surtout en mémoire, c’est le paysage, la couleur de l’eau et l’ivresse réunie de tous ces éléments.

 

EW : Quel est ton matos ?

JB : Pour être précis dans ma réponse, j’ai deux quivers : le mien perso, comme diraient les jeunes, mais aussi celui du surfshop.
Mon quiver est très typé vague et vent fort : de 3 .7 à 4.7 en voiles de vague (Zone); et en planches de vague : une 60 litres complétée d’une Acid 74 litres.
Mais comme ce quiver était surtout destiné à des conditions pour l’Almanarre et la Coudou, et qu’aujourd’hui je n’ai plus l’occasion de naviguer dans les vagues, j’utilise du matos de l’année moins typé et plus polyvalent.
J’ai une fanatic Freewave TE 75, une planche de slalom JP Carbon et des voiles Combat, Fly. C’est pas le matos que je préfère, pour être franc, mais c’est le matériel qui passe le mieux dans les conditions dans lesquelles je navigue.

 

EW : Quel est ton petit plus (hobby autre que le windsurf) ?

JB : Mon petit plus ? Ça tourne toujours de près ou de loin au windsurf, en fait. J’adore la photographie et l’internet. J’ai mon site windsurf83, qui est aujourd’hui la plateforme de la communauté des windsurfers du Var.
La photographie, j’ai commencé à la pratiquer peu après avoir mis les pieds dans les straps. Alors que les conditions étaient trop violentes pour mon gabarit et mon niveau, j’ai sorti le petit bridge pour immortaliser les sessions. Je me suis pris au jeu et la passion m’a piqué. J’ai investi dans du matériel, j’ai eu plus de disponibilité et mon travail a commencé à être reconnu.

 

EW : Quelle est ta plus grande qualité et/ou ton plus grand défaut ?

JB : Ma qualité, je dirais que je suis un battant et que j’essaie toujours de donner le meilleur de moi-même.
Mon défaut serait que, des fois, j’en fais trop sans penser un peu à moi.

 

EW : As-tu envie de rajouter quelque chose à ton interview ?

Je te remercie pour cette petite interview et je te souhaite une bonne continuation pour ton site !!!

 

Jeremy barralis

 

Une main pour tout faire ! Du Windsurf aussi !!!

axel tricaud

 

Axel Tricaud est né avec un handicap à la main gauche…

 

prothese main
Nom : Axel Tricaud
Localisation géographique : Lyon / Toulouse (France)

 

Depuis 6 ans, il s’est mis dans la tête qu’il pouvait faire du windsurf… Et depuis un an, il navigue avec une prothèse spécialement conçue pour la planche à voile.

 

axel tricaud       prothèse main

La vidéo

 

 

L’interview

 

ESPACE WINDSURF (EW) : Comment as-tu mis en œuvre la fabrication de ta prothèse?

AXEL TRICAUD (AT) : Je suis allé dans un cabinet spécialisé dans la fabrication de prothèses orthopédiques : « Rhône orthopédie ».
Pour la forme de la prothèse, j’ai d’abord demandé à mon entourage : ma mère et mes oncles ayant pratiqué le windsurf ! J’ai aussi profité de l’expérience des prothésistes qui m’ont dit ce qu’il était possible de faire ou pas. Enfin, j’ai demandé l’avis de certains pros via « Facebook » (notamment Laure Treboux qui a pris le temps de me répondre et de me donner des conseils très utiles).

 

EW : Comment s’est passé la fabrication pour toi?

AT : Ça a pris un certain temps car le cabinet est à Lyon et que j’étudie à Toulouse. J’y allais donc pendant les vacances et on faisait des séances où on a commencé par bien cibler mes besoins et mes désirs. Ensuite on a moulé un thermoplastique sur mon handicap pour prendre sa forme exacte et voir où se situent les points d’appui que l’on pouvait utiliser. Après, on a fait la même chose pour le crochet puis, pour finir, la prothésiste a créé les parties en composite/carbone et les a assemblés.
Il ne restait plus, alors, qu’à mettre les attaches qui nous semblaient appropriées. Dis comme cela, ça peut paraître rapide, mais il nous a fallu à peu près 3 mois et demi pour terminer le projet !
Au final cette prothèse aura couté entre 1600€ et 1700€.

 

EW : Comment est-elle adaptée au sport?

AT : Lors de la fabrication, on a réfléchi au maximum sur la forme du crochet pour qu’il soit le plus fonctionnel possible. Sachant qu’hormis les conseils avisés de certains pros et l’expérience du prothésiste, nous partions de rien : je n’avais jamais entendu parler d’une prothèse créée pour le windsurf auparavant, malgré quelques recherches sur internet.
Le crochet a un diamètre spécifique pour ne pas glisser sur le wishbone, mais aussi pour s’accrocher et se décrocher facilement! Ensuite il a une forme de V, pour lui permettre de pousser le wishbone sans qu’il dérape dans certaines manœuvres. Enfin, la prothèse est, bien sur, totalement résistante a l’eau et au sel ; elle est composée de carbone/époxyde de plastique et de néoprène.

 

EW : Comment fais-tu pour gréer et porter le matériel? Et sur l’eau? (avantages et inconvénients)
AT : Ah oui, c’est souvent ce qui étonne le plus les autres : le fait que je mette presque autant de temps qu’un windsurfer valide ! Mais c’est venu tout naturellement… Et si on regarde bien, lors du gréement d’une voile, avoir deux mains n’est pas si important que ça !
Pour porter le matos, c’est simple, je le porte en deux fois : la planche sur la tête ou tenue par les straps et le pied de mât, la voile sur la tête quand je peux. Je grée toujours sans ma prothèse et je porte mon matos sans aussi.

 

prothèse windsurf          prothèse windsurf

Sur l’eau, c’est un peu plus compliqué… En fait, ça fait à peu près 5 ans que je navigue sans la prothèse et avec celle-ci, j’ai eu besoin d’une période de réadaptation : par exemple, j’ai dû réapprendre les manœuvres basiques comme le virement de bord et l’empannage. Donc, dans certains cas, je suis meilleur sans ! Par contre, pour les bords, je suis beaucoup plus à l’aise, je peux abattre et lofer tout en restant loin de ma voile, je tire moins sur mes muscles du bras gauche ; et donc je peux naviguer plus longtemps !
Ma prothèse a quand même ses limites. Par exemple, le serrage me fait mal et peut même provoquer un garrot si je reste trop longtemps ! Je dois donc faire des petites pauses. J’ai aussi rencontré un problème à cause de la rigidité de la liaison entre le corps de la prothèse et le crochet et je ne peux donc pas former d’angle (ou très peu) entre mon avant-bras et le wishbone. Je suis obligé de le garder perpendiculaire.

 

EW : Si tu pouvais modifier cette prothèse, que ferais-tu?

AT : J’essaierai de réfléchir à un mode d’attache aussi solide et moins douloureux. Et surtout, je mettrai une liaison souple entre le manchon et le crochet ; un peu comme le tendon sur une plaquette de pied de mât.

 

EW : Et dans la vie de tous les jours?

AT : Je me débrouille comme je peux, mais franchement, il n’y a pas beaucoup de choses que je ne peux pas faire ! Et puis, j’ai fais pas mal d’autres sports : principalement de la danse, du ski et de l’escrime.

 

EW : Quelles sont tes études? Est ce qu’il y a un lien avec le windsurf et ton handicap?

AT : J’étudie en DUT Génie mécanique et productique T A à Toulouse et je souhaite continuer après en école d’ingénieur. J’y étudie toute la mécanique, le dimensionnement des structures, les sciences aéronautiques et les matériaux composites.
Plus tard, j’aimerais travailler dans la fabrication de planches… Si je peux…

 

EW : Qu’attends-tu de cette interview

AT : Surtout partager mon expérience, et profiter de l’expérience des autres !
Je peux conseiller les gens sur les démarches à suivre, et les choses à faire ou pas sur ce type de prothèse.

 

EW : As-tu envie de remercier quelqu’un?

AT : Oui, tout d’abord toi ! Pour t’être déplacée jusqu’ici non sans difficultés sur ta route…
Mais aussi Aude Bignon, la prothésiste, sans qui, tout ça n’aurait pas été possible.
Ensuite, les pros qui ont eu la gentillesse de me répondre sur Facebook. Leurs conseils ont été très utiles !
Enfin, et surtout, ma mère qui s’est occupé de tout le côté administratif ; et croyez-moi, c’est loin d’être le plus facile.

 

axel tricaud

Le team Espace Windsurf s’agrandit …

benjamin longy

 

Benjamin Longy – FRA-1311, rider de 17 ans, nous fait le plaisir de rejoindre le team Espace Windsurf !

 

Longy

Carte d’identité :

  • Benjamin LONGY
  • Née à St Nazaire le 30 janvier 1993
  • Il vit à La Baule
  • Sur liste ministérielle française !
  • Est en CER au Lycée Grand Air de La Baule en 1ere S
  • N° de voile : FRA-1311
  • Club: CNBPP

Très connu dans son milieu qu’est le raceboard (RS:X), Benjamin vient de nous épater encore récemment par sa première place aux championnats d’Europe à Cadiz (Espagne) en janvier dernier !
Sans oublier qu’il était déjà 5ème au championnat du monde 2009 !!!
Il est encore et toujours dans la catégorie « cadet » mais surclasse celle-ci depuis bientôt 3 ans !!!

 

Comment en est-il arrivé là ?

 

Né d’une famille non voileuse, mais d’un frère planchiste (qui ne pratique plus aujourd’hui), Benjamin a commencé l’optimiste en compétition dès l’âge de 6 ans. 4 ans plus tard son frère (de 10 ans sont aîné) l’a introduit à la planche à voile.
Dès 11 ans, il rentre en sport étude… C’est à ce moment qu’il abordera la planche Aloha (après 2005, il passera sur Bic 293OD).

Le sport étude lui permet de naviguer 2 à 3 fois par semaine. Ajoutez à cela 3 WE sur 4 passés aux entrainements et 2 soirées (lundi et vendredi) pour la préparation physique. Il ne lui reste plus beaucoup de temps pour le reste…
Mais après ses excellents résultats, il entre au pole espoir et commence la RSX 8.5 en 2008

 

Ses meilleurs résultats :

 

• 5ème au championnat de France 293 minime en 2007
• 3ème à la coupe de France RSX 8.5 en 2009
• 5ème au championnat de monde hybride 2009
• 3ème au national jeune RSX 2009
Champion d’Europe Raceboard jeune 2010

podium

 

Et le funboard ?

 

Il est loin d’être mauvais … Il tourne déjà back et front …

 

A part la planche ?

 

Il est à l’école et ses études passent avant tout :
Benjamin est en 1ere S, compte faire un bac S. Dès cette année ce sera le bac de Français.
Il compte ensuite faire des études d’Ingénieur du côté de Nantes (afin de pouvoir continuer son sport !)

Il aime beaucoup le sport (se déplace principalement à vélo) et est aussi passionné de musique.

 

Quels sont ses prochains objectifs ?

 

  • Trouver des aides financières pour pouvoir poursuivre sa passion. Benjamin recherche notamment des sponsors à qui il pourra offrir une prometteuse visibilité.

 

  • Une réelle intention d’être sélectionné pour les championnats du monde qui auront lieu à Chypre en octobre prochain.

Benjamin fait maintenant partie du collectif « Bleuet » ! Celui-ci a pour ambition d’alimenter le groupe France Espoirs et de réussir des performances au Mondial Jeunes ISAF.

  • Faire essayer sa RSX à son frangin 😉

Si le windsurf était médiatisé de la même façon que le football, Benjamin n’aurait pas trop de soucis financiers à se faire…
Mais bien que du haut de ses 17 ans, il est déjà champion d’Europe Raceboard jeune, il doit encore prendre beaucoup à ses frais…

Cadix Ouest FranceEcho CadixPresse OcéanPresse Océan et CadixPresse Océan - Cadix

Custom DMC

dmc windsurf

Article de Céline Grosjean

 

Manu Depersenaire, le shaper belge des customs DMC, se livre à nous pour une interview ainsi qu’une démonstration de son travail plus que méticuleux.

 

 

dmc windsurf

Nom : Manu Depersenaire
Atelier
: DMC
Son site web : dmc-windsurf.com

1. La vidéo de son travail

 

 

2. Le custom et ses paramètres

 

Les paramètres dont il faut tenir compte pour la construction d’une planche sont très nombreux et Interdépendants: le casse-tête est donc bien réel ! Nous vous proposons ici de mettre en évidence quelques éléments, qui, nous en sommes certains, changeront votre regard sur votre planche ou future planche.

Commençons par le volume.

Le volume dépendra essentiellement du niveau du windsurfer, mais également du temps consacré à la pratique (des congés pendant la semaine pour une session ?) ainsi que du type de pratique (freestyle, freeride, vague, …).

En général, le volume d’une planche de vague correspondra au poids du rider + 5L en vagues européennes. Selon les autres aspects comme le niveau, l’état de stress ou les conditions météo, on pourra rajouter +/- 10 L au poids du rider.
Et pour les autres disciplines ?
Une planche de freestyle aura un volume de 40 à 50 L supérieur au poids du rider (elle avoisinera souvent les 100 L).
La planche de freeride / slalom aura un volume de 60 à 70 L supérieur au poids du rider (elle avoisinera souvent les 120 L).

Au niveau de la carène, plusieurs points sont à observer comme le V, le mono concave, le double concave ou encore le scoop et le rocker.

Le V stabilise la planche et diminue sa vitesse. Il permet aussi une plus grande solidité, au niveau de sauts violents par exemple, sa forme à l’atterrissage permet de jeter l’eau sur les côtés.
Le mono concave permet de donner de la vitesse ainsi que de l’appui dans les courbes (retend le scoop/rocker et donc favorise la vitesse et l’accroche).
Le double concave (peut être construit sur un V ou un mono concave) permet + de stabilité (longueur plus grande ==> plus de portance).
Le rocker aidera au surf (plus la vague est creuse, plus on aura besoin de lift).

Le V, le concave ou le lift sont calculés à l’aide d’une latte métallique positionnée latéralement ou longitudinalement sur la planche :

Manu 1 Manu 2

Le scoop nous intéressera lors de conditions de nav en vagues grosses, creuses et cassantes (Réunion, …). En vagues européennes, le scoop reste léger.
Quelques paramètres :
La planche de vague aura un rocker bien présent, du V et double concave sont fréquents.
La planche de freestyle ou la planche de slalom seront tendues.

Le rail … Là il va falloir résumer !!!

Le rail va changer du pied arrière au gréement en passant par le pied avant et le pied de mât. Les différences vont se jouer au niveau taille globale et tangente (+ arrondis ou + affuté).

L’endroit le plus épais sera au niveau de l’emplacement du gréement.
Les différences entre les rails tiendront compte comme d’habitude du rider (poids, type de navigation, type de spot,…).

Comment analyser le rail ? A l’aide d’un peigne…

DSC_2420vi

 

Quelques paramètres :
La planche de vague aura des rails affutés au niveau du tail (pintail) et arrondi au niveau du pied avant.
La planche de freestyle aura des rails arrondis sur tout le long et un tail large.
La planche de slalom aura des rails épais et arrondis.

Intéressons-nous maintenant aux ailerons et boitiers:

Comment placer correctement son aileron ? Quels sont les « repères » de Manu ?

Aileron reculé ==> vitesse et cap
Aileron avancé ==> Manœuvre
Le rapport cap-vitesse-manœuvre ==> le bord d’attaque de l’aileron se placera au début de la rentrée de rail (+/- 30 cm).

Il s’agit bien évidemment d’une belle prise de tête lorsqu’on y ajoute les twinzer, thruster ou quad !!!

Pour l’aileron, il existe deux types de matériaux : le G10 (résine époxy) et le polyester

Polyester ==> plus souple
Ce matériau permet beaucoup de confort et est très intéressant lors de conditions non surtoilées. Dans le cas contraire, il est très instable. L’aileron polyester a une durée de vie limitée, après un certain nombre d’utilisation, il devient excessivement souple et devient difficilement manœuvrable.
G10 ==> Plus rigide
Sa plus grande qualité se situera dans sa longévité et sa précision.

4 types de boitiers existent sur le marché :

      • Power box
      • US box
      • Mini tuttle : pour thruster et kite
      • Tuttle : 2 axes (des ailerons de + 38 cm)

 

Pourquoi utiliser un custom ?
Le custom est une planche faite sur mesure qui est donc entièrement adaptée à vos besoins !

Par contre le nombre d’heures de travail que le shaper doit consacrer uniquement à la construction de votre planche est très important : Manu nous avoue qu’il consacre entre 40 et 60 heures à une planche…

Mais cette planche aura des paramètres (rail, volume, carène, …) personnalisés : type de rider, nav, spot, …
Deux planches à même volume peuvent avoir des comportements complètements différents en fonction de leurs paramètres.

Elle aura, de plus, une solidité incomparable et donc une longévité accrue.

Sans oublier que la planche restera toujours modifiable… (déco, boitier, faible rajout de V de concave au niveau de la carène,…)

Le tout pour le prix de départ d’une planche de série …


Encore merci à Manu qui nous a accueilli à bras ouvert dans son univers de shaper !

 

Vocabulaire :

 

Carène (ou bottom) :
dessous de la planche
Lift :
courbure au niveau du tail
Outline :
forme générale de la planche
Pintail :
tail en pointe
Quad – thruster – twinzer :
4 – 3 – 2 ailerons
Rail :
carre de la planche
Rocker :
courbe générale de la planche
Scoop :
courbure au niveau du nose

 

3. L’interview


 

4. Les photos

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