Être compétitrice en région parisienne

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Photos (sauf mention): Nicolas Peltier

 

Le slalom, la vague et le freestyle ne sont pas des disciplines aussi structurées (quel bel euphémisme) que peuvent l’être les filières de monotypie en planche à voile. Sans parler des freerideurs qui fument du shit sur la plage et trouvent encore le funboard cool, bien que piqués de compétition – comme moi – et qui n’ont jamais connu les régates du samedi dès leurs 10 ans. Avec quelques stages d’été et quelques rares invitations aux stages slalom FFV bien plus tard, est-ce progresser sans être vraiment encadrée ET en habitant parmi les je-tire-la-tronche-h24 en région parisienne ne serait pas… Mishionne impossibeul?

 
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Photo: Surf Medano

 

PARIS, CAPITALE DU WINDSURF?

 

J’ai ouï dire qu’au siècle passé, Moisson Lavacourt jouissait d’une renommée intergalactique. Certes. Il n’empêche que la mer, ça groove plus. Et le gros avantage de se retrouver dans cette région plus connue pour ses bouchons et sa pollution que pour ses conditions, c’est qu’on a accès à une multitude de spots très variés. Lacs (mondialement connus au XXème siècle), plans d’eau fermés, plans d’eau ouverts avec un clapot infâme, plans d’eau entrebaillés avec un courant à dépalmer un canard… Non seulement cela rend polyvalent, mais on y développe également une sorte de 6ème sens pour éviter à l’aveugle toutes sortes de perfides obstacles sous-marins de nature minérale, notamment en Haute Normandie. Les locaux auront certainement tous un flashback en lisant cette phrase.

Si j’habitais encore à Aytré à naviguer toujours sur le même spot, jamais je n’aurais connu les joies du cap dans 5nds de courant ni l’allégresse de découvrir que mon estimation de la profondeur de l’eau était trop optimiste et que Vaseland était un monde bien plus clément que Cateletland. Après avoir pratiqué Wissant par 40nds, j’ai également réalisé que ceux qui trouvaient le Défi dur étaient des chochottes.

Le gros danger de la distance, c’est la carotte. Loin du rivage, les sessions lightwind indispensables pour le slalom sont comme des sirènes qui essaient d’aguicher mes grands ailerons carbone, tout ça pour se retrouver seule avec la croix de Lorraine en train de regarder Courseulles sous la pluie, par vent de SO, avec cette éternelle interrogation du planchiste en tête: “Ça va  monter ou pas?”

 
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Wissant, spot anti-carotte garanti*! (*Seulement si vous avez souscrit à l’option slalom complémentaire)

 

PARTITION SOLO

 

Pour progresser (en solo ou pas), il y a une règle d’or: naviguer, le PLUS possible. Même toute seule, même par 8°, même sous la pluie, même dans le 76, même à Poses à l’interface des feuilles mortes et des algues. Comme Tonton Schwarzy, l’idole de notre fratrie disait: “Everything is reps and mileage”. (C’est forgeant qu’on fait des chaudrons, pour les non anglophones).

 
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L’idéal reste de naviguer à plusieurs bien évidemment, c’est plus pratique pour appeler la SNSM et pour se refaire la casse de pied de mât en baie d’Authie sur le trajet retour. Accessoirement, ça coûte n fois moins cher, avec n ∈ ℕ* et compris entre 1 et 10, selon le véhicule et l’âge du capitaine. C’est possible grâce au KIFF, notre forum de covoiturage régional. La Manche n’a pas son St Colomban national ni sa rade de Brest et il est important de trouver des partenaires de titillage pour me pousser au maximum. Comme tous les enfants avec des facilités, cette facilité est très souvent accompagnée d’une indécrottable flemmardise.

Malheureusement, les sessions sous la neige en février ont peu d’adeptes. C’est bien le seul avantage d’avoir des troubles du comportement alimentaire (= trop bouffer trop souvent), c’est d’avoir un corps qui se transforme en centrale thermique.

Il m’arrive souvent de naviguer, soit avec les quelques winsdurfeurs du coin, soit en seule compagnie de la faune locale, et il va falloir trouver de quoi composer pendant une session en solo.

 

1er jeu: le GPS

Le KIFF organise un GPS challenge sur l’année où les kiffeurs pourvus d’un GPS et d’un amour propre sensible sont classés en fonction de différents critères: vmax, vmini jibe, 500m… Un bon prétexte en soi pour me sortir les tripes rien que pour faire rager celui qui va perdre une place au classement, mais pas son amour-propre, parce que nous les freerideurs, on s’en fout tant qu’on plane et qu’il reste du shit dans la boite à gant (et du vent pour le week-end).

Le GPS est également un outil qui vaut ce qu’il vaut pour comparer des vitesses en changeant d’ailerons par exemple. Ça reste subjectif puisque les trajectoires, les rafales etc… ne seront jamais identiques mais on peut voir des différences entre un aileron carbone et G10, ça peut compléter le feeling, qui lui, est carrément subjectif sur la sensation de vitesse. Comme par exemple avec ma vieille Isonic qui donnait l’impression d’être un soc de charrue qui labourait le plan d’eau, ben ça avançait quand même, curieusement. Je dois avoir le même style gracieux de son développeur d’alors, le pilier droit Antoine Albeau.

 
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Photo: Thomas Seguin

 

2eme jeu: les réglages

Youpi. Ma partie préférée. Bon, là ça marche aux sensations et mieux vaut ne pas attendre qu’il fasse 9° pour commencer à régler ses lattes sur la plage, sauf si je tiens à perdre toute sensation digitale. Et quand tu reçois tes voiles en hiver, t’es niqué! Pour les lattes et les spacers, je le fais de préférence à la maison et de façon à obtenir une rotation des cambers facile et homogène, comme les hélices du Thermomix de la cuisine qui contemplait dubitativement mon entreprise. Pour les tensions d’amure et d’écoute, ça se passe aux sensations sur l’eau pour essayer de trouver le meilleur compromis puissance/tenue pour un réglage médian qui passe partout, une fois la flemme terrassée. Ça n’arrive pas souvent. Pour les tests de mâts, j’y suis presque, je commence à comparer rdm et sdm ^^
L’idéal reste d’avoir quelqu’un sous la main pour faire des match tests et échanger le matos pour comparer les ressentis. Je penserai à dresser un phoque pour l’occasion.

 
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Oh c’est une idée comme ça hein. Les bernards-l’hermites me semblaient plus limités

 

3ème jeu: les jibes et diverses manoeuvres

Ça, je pourrais passer ma vie à les bosser. Pour travailler les jibes toute seule, l’idéal est d’aller sur un spot avec deux bouées bien situées par rapport au vent. Autant dire qu’à part sur un énorme coup de pot à Collignon avec des bouées de casiers bien alignées, c’est rare. À moins de tomber sur un pêcheur qui s’est rendu compte que les homards préféraient se faire prendre en carré plutôt qu’en Grande Ourse. Il est possible d’en faire des maisons, dès que j’ai appris je vous donnerai la recette Thermomix.

Pendant 2h à faire des “huit” sur l’eau, j’arrive facilement à identifier mon côté boiteux et je peux insister dessus un certain temps, en décomposant le mouvement, en finissant en fausse panne, en exagérant les positions jusqu’à tomber. Ou jusqu’à mourir d’ennui et de solitude. C’est ça qui forge le mental, résister à la tentation de se demander ce qu’on fout là à tourner autours des pingouins de la rade.

On peut faire pareil avec les virements, etc… Les amusements n’ont de limite que la fatigue!

 
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Le bon côté ^^

 

L’ART DE L’AUTOANALYSE

 

Les reps, c’est la base – une deuxième citation de ce grand homme pour la route: “there are no shortcuts – everything is reps, reps, reps” (pour faire des chaudrons il faut chaudronner, chaudronner, chaudronner), mais parfois un regard extérieur peut vous faire gagner un certain temps (là encore, bel euphémisme).

Étant une énorme quiche en autoanalyse, j’ai besoin d’un support photo ou vidéo pour arriver à identifier mes boulettes récurrentes. Pour la vidéo, la gopro peut donner des angles intéressants pour les jumps, mais j’ai plus de mal à l’exploiter en slalom. Pour Noël vous pouvez demander le soloshot. L’antivol n’étant en revanche pas fourni, c’est là où vous pouvez demander un coup de main aux bernard-l’hermites pour surveiller.

Vidéo Facebook – Backloop Grandcamp
 

LA PREUVE PAR L’IMAGE

 

Quand c’est possible, je n’hésite plus à demander au photographe du coin à venir shooter, quand les potes ne répondent pas présent derrière l’appareil à se geler les miches. On les comprend. “Ah ouais mais faut payer schnirfl”. Oui, petit morveux, il faut payer. Mais tu en retireras d’innombrables avantages. Déjà, ton copain/ta copine ne te quittera pas en pleurant pour toutes les heures en plein vent que tu lui as fait subir. Ensuite, tu repartiras avec des photos de pro en HD et pas en qualité dégueu copié/collé de facebook que tes sponsors seront heureux de te pomper, voire même de te payer si tu sais vendre. Et finalement, tu verras tous tes défauts en pleine lumière.

Le fait de payer un photographe qui ne va prendre que moi ou presque est également très stimulant pour me lancer sur des moves qui font peur, type forward, ou encore essayer d’engager les jibes le plus possible. Ça n’est pas une excuse pour devenir l’infâme taxeuse dangereuse du spot, mais c’est trèèèèèèèèèès tentant! (déso pour cet été les gars).

 
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Une belle illustration de backloop raté, pas assez bordé en montée!

 

SUPPORT INTERNET/MEDIA

 

Si vraiment je bloque sur une manoeuvre en particulier (dont j’ai une séquence photo ou vidéo, remember), j’essaie de solliciter le plus de gens possible pour avoir plusieurs clés, sur la plage comme sur les forums. Autant en vague les réponses sont fiables un peu partout sur le net (le kiff, u-ride, directwind), autant en slalom sur les questions de réglage de matériel notamment, ça peut parfois virer au pugilat entre les adeptes du ponçage d’aileron et les fanatiques de l’huile d’olive ou autre solution qui marchait très bien dans les années 80. Ce n’est pas que ça passionne fondamentalement les tréfonds de mon intellect, hein, mais à un certain niveau, il devient indispensable de s’y pencher. À utiliser en sachant trier le bon grain de l’ivraie, et j’avoue qu’en slalom notamment sur les questions techniques, je n’en suis pas toujours capable.

Sur internet, on trouve également un bon nombre de vidéos pédagogiques avec pas mal d’approches différentes, comme les vidéos de Guy Cribb dont j’avoue toute honteuse avoir téléchargé le DVD quand j’étais encore une jeune paumée dans sa quête du jibe, de TWS et tant d’autres qui apportent un éclairage complémentaire.

 

Après, comme certainement beaucoup de gens, le maxibestofplus reste le retour immédiat sur l’eau d’un coach sachant fouetter ses stagiaires de manière à ce qu’ils donnent le meilleur d’eux-mêmes.

 

LE SUPPORT CLUB

 

Ça reste quand même ce qui se fait de mieux! Il faudrait que je trouve un club pas trop loin de Paris pour rejoindre des entraînements dans un niveau équivalent. Retour sur l’eau, castagne aux bouées avec de jeunes kamikazes sans foi ni loi qui ne paient pas leur planche, conseils tactiques et techniques… L’année dernière le club de Ouistreham m’avait donné cette possibilité, mais handicapée par mon sens de l’organisation légendaire, je n’avais pas été très assidue. Encore moins si on soustrait les dimanches de vague et les carottes normandes.

Autrement j’essaie de régater un maximum entre le Nord et la Bretagne qui a un calendrier très fourni, moins étoffé en 2017 avec le départ d’Aurélien le Métayer, entraîneur de la ligue Bretagne qui avait développé un championnat de slalom régional bien rôdé. Je ne lui pardonnerais jamais de ne pas remplacer notre DTN actuel, la planche serait peut-être redevenue mondialement connue à Moisson et bien d’autres spots. Aurélien, t’es pas gentil, mais on n’ira pas te chercher à Tahiti, parce qu’on est sympas.

Les régates sont l’occasion de travailler les départs (ça aussi l’épopée d’une vie) et d’apprendre à gérer une flotte avec une tête de course solide et parfois même des invités surprise comme un Julien Quentel passant par là, en mode “tiens il y a de la lumière je m’invite”.

 
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Championnat de Bretagne de slalom – en pleine mêlée, St Malo – Photo: Manon Lefevbre

 

Outre les régates et les entraînements, ce que m’a apporté mon club Voiles de Seine Boulogne Billancourt, qui diffère fortement des clubs classiques sur ce point, est un certain cadre à mon projet sportif. En plus de ce cadre, j’ai pu bénéficier de leur relationnel pour trouver une bonne salle à l’ACBB muscu wellness de Boulogne. Hé oui, quand on vieillit, naviguer ne suffit plus! Ce qu’il me manque encore, c’est un vrai programme et un suivi régulier avec un préparateur sportif, car pour l’instant c’est assez approximatif. Même si je peux sûrement pondre un article dessus la prochaine fois, chiche.

 

SUPPORT VIP

 

Cette année, j’ai pu disposer d’un peu de budget et ainsi envisager autre chose que de naviguer avec les phoques et l’onglée cet hiver. Certes, sortir par moins de 9°C fait de nous des warriors, mais je dois avouer qu’avec des mains à 30% opérationnelles et un petit corps vite engourdi à la moindre pause, c’est moins efficace et la prise de risque coûte plus cher en dépense énergétique. Pour faire les choses bien, il faut des clinics et des stages spécialisés. Pour les stages, soit vous êtes sur du bon côté de la liste de votre DTN à la FFV (en général soit top 3 du Championnat de France, soit – de 20 ans avec un physique avantageux), soit comme moi,  vous avez commencé tard et vous devez vous démerder pour vous faire inviter aux stages régionaux par les entraîneurs parce que vous n’avez jamais reçu les dates desdits stages par voie officielle malgré vos nombreux mails. Autre solution l’hiver pour les nantis, aller passer un mois à Ténérife à bouffer du départ grâce au centre TWS et vous payer en prime une clinic en vague 🙂

 
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Photo: Surf Medano

 

A la fin de cet article, vous devez dire “mmmh voilà une semi-professionnelle avec un entraînement bien amateur” et vous avez bien raison!

Ma situation parisienne est pleine de défauts, comme vous avez pu vous en rendre compte et je gagnerais certainement à déménager à Rennes ou Lille pour me rapprocher un peu des spots. À la fatigue des déplacements, à leur prix, au temps requis, aux galères de durites qui se débranchent, aux nav’ en solitaire, j’oppose les richesse des rencontres que j’y ai faites (c’est pas tous les jours qu’on fait du covoit avec des banquiers, des profs de sport, des cuisiniers, des kinés et des créateurs d’effets spéciaux tous dans la même voiture), la variété inégalée des conditions et des spots (de la pluie ET du soleil), beaucoup d’occasions de régater – beaucoup plus que dans certaines régions – … Et autant de sessions que lorsque j’étais étudiante à la Rochelle! Dans les deux situations, aller naviguer demandait de la combativité, vélo et remorque versus 3h de route mais la passion arrive pour l’instant à frayer son chemin. À partir d’un certain niveau, elle ne suffit plus et il faut savoir s’entourer suffisamment pour donner une direction à son projet et ainsi préserver à la fois son physique et sa motivation de l’épuisement causé par une mauvaise gestion. J’en suis à ce moment charnière où, soit on se professionnalise parce qu’on en a les ressources, soit on arrête après s’être échiné à faire au-delà de ses moyens.

En attendant le dénouement de l’histoire, une petite conclusion: quand on manque de moyens, il n’y a pas de solution idéale, mais beaucoup de façons de s’accommoder de sa situation, tant que le plaisir dépasse la contrainte. Et vive les chaudrons!

 
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Photo: Surf Medano

 

Et n’oubliez pas de naviguer 😉 Reps make perfect!!!

 

Voyager avec son matériel de windsurf : les 10 trucs à savoir

voyage-windsurf

 

boardbag - windsurf - voyage

Retour de Corée, photo : Enes Yilmazer

 

Tout d’abord, vous devriez regarder s’il n’est pas plus simple et moins cher de louer du matériel. Certains centres offrent du matos de dernière génération dans toutes les disciplines possibles. Néanmoins, si vous voulez absolument prendre votre matériel, vous devriez lire la suite.

 

1. Prendre le billet d’avion le moins cher n’est pas forcément idéal, car les frais de bag varient d’une compagnie à l’autre et cela influence totalement le prix final. Dans l’ensemble, un prix inférieur à 100 USD par bag est considéré comme un bon prix. Il faut également tenir compte du poids et des dimensions limites. Certaines compagnies n’acceptent même pas les planches.

 

2. Il vous faut de bons Les employés de l’aéroport ne sont pas réputés pour leur délicatesse et brisent souvent, trop souvent du matos ! Un bag plus lourd prendra en général moins d’équipement (sur une base de 32 kg max), mais sera plus sécuritaire car mieux protégé. N’hésitez pas à rajouter des vêtements et des protections en tout genre pour protéger votre planche.

 

Petit Tips : pensez à enlever vos straps pour faire paraître le bag plus petit et ne pas les abîmer.

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Pas toujours évident de préparer et peser le matos dans un petit appartement.

 

3. Apprenez à négocier et ne lâchez pas le morceau, sinon vous payerez deux à trois fois le prix normal. Renseignez-vous sur les sites web et montrez-leur la preuve. Pour être sûr que les petits avions puissent prendre vos bags, appelez avant de partir pour les prévenir que vous aurez du matériel. Si vous voulez enregistrer d’avance, il y a 9 chances sur 10 qu’ils refusent (ou chargent plus) et le notent sur votre dossier et donc visible par les agents à l’enregistrement. Néanmoins, si vous êtes seul dans l’avion avec du matériel, il n’y a aucun problème à avoir 2-3 bags.

 

4. Le visu joue beaucoup, donc ayez des bags propres et montrez que vous vous y connaissez. Faites paraître les sacs le plus léger possible.

 

5. Voyager avec du matos demande un effort physique et mental, car on vous fera courir partout dans l’aéroport (Orly Sud deux aller retours, c’est pas fun) avec vos sacs super lourds et qu’on risque de vous faire ouvrir, décrire tout et devoir négocier longtemps, etc… N’hésitez pas à vous mettre à l’aise. Un costume ne serait probablement pas une bonne idée.

 

Tips 2 : certaines compagnies autorisent jusqu’à 3 bagages de 32 kg en Business Class. Faites donc le calcul, car c’est souvent plus rentable et agréable 😉

 

6. Ne soyez pas étonné si vos bags sont en retard, cela fait partie du package. Évitez donc de changer de vols avec des compagnies différentes et un délai trop Si c’est la même compagnie, les bags suivront jusqu’au bout sans soucis.

 

7. À la réception des bags, pensez à checker vite fait s’il n’y a pas de casse, car une fois l’aéroport quitté, vous ne pourrez plus vous plaindre d’avoir une planche détruite.

 

8. Prévoyez suffisamment de temps (plus ou moins 3h avant le décollage selon la destination ou l’heure), le budget au cas où ils vous abusent et même après 30 min de négociation, vous devez payer plus (Haha! mon amie carte de crédit !) sinon vous restez à terre. Vous pourrez toujours déposer une plainte et demander remboursement en montrant les preuves. Toutefois, cela peut prendre du temps et ils ont généralement raison.

 

9. Demandez conseils à des pros voyageant avec parfois 5-6 bags, car ils ont l’expérience et sauront vous aider.

 

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Ne prendre que le nécessaire : photo : boardseekermag

 

10. Pour finir, comment préparer son bag ? je pourrais faire un article entier à ce sujet, mais le sujet a déjà été traité plusieurs fois sur le net… alors en gros, essayez de rouler vos voiles ensemble (du genre 4,6 et 4,8 ensemble) pour protéger les lattes et faux plis, placez vos mats entre les voiles. Personnellement, mes wishs sont au-dessus de mes planches avec du papier bulle sur les parties dures. J’utilise mes straps, harnais et autres pour protéger un peu partout. Je mets mes combinaisons au fond du bag pour que ça amortisse un peu plus la planche. Mes ailerons de slaloms sont généralement roulés dans mes vêtements de ma propre valise ou dans mon petit sac Unifiber couvrant bien les différentes petites pièces.

 

Tips 3 : S’ils sont un peu hésitants sur vos bags et que vous partez en compétition, demandez à l’organisation de vous donner un document officiel prouvant votre participation et n’hésitez pas à jouer le grand jeu en disant que la course est vitale pour votre saison, que tout peut se jouer là, etc…

 

Voilà les 10 points les plus marquants selon moi pour voyager avec son matériel de planche. À chaque nouveau voyage, on en apprend un peu plus pour passer facilement son matériel, on en voit des vertes et des pas mures mais on prend également beaucoup de plaisir à utiliser son propre matos ! C’est comme sa brosse à dents, après tout, ça ne se prête pas ! Tous ces conseils retracent diverses expériences que j’ai eues et que je ne vous souhaite pas, mais en espérant que cela vous servira.

 

Les priorités sur le plan d’eau

 

Les priorités sont souvent mal connues par les windsurfers et les kitesurfers.

Afin d’éviter les conflits entre les chasseurs de tempêtes, un petit cours me semble utile.

Nous commençons par nous demander :

 

Que signifie tribord amure et bâbord amure ?

 

Tribord amure = signifie que l’embarcation reçoit le vent par tribord (droite quand ont regarde vers l’avant) et que les amures (appellation donnée aux gréements) sont à bâbord, sur la gauche.

Donc pour les kites et les windsurfers, le pied avant est le pied droit (donc, en goofy, si on compare avec le snow, le surf et le skate).

 

Quelle amure est prioritaire entre deux embarcations identiques
allant en sens inverse ?

 

Tribord amure est *privilégié* (pas “prioritaire”) mais c’est une nuance de relativement peu d’importance, c’est juste que si la personne qui vient en face de vous est très loin et que vous avez tout le temps, vous pouvez quand même passer.

Priorités voiles

 

Quelle amure est prioritaire entre deux embarcations identiques
allant dans le même sens ?

 

Celui sous le vent est prioritaire car il aura un instant de dévente.
Pour dépasser, on se place d’ailleurs généralement sous le vent pour ne pas gêner l’embarcation qu’on dépasse. En kite, celui au vent va en plus monter son aile tandis que celui sous le vent va devoir la baisser.

Au et sous le vent

 

Ces règles sont-elles toujours d’application même si les
embarcations sont différentes ? par exemple entre une planche et un bateau à
moteur ?

 

L’embarcation à voile est PRESQUE toujours prioritaire sur une embarcation à moteur,
car en théorie, il est plus facile d’être maître de sa trajectoire avec un
moteur (c’est de la théorie, je ne pense pas qu’un super-tanker soit très
manœuvrant).

PRESQUE = Il y a des situations dans lesquelles un navire à propulsion mécanique est privilégié sur le navire à voile.

Exemples : un navire handicapé par son tirant d’eau, un navire à capacité de manœuvre restreinte, un navire en opération de pêche. Il est nécessaire de bien connaître les règles et de les appliquer au maximum pour éviter les confusions (le navire privilégié a une obligation, celle de maintenir sa route et sa vitesse, pour ne pas contrarier la manœuvre anti-collision de l’autre).
Il faut néanmoins aussi appliquer un peu de bon sens et de courtoisie et éviter de se gêner quand c’est facile…

 

Qui est prioritaire dans une zone de déferlement ?

(et non pas dans la houle)

 

Le rider qui surfe une vague a la priorité sur celui qui veut sauter ou va dans la direction opposée.

En surfant une vague, on perd de la maniabilité dans la voile, ce qui laisse beaucoup moins de possibilité de manœuvre. Cependant, la règle du rider qui part de la plage s’applique lorsque les vagues sont proches du bord (shore break ou mousses) : dans ce cas, par courtoisie, celui qui surfe devra laisser la place à celui qui va vers le large.

surf windsurf

Après, pour le même sens dans la vague, les règles actuelles stipulent qu’il ne faut qu’un seul rider par vague.
Le premier rider à être en action sur une vague est prioritaire pour toute la durée de son surf : soit parce qu’il part le plus au vent, soit parce qu’il était dans la vague avant les autres.

surf priorités

En cas de risque de collision, le surfeur prioritaire doit tenter de faire le maximum pour l’éviter.

Ensuite, pour les differents supports, le surfer est prioritaires aux windsurfers et aux kitesurfers qui sont eux aussi prioritaire aux jet-ski

Il vaut mieux respecter ces règles de priorités, car il existe sur tous les spots des riders énervés capables d’en venir aux mains pour une vague malencontreusement taxée ou une règle non respectée.

 

Les KITESURFERS

 

kitesurf regles

Quel move devrais-tu choisir pour être au top ?

windsurf - jump

 

windsurf - jump

 

C’est une question très difficile à répondre. Ce qui est certain, c’est que si tu ne vas pas haut dans les sauts ou que tu ne fais pas ce que la vague te dit de faire, tu as peu de chance d’arriver dans les meilleurs.

La discipline du waveriding est très difficile, car pour chaque événement, il y a seulement une seule double élimination (article sur la compétition en vague de Louis-Marie Badou).
qui peut être faite en une journée ! Ok, cela veut dire que tu as deux chances de gravir les échelons, mais cela peut arriver ce même jour. Et si c’est un mauvais jour?

Le format peut changer, mais c’est presque toujours un saut et deux surfs. C’est comme en freestyle, ils peuvent ajouter un autre saut à partir du quart de finale. Lorsque les vagues sont vraiment petites, ils peuvent changer en 2 sauts et 1 surf. Et s’il y a vraiment peu de vent mais de grosses vagues, ils peuvent faire juste 2 surfs. Dans certaines conditions, cela peut se résumer à 2 sauts et 2 surfs pour tout l’événement.

Il n’y a pas de limites sur la quantité de sauts ou surfs que tu peux accomplir, mais il est plus sage de faire le bon choix !

 

Sauts

 

saut - windsurf
On va tout d’abord parler des sauts, car c’est toujours bien d’en avoir 2 dans les 2 premiers runs. Ils ne doivent pas forcément être super scorés, mais si tu ne remplis pas le quota, tu perds d’office le heat.

 

Double Forward Loop

C’est le saut que tu dois savoir faire pour être parmi le top 5, ainsi tu cherches toujours la bonne rampe.
Double-Forward | Philip Koster
Stalled-Double-Forward | Marcilio Browne
Stalled-Double-Forward | Ricardo Campello
Stalled-Double-Forward | Philip Koster

Le suivant est énorme, est-ce du waveriding ou du saut?
Double-Forward-ofthelip | Philippe Koster

 

Back Loop

 

windsurf - backloop

 

Backloop | Alessio Stillrich

Là, il s’agit encore d’un saut bien scoré qui est assez facile à faire, mais il faut juste être sûr d’être haut.
Après, on peut faire des variantes.

Backloop-onefoot | Alex Mussolini
Backloop-onehand | Graham Ezzy
Backloop-onefoot-onehand | Victor Fernandez
Crazy-Pete | Victor Fernandez

Là aussi, on les trouve sur la vague :

Backloop-ofthelip | Philip Koster

 

Forward

 

windsurf - forward

 

Ici, il ne s’agit pas d’un saut avec un gros score, donc il faut juste s’assurer d’être à fond au planning:

Planing-Forward | Moritz Mauch

ou haut et contrôlé:

Stalled-Forward | Ricardo Campello

 

Push loop

 

Ceci est un autre style de saut :

Pushloop-Tweaked | Victor Fernandez
Pushloop-Tweaked | Alessio Stillrich

Puis il y a les combinaisons:

Pushloop-Forward | Ricardo Campello
Pushloop-Forward | Robby Swift

Et quelques autres sauts :

Tabletop-onhand | Victor Fernadez
Tabletop-Forward | Daida Moreno
Cheeseroll-Backloop | Philip Koster

 

Wave riding

 

windsurf - wave riding

 

Il y a beaucoup de styles, venant pas seulement des différents riders, mais aussi des différents types de vagues et conditions de vent.
Gran Canaria et Tenerife, side-on avec tendance à être plus petit:

Side-On | Ricardo Campello
Side-On | Philipp Koster
Side-On | Moritz Mauch

Klitmoler et Sylt ont tendance à avoir de plus grosses vagues et moins ordonné:

On-Shore | Ricardo Campello

Maui, down the line:

Down-the-Line | Levi Siver
Down-the-Line | Kauli Seadi
Down-the-Line | Graham Ezzy

 

 

windsurf - wave riding

Regardons ces quelques moves supplémentaires…

 

Backside 360

 

Cela peut être réalisé sur la face de la vague, avec un clapot sur la face ou comme un aérial:

Backside-360 | Graham Ezzy
Backside-360 | Alex Mussolini
Backside-360 | Victor Fernandez
Backside-360 | Victor Fernandez

Reverse, Campello, wave Grubby:

Reverse | Philip Koster
Reverse | Ricardo Campello

C’est un très beau move qui permet de ralentir et « stay in the pocket ».

 

Backside Aerial

 

Backside-Air | Jules Denel

 

Frontside Wave 360

 

Frontside-Wave-360 | Alex Mussolini
Frontside-Wave-360 | Antoine Martin

 

Taka

 

windsurf - taka

 

Taka | Alex Mussolini
Taka-onehand | Graham Ezzy
Air-Taka | Leon Jamaer

 

Goiter

 

Goiter | Ricardo Campello
Goiter | John Skye
Goiter | Moritz Mauch
Goiter-onehand | Philip Koster
Goiter-onehand | Graham Ezzy

Perso, j’aime l’introduction aux moves de freestyle dans les vagues, surtout quand les conditions sont petites et qu’il faut travailler beaucoup lorsque la vague a cassé.

 

Pasko

 

windsurf - pasko
Maintenant, j’espère qu’ils vont commencer à mettre des points sur les sauts qui ont des rotations multiples, comme ils le font en freestyle, puisqu’ils ont besoin d’une vague pour que ce soit spectaculaire.

 

Shifty

 

windsurf - shifty

 

Lire l’article : Freestyle moves to win a competition ! (anglais)

Rider = bandit ??

 

windsurf-autorisations
d’après une illustration de Mickaël Gas, Code 300M

 

Tu es français ou étranger, et tu viens rider sur les spots du littoral français : connais-tu la #réglementation en vigueur ?
Le windsurf au planing : c’est interdit ? c’est dangereux ?
Serais-tu un hors-la-loi ?
Petite mise à l’eau et au clair….
 

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« Il est tard et demain, WindGuru annonce un max de vent !
Prévu : une big session sur le #spot avec les copains !
On va péter le chrono et envoyer des tricks de ouf !

« Je m’endors. Et là, premier cauchemar :
Arrivés sur la #plage avec tous les potes, c’est super flat, top du top ! Le double-air-kabikucho va passer aujourd’hui c’est sûr !

Image2
Photo Fournier / Rider : Nascimo Fournier / PicArt libre

Mais à peine la 4m gréée, un wagon de gendarmes arrive avec leurs nouveaux radars…
Obligé de nav’ à 5 nœuds…
P****, comment voulez-vous qu’on s’entraîne correctement pour le prochain WindMeet #Freestyle ?
Et, c’est pas non plus aujourd’hui que TonioJr va pouvoir craquer le record des kiteux.
« Tant pis, on check RobbyKid : ça rentre bien en #vagues de l’autre côté, ça déroule propre, de quoi faire de beaux bottoms. On remballe. On change de spot. On se met à l’eau.

« Mais à peine quelques mousses passées , débarquent les gardes-côtes qui nous refoulent au-delà des 300 mètres. Et là-bas, c’est plus très marrant…
P****, encore foutu, pas moyen non plus de se taper de bons gros #surfs ! »
 
« Je me réveille. Situation irréelle ?
Oui, car heureusement, tolérance ! »
 
Mais, en fait, au regard de la #loi française actuelle : dans la zone côtière des 300 mètres, il faut évoluer avec prudence, et ne pas dépasser les 5 noeuds. (source : http://www.developpement-durable.gouv.fr/Planche-a-voile-et-planche.html) Des variantes similaires existent dans d’autres pays (exemple, 10 nœuds et 500 mètres en Grande-Bretagne).
Du coup, en #windsurf, en #kite : on est tous hors-la-loi… (enfin, dès qu’on est accro au #planing…). Mais on est aussi tous responsable ! Et on sait se comporter correctement sur le spot au milieu des baigneurs.
Certaines communes prévoient des espaces spécifiques, des zones balisées, des chenaux pour démarrer. Les associations locales agissent et informent les maires pour faire valoir les particularités de la #glisse sur leurs spots. Merci à elles.

« Je me rendors. Deuxième cauchemar :
Prévu : cette fois-ci, on part à l’autre bout, où jamais les keufs débarquent ! On sera tranquille !
« Arrivés sur le spot, c’est ok pour une #session #freeride sympatoche.

nascimo fournier
Photo Fournier / Rideuse : Salomé Fournier / PicArt libres

Mais, à peine quelques bords tirés, tous les glisseurs débarquent, spot saturé.

Et cinq minutes plus tard, un P**** de kite me grille la priorité, obligé d’éviter la collision, et en me retournant je me tape un P**** de #paddle…
M****, la #board est toute cassée ! »

 
« Je me réveille. Situation irréelle ?
Oui, car heureusement encore, tolérance! »
 
Mais, au regard des pratiques qu’on rencontre souvent sur les spots, on s’entend s’interroger sur les règles de navigation, on constate parfois de l’irrespect, de l’incompréhension…
Tribord privilégié, dit monsieur RIPAM (Règlement International pour Prévenir des Abordages en Mer)… Priorité au plus proche du peak, dit monsieur Surfeur… En fait, il y a une multitude de règles, une multitude d’usages… Différentes fédérations… Différentes recommandations… Différents points de vue…
Malgré tout, les accidents restent rares, grâce à la vigilance et à l’intelligence de chacun. D’ailleurs : « Tout faire pour éviter le contact » est le premier principe du RIPAM.

« Je finis ma nuit. Un rêve cette fois-ci :
Ma Mer me dit :
« Chacun a le droit d’être avec sa Mer : la petite bêbête, la fleur, l’homme windsurfeur, l’homme glisseur, le baigneur. »

« Je me réveille. Situation réelle ?
Oui, il existerait une solution : le Code 300M ! »

code 300M
Illustation Mickaël Gas, Code 300M

C’est une réflexion en cours d’un pote à ta Mer :
Mike propose qu’on s’interroge sur nos pratiques par l’intermédiaire d’un petit sondage sur FB :
alors foncez vous tester !
Et il a commencé un gros travail pour établir une proposition : un principe de bonnes conduites afin de conserver l’entente et la sécurité des pratiquants multi-glisse, une sorte de code commun qui servirait de base à tous les riders…
(groupe de discussion FB « Code 300M »)
 

Moi j’adhère :
histoire de s’impliquer dans la promotion de notre sport, de pérenniser l’esprit du glisseur, et de défendre la liberté, et la responsabilité de naviguer en harmonie dans des conditions en accord avec ma #mer et ses enfants, la tienne et les siens, etc.
Et toi ?
 

(Merci à Mickaël GAS pour son aide et son engagement.)
 

Sauvons nos spots !

 
 

Photo-01---Wind-Valley
 

Contexte

Les plages autour de Leucate, de Port-la-Nouvelle à Gruissan, dans le sud de la France ne seront plus accessibles en véhicule à partir de 2016…
Et c’est bien ??
Ben pas trop pour le windsurf ! Faire des kilomètres à pied, le matos à bouts de bras, en luttant contre la tramontane : ce n’est pas cool ! Et pour tous les autres riders, qu’ils soient plutôt kite, plutôt sup, ou plutôt parasol… ce n’est pas mieux !

 

Spots mythiques !

La Wind Valley privée de ses spots ??
La région se vante de plus de 300 jours de vent par an !
Quand on parle de Gruissan, on parle aussi du DéfiWind, de Pascal Maka, d’Estelle Barre,…

Photo-02---DéfiWind

Quand on parle de La Franqui, on parle aussi du Mondial du Vent, de Julien Taboulet Wesh, de sessions de renverse formidables, … On parle vitesse, speed, records !

Photo-03---Freestyle

Quand on parle de Port-La-Nouvelle (PLN), on parle de la relève du slalom avec Pierre et Marion Mortefon, on parle de spot freestyle, de Nicolas Akgazciyan, des jeunes Bastien Escofet et Sam Estève. Et même, ce serait “THE” spot européen ? A voir tous les champions européens qui passent par là (de Steven van Broeckoven à Balz Muller) , c’en est sûrement pas loin !
On parle aussi de tous les autres, on parle aussi de “moi” qui viens souvent en vacances faire un petit jibe dans le coin !

 

Triste nouvelle !

Les lois littorales européennes et le souci de l’écologie et de sauvegarde de notre patrimoine naturel, notamment celui de nos côtes maritimes, revendiquent des zones protégées. Ce qui est normal : ces idées ne vont pas contre notre passion : pratiquer le windsurf au milieu de sacs plastiques (spots directement exposés au Meltem sur les îles grecques) ou au milieu des fumées rejetées par des centrales pétrolières (Carro, Les Rénaïres) n’est pas forcément ce que l’on préfère !

Alors les planchistes de PLN sont-ils anti-écolo ? A priori, le problème n’est pas là : sous des discours d’apparences écologiques, les élus voudraient interdire l’accès aux plages, alors qu’ils autoriseraient des agrandissements du port et des terminaux pétroliers de Port-la-Nouvelle sur ces mêmes espaces. Et c’est cela qui semble contradictoire !
 

La page communautaire FB “Touche pas à ma mer” va dans ce sens :

Je suis Mike : marin, plongeur, windsurfeur… Ma “mer” a toujours été là pour moi quand j’avais besoin de me ressourcer, de me sentir vivre tout simplement… Je viens juste de créer cette page parce que je n’accepterai pas qu’on réduise ma liberté d’accès à la mer une fois de plus.
Contre le projet de non-circulation sur les plages ? “Ce projet ne se justifie pas tant que ça écologiquement parlant, si l’on respecte les bandes de roulement utilisées jusqu’à présent. Et nous faire culpabiliser sur notre impact écologique, alors qu’ils vont agrandir le port pétrolier de PLN en pleine zone naturelle… C’est juste énorme, alors que l’alternative pensée par l’association PLN-Windsurf semble être un compromis intéressant.
Un message ? “La mer doit rester et restera un espace de liberté, son accès via les plages du littoral en véhicule est gérable écologiquement parlant. Par contre, détruire une partie de la réserve naturelle au profit d’une exploitation pétrolière est impensable pour moi. “Touche pas à ma mer” avec son jeu de mot peut rassembler… Réunir et agir par la suite. Cette page pourrait permettre de rassembler les sachets de thé (kites) avec les os de seiche (planches à voile), les pêcheurs avec les baigneurs, les chars à voile, etc. L’intérêt commun prime : garder l’accès libre de façon raisonnée et raisonnable.

 

Photo-04---MikeAnnie
 

Cela fait un moment qu’on entend parler de fermeture de ces plages… La loi française relative à l’aménagement et à la protection du littoral date de 1986…
Mais là, ça à l’air sérieux ! Le dernier article paru dans le journal “L’indépendant” de la région Languedoc-Roussillon parle de 2016…
 

N’existerait-il pas des compromis ? C’est ce que propose l’Association PLN-Windsurf et son président L. Bady :

L’association PLN Windsurf a été créée en 2005, car à l’époque déjà, les premières rumeurs courraient concernant l’interdiction de rouler sur les plages. La première manifestation date de 2009 où nous nous sommes retrouvés environ 300 devant la mairie de PLN où se déroulait la première réunion (élus, parc naturel régional, état… ) visant à réduire notre liberté de pratique.
Les plages de Gruissan à La Franqui (18 km de côte) ont une configuration quasi unique en France, aucune route ou chemin ne les longent.
Il n’y a que très peu d’accès perpendiculaires au rivage et les plages sont très larges (au moins 400 m). Si demain, on nous interdit de circuler et stationner sur les plages, c’est la fermeture des spots. Impossible de transporter son matériel avec un vent très régulièrement supérieur à 35 nœuds, vent offshore, donc en cas d’incident, il faut pouvoir rapidement prévenir les secours, sécurité du matériel , on ne peut pas laisser cinq à dix mille euros de matériel dans une voiture ou une remorque à 1 km de la plage sans surveillance.
Nous proposons donc une bande de roulement à environ 200 m du rivage où nous pourrions nous garer en épis. L’alibi écologique n’a aucun fondement chez nous, puisque sur nos plages ne présentent aucune faune ou flore, les coups de mer d’hiver remodelant tous les ans la plage. Il n’y a également aucun espace dunaire comme on peut en trouver vers Montpellier.
Nous souhaitons donc que tous les élus à tous les étages prennent conscience de l’importance touristique et économique des sports de glisse dans un des département le plus pauvre de France où le vent doit devenir un atout et nous aménager de façon durable dans le respect de l’environnement, un nombre suffisant de spots, afin que nous puissions continuer à assouvir notre passion en toute sécurité.

 

Photo-05---Carte-Proposition
 

Les sports de glisse et le tourisme liés sont une partie importante de l’économie régionale. Les locaux font péter les anémomètres et le nombre de sessions par an ! Pour preuve : toutes les images de cet article par Annie Fouarge.
Aidons-les ! Faites tourner l’info !

 

D’autres spots en Europe menacés !

Comme Casa de Poros à Tarifa, il y a quelques temps (voir l’article d’Eric Merten sur Espace Windsurf), voici d’autres exemples :

– Pour d’autres raisons, un projet gigantesque de construction risque de modifier la qualité du spot néerlandais de Brouwersdam (spot présenté dans l’article de Michiel de Cooman sur Espace Windsurf). Ce lieu est internationalement connu pour ses conditions liées à la pratique du freestyle avec ses champions : de Steven van Broeckhoven, Sarah Quitta-Ofringa, … à Rick Jendrusch. Voir sa vidéo d’appel à l’aide “SOS” sur ContinentSeven.

– Brutal Beach, spot de vagues de Six-Fours dans le sud de la France, est aussi menacé par un projet d’extension du port Méditerranée de la commune et qui met en danger la plage de Bonne-Grâce, plus connue sous le nom de « Brutal Beach ».

– Le Jaï, à côté de Marseille, plage que certains riverains ont du mal à “prêter” aux pratiquants de sports de glisse…

– Et comme beaucoup d’autres coins perdus, entre autre “mon” home-spot, à Vesoul, petit lac intérieur menacé par la prolifération de petites algues, des cyano-bactéries. Les activités nautiques sont interdites régulièrement, et les collectivités locales passives ne font pas grand-chose pour trouver des solutions…

 

Mais attention : pas d’amalgames !

D’autres spots sont en danger aussi sur la surface de la Terre, mais à cause de répercussions des activités humaines sur l’environnement : réchauffement climatique, hausse du niveau des océans, 8ème continent de déchets flottants… La pratique de notre sport dans des conditions sympas passera déjà par le respect de nos spots et plus généralement de notre planète.
Alors :
“Respecte ta mer !”
“Sois poli avec ta mer !” : deux slogans de SurfRiderFoundation.
D’abord ça, sinon le ride risque de tourner court ! (Et tu vas devoir te mettre au foot…)

 

Espoirs…

L’association Les Gardiens de la Côte a une super page internet qui recense des combats menés, des combats en cours, mais aussi des combats gagnés !

Photo-06---Gardiens-de-la-cote
 

Cet article n’est peut-être qu’un petit grain de sable,
mais…
 
 

Attaquer et progresser en freestyle : les meilleurs conseils ! 6/6

 

Photographes : Gaël Contal & Nine Ink
 

Voir l’épisode 1

Voir l’épisode 2

Voir l’épisode 3

Voir l’épisode 4

Voir l’épisode 5

 
Voici le sixième épisode de ma rencontre avec quelques freestyleurs français. Voir le cinquième épisode ici.
Voici la question que je leur avais posée :

« Quels conseils donnerais-tu aux jeunes windsurfeurs freestyleurs pour progresser ? (moves incontournables, entraînement, matériel, …) »

 
 

6ème épisode : Romain Pinocheau, Manu Canepa

 

Romain Pinocheau

Romain Pinocheau (Photo Gaêl Contal)
 

« Pour commencer le freestyle, il faut tout d’abord bien s’équiper. Pour les jeunes, le mieux serait une 80 litres avec aileron de 16 cm pour bien glisser. (young 80l / 55-70kg 90l / +72kg 100l).

Un pied de mât avec un diabolo boogy pourra pour rigidifier la jonction entre la planche et le gréement, afin de mieux rester au-dessus de son flotteur pendant les premières manœuvres.

Une voile à 4 lattes sera plus maniable et légère, mais les 5 lattes fonctionnent très bien aussi. Un mât RDM obligé et un wishbone en aluminium fera l’affaire (le mieux étant un wish carbone plus robuste, rigide, mais plus cher)…

Pour les réglages, le pied de mât doit être reculé dans le vent fort et au milieu le reste du temps (les réglages PDM dépendent aussi des planches). Les straps ouverts permettent de mieux enlever son pied lors des chutes, et d’insérer plus facilement son pied lors des passages en switch. Cela permet aussi d’avoir des appuis sur le centre de la planche et non sur les bords. Le wishbone au niveau des épaules : en-dessous, moins d’amplitude, au-dessus : moins de contrôle.
Au niveau de la voile : bien étarquer au wishbone et faire dégueuler un minimum le haut de la voile. Il faut savoir qu’en général, les voiles de freestyle n’ont pas une très grande plage d’utilisation, contrairement aux voiles de vagues. Quand on est à la rue, il vaut mieux changer de voile que trop l’étarquer.
Les boots de harnais du freestyler sont assez longs (28-30) : ce qui permet un meilleur contrôle dans le vent faible et le vent fort et d’avoir ainsi une position plus confortable pour passer les molles ou les rafales sans tomber en arrière ou se faire catapulter.

Les premiers moves à envoyer sont, dans l’ordre : air jibe, (willy skipper), grubby, spock, flaka. Ce sont les basiques qui ne nécessitent aucun changement de stance ou de passage à contre.
Evidemment, vous pouvez commencer à passer en switch, tout en gardant le planning. Les premiers moves en switch seront l’eslider et le switch chachoo. »
 

 

Manu Canepa

Manu Canepa (Photo Nine Ink)
 

« Très bonne idée que cet article ! Et félicitations aux kids pour le mondial, car commencer tôt est souvent bénéfique…

Je suis aussi BE voile, je travaille au Bonifacio Windsurf, une école spécialisée Windsurf et j’enseigne justement le freestyle aux jeunes !

Tout d’abord le matos : choisir une voile la plus légère possible. De nombreuses marques proposent des gréements adaptés aux jeunes jusqu’à 3.5 ou 4.0m, c’est mieux (à mes yeux) qu’une voile de vague petite, mais plus lourde. C’est un avantage sur mes débuts, le matos étant bien plus adapté !
Pour ce qui est de la planche, jusqu’à un bon 55kg, une planche de vague d’une quinzaine de litres de plus que le poids du jeune suffira pour les bases du freestyle : comme l’air jibe, le switch ou les speedloops ! Ensuite, une freestyle de 80 litres permettra les moves glissés plus facilement.

Les moves : l’air jibe est incontournable ! Il permet d’assimiler la dissociation haut du corps/ bas du corps… Puis il permet les spocks, les grubby, les doubles spocks les spocks-kono, etc !!
Le Switch-Stance (sw): c’est inconfortable mais indispensable !!
Le flaka : le déclic vient souvent plus tard, car c’est un peu plus engagé physiquement.
Le Duck tack : c’est peut-être ce qui est le plus important en freestyle en ce moment. Il permet d’accéder aux culo, burner, kono, funnel, bob, etc…

L’entraînement, quand on est jeune, c’est surtout de passer le plus de temps possible sur l’eau et si possible avec des gens meilleurs ! C’est bien de s’entraîner sur grosse planche dans le vent léger.

A bientôt sur l’eau j’espère ! »
 

2014, la France championne du monde windsurf

 

Crédits photos : John Carter PWA, Bryan Gauvan

 

00 1ère photo article

 

En 2014, beaucoup de Françaises et de Français sont montés sur les marches des podiums pour des titres de champions du monde, et ceci dans la plupart des catégories :

 

PWA Slalom : Antoine Albeau (or), Cyril Moussilmani (argent), Pierre Mortefon (bronze),

PWA Slalom Jeunes : Tristan Algret (or)

PWA Wave : Thomas Traversa (or), également storm-rider, et in-door rider

PWA Wave : Alice Arutkin (bronze)

PWA Slalom : Delphine Cousin (or), Valérie Ghibaudo (bronze)

Slalom Jeune IFCA : Nicolas Goyard (or)

RS:X : Julien Bontemps (or) , Thomas Goyard (bronze)

RS:X Femmes : Charline Picon (or)

 

Voici leurs messages pour Espace Windsurf, en guise de carte de vœux pour 2015 :

 

Antoine Albeau :

« Le seul message que je peux faire passer c’est de naviguer un maximum et surtout à plusieurs, c’est beaucoup plus agréable. »

01 Albeau

 

Cyril Moussilmani :

« Je dirais aux jeunes de persévérer. C’est un super sport où les sensations sont exceptionnelles. Après, le haut niveau professionnel, malheureusement c’est de plus en plus dur. Seulement très peu de gens en vivent. Donc mon conseil : toujours avoir un plan de secours si on veut tenter sa chance en tant que windsurfer pro. »

02 Moussimani

 

Pierre Mortefon :

« Premièrement, le but du windsurf est de se faire plaisir ! C’est le plus important lorsque tu vas sur l’eau … Pendant les compétitions, lorsque je me sens bien sur l’eau et que je suis content de naviguer ça marche souvent mieux ! Ensuite il ne faut pas relâcher, naviguer, naviguer, naviguer… C’est un sport d’expérience et plus tu navigueras plus tu progresseras et plus tu seras capable de battre les plus vieux … Tout est dit, allez sur l’eau et éclatez-vous !!! »

03 Mortefon

 

Tristan Algret :

« Pour tous les jeunes qui débutent en compétition ou qui veulent aller plus loin, il faut toujours garder à l’esprit de s’amuser et de passer du bon temps à l’eau ! Je pense qu’il faut faire les choses progressivement pour avancer dans le windsurf et essayer de s’entourer des bonnes personnes !

Si vous prenez du plaisir à naviguer alors ça devrait le faire ! »

04 Algret

 

Thomas Traversa :

« Mon message aux jeunes windsurfers serait de profiter au maximum de vos potes et de continuer à vous amuser le plus longtemps possible sans vous prendre au sérieux ! C’est à ça que sert la jeunesse, et si vous avez la chance de voyager, ne la ratez pas ! »

05 Traversa

 

Delphine Cousin :

« Le windsurf est un sport incroyable qui procure des sensations uniques. Vivre de sa passion est vraiment incroyable et je souhaite à tout le monde de pouvoir le faire un jour. Ce n’est pas un sport dans lequel il est facile de vivre, mais comme on dit “quand on veut, on peut”. Alors à tous les jeunes passionnés : continuez à vous donner à fond et un jour cela paiera ! »

07 Cousin

 

Valérie Arrighetti Ghibaudo :

« Ce que je peux dire aux jeunes aujourd’hui : qu’ils prennent du plaisir lors des navigations. S’ils veulent aller plus loin, c’est à dire faire de la compétition, qu’ils sachent que c’est plus compliqué qu’il y a quelques années, et qu’ils ne peuvent pas vivre avec le windsurf. Je les pousse à continuer leurs études… pour qu’ils puissent s’épanouir plus tard…. pourquoi ne pas concilier études et sport ce qui est possible aujourd’hui….windsurf = plaisir. Je les encourage à faire du sport pour le bien être de soi. »

08 Ghibaudo

 

Nicolas Goyard :

« La persévérance est le mot maître de la planche à voile… Il ne faut jamais se décourager car les efforts seront toujours récompensés par des sensations uniques ! En régate, le but n’est au final pas de battre les autres, mais de se surpasser soi-même en utilisant les autres compétiteurs comme des référentiels… Mais surtout, amusez-vous toujours ! Prenez du plaisir, c’est l’objectif principal de la planche à voile !!! Profitez du vent, ne perdez pas une seule session… »

09 Nicolas Goyard (Photo Bryan Gauvan)

 

Julien Bontemps :

« Je dis souvent de ne jamais rien lâcher pour atteindre ses rêves… »

10 Bontemps

 

Thomas Goyard :

« Le plus important c’est de prendre du plaisir  lorsqu’on navigue ou que l’on est sur l’eau ! Peu importe qu’il y ait du vent ou pas, de la pluie ou du beau temps… Si c’est une passion comme je l’espère pour chacun d’entre vous, vous n’avez qu’à prendre le meilleur de ce que vous donnent les conditions du jour. Dites-vous que beaucoup de gens aimeraient avoir cette chance de pouvoir naviguer comme vous !

Certains le font pour le plaisir mais ne sont pas compétiteurs dans l’âme, d’autres adorent régater et truster les premières places. Chacun son truc, ne perdez pas de vue que tout ça, c’est pour VOUS que vous le faites, pas pour faire plaisir au coach ou aux parents… ! Bien sûr que des fois ça peut arriver de le faire, mais ça doit rester rare. Sinon, ça veut dire qu’il y a un problème.
Pour ceux qui veulent aller plus loin dans la compétition, voici mes conseils : soyez persévérants, croyez en vous, posez des questions à des gens meilleurs que vous, regardez des vidéos, et donnez- vous les moyens d’aller au bout de votre rêve. Sans oublier de prendre des pauses parfois et pratiquez d’autres sports, comme par exemple le surf, le SUP, le vélo, le snow, etc… !

Bon vent à tous »

11 Thomas Goyard

 

Charline Picon :

« On a la chance de faire un sport à sensations fortes, un sport d’extérieur ou l’entraînement se fait dans un cadre magique, et où on doit toujours chercher le plaisir (que ce soit les sensations, l’atteinte d’un objectif de travail, l’accomplissement d’un geste technique nouveau …)

Ensuite, il faut croire en soi et en son projet, il y aura toujours des moments difficiles où on peut vouloir abandonner, et là il faut être clair avec soi-même et savoir ce qu’on veut vraiment, être clair avec son projet sportif et personnel. Il faut se remettre en question pour continuer à progresser à la fois en performance et aussi  sur la connaissance de soi.

Bonne glisse »

12 Picon Charline

 

 

 

 

Pourquoi et comment avançons-nous en planche à voile?

 

En windsurf, comme en funboard, ou même en voilier, nous avançons grâce à la même force, celle du vent. Mais comment le vent exerce-t-il cette force dans la voile ? Cet article va servir à expliquer pourquoi et comment nous avançons grâce à une voile, mais aussi à contredire certains préjugés et qui permettra d’optimiser vos réglages pour aller plus vite ! Alors que vous êtes planchiste, voileux ou même kitesurfer, cet article pourra toujours vous apprendre quelque chose !

 

Comment avance une embarcation à voile ?

 

Pour faire tourner son moteur, une voiture a besoin de carburant. De la même manière, un voilier a besoin de vent pour pouvoir gonfler ses voiles.
Le vent exerce (comme tout fluide qui rencontre un plan) une force perpendiculaire à la voile appelée poussée vélique, ceci quel que soit l’angle avec lequel le vent arrive sur la voile.

fluide

 
 

D’où vient cette force ?

 

L’air arrive sur la voile et se sépare en deux :
– Une partie s’engouffre à l’intérieur de la voile (sur l’intrados), cet air ralentit et exerce une surpression.
– l’autre partie passe de l’autre côté (sur l’extrados). Au passage, cet air accélère et crée une dépression (phénomène de la feuille de papier sur laquelle on souffle).
On a une dépression d’un côté et une poussée de l’autre, ce qui génère une force perpendiculaire à la voile et fait avancer le bateau.
Pour corriger un premier préjugé, le côté le plus important de la voile est bien l’extrados (côté extérieur de la voile) et non l’intrados.

poussée vélique

 

Si, maintenant, on décompose la poussée vélique, on constate qu’elle se décompose en deux autres forces, l’une dirigée dans l’axe du bateau appelée la force propulsive et l’autre perpendiculaire à ce même axe, appelée force de dérive.

 

composante

 
 

Une dérive, pas seulement pour ne pas dériver!

 

Afin d’éviter que le bateau avance en crabe, on immerge un aileron et/ou une dérive, pour ceux qui en ont, qui agit comme une voile, mais cette fois l’eau remplace l’air. Quand le bateau avance, l’eau vient buter contre la dérive exerçant une surpression. Et, comme l’air, l’eau passe de l’autre côté et accélère créant une dépression. Pression d’un côté, dépression de l’autre, la présence de cet obstacle engendre une force dite d’antidérive.
Si on fait le compte, on voit que cette force perpendiculaire et la force d’antidérive se compensent. Du coup, il ne reste que la force propulsive dans l’axe du bateau qui le fait avancer. Grâce à la dérive, le bateau ne dérape plus, les forces s’annulent, mais un couple de « gîte » est créé.
 

les forces

 
 

Les différents vents

 

En navigation, on peut distinguer différents types de vent. D’abord, il y a le vent qui souffle sur la mer, c’est le vent réel. Lorsqu’il se déplace, le bateau crée son propre vent (comme celui que l’on peut sentir sur nos joues en vélo), c’est le vent vitesse. D’autre part, le vent qui fait avancer le bateau est composé du vent vitesse et du vent réel, c‘est le vent apparent.
 

vents 1

 

Ainsi, lorsque le bateau est vent arrière, on comprend facilement qu’il ne puisse atteindre sa vitesse maximale. À cette allure, le vent réel et le vent vitesse s’opposent, le vent apparent est donc plus faible que le vent réel.

 

vent arrière

 

On pourrait croire que, pour aller plus vite, il suffit de remonter le plus possible au vent et de naviguer au près. Quand le bateau lofe, le vent vitesse et le vent réel ne s’opposent plus, par conséquent, le vent apparent augmente. En fait, c’est quand le bateau est au près que le vent apparent atteint sa vitesse maximum.

 

vent près

 

Néanmoins, une grande partie de cette force fait dériver le bateau. Certes, la dérive engendre une force antidérive, mais il ne reste plus grand-chose pour faire avancer le bateau (sur le schéma, la composante dans l’axe du bateau est beaucoup plus petite que la composante perpendiculaire à l’axe du bateau). Un vent apparent important n’est pas toujours synonyme de vitesse. Les allures les plus efficaces se trouvent entre le largue et le travers.

 

Les angles d’incidence

 

Aux faibles angles d’incidence, l’écoulement de l’air est laminaire ; l’air s’écoule régulièrement le long des deux faces de la voile. Si l’on borde trop les voiles, l’écoulement devient turbulent et le bateau avance moins vite. Au vent arrière, où l’angle d’incidence est très défavorable, l’écoulement est extrêmement turbulent.

écoulement

 

En fonction de son angle par rapport au vent, et de la force du vent, il existe une configuration de voile optimale.
Bon à savoir pour les planchistes en particulier : Si on suit le raisonnement, plus on va vite, plus le vent apparent vient de face, puisque le vent vitesse augmente lui aussi. Donc, plus on a de vitesse et plus il faut border la voile.

 

vents vitesse

 

J’espère que cet article vous aidera dans vos futurs réglages et vous fera progresser et, bien sûr, j’espère aussi que vous avez appris ou compris de nouvelles choses ! ENJOY et bon ride à tous !

 

Comment éviter les galères sur l’eau

redbull stomchase

 

L’une des pires choses qui peut arriver lors d’une session est la casse du matos au large.
Voici quelques conseils pour éviter la catastrophe

 

SÉCURITÉ

Ne jamais abandonner sa planche !
C’est le seul moyen d’être repéré et, de plus, une planche qui flotte permet de se reposer.

redbull-stormchase

 

— 1616 est le numéro du CROSS (Centre Régional Opération de Surveillance et de Sauvetage) à appeler depuis un portable si l’on voit un planchiste en difficulté.

— En cas de blessure, il faut monter sur sa planche afin d’être visible et placer les bras en Y sans les agiter jusqu’à ce que les secours arrivent.

— Il faut toujours se tenir informé des conditions météo (marée, augmentation ou baisse du vent, taille et fréquence des vagues, courant).

— Il est important de repérer les différents dangers d’un spot (fonds rocheux, etc.).

— Si la température de l’eau est inférieure à 21 C °, il est conseillé de porter une combinaison isothermique.

— Il est conseillé de porter des protections corporelles (casque , chaussons , gilet d’impact…).

— Il est déconseillé de naviguer seul.

— Le gréement doit toujours être attaché par un lien élastique ou non à la planche, afin que le gréement ne coule pas si le pied de mât casse.

 

RÈGLES DE PRIORITÉ

Le respect des règles de priorité est impératif pour éviter les accidents :

— priorité au tribord amûres sur un bâbord amûre.

— En vague, la priorité est au saut par rapport au surf.

— priorité au surfer le plus près du peak.

redbull stomchase

 
 

LA RÉGLEMENTATION DES SPORTS NAUTIQUES

En planche à voile, nous avons le droit de naviguer à 2 milles nautiques (3,6 km) d’un abri avec un équipement spécial (gilet ou vêtement néoprène et un moyen de signalisation lumineux) ou jusqu’à 300 mètres du bord sans équipement spécial.

 
 

CONSEILS POUR LE MATOS

windsurf

 

— Vérifier le matériel régulièrement, car une petite négligence peut vite se transformer en grosse galère.

— Éviter de laisser les voiles et les flotteurs en plein soleil en été quand ils ne servent pas, le monofilm vieillissant mal sous l’action des UV.

— Le sable est très abrasif, il faut donc éviter de rouler les voiles dans le sable. Il est préférable de les rouler dans l’eau, même salée.

— Si possible, rincer le matos après chaque session à l’eau douce et laisser sécher, afin d’éviter la corrosion et que la voile ne pourrisse (surtout sur du long terme).

— Lors de voyages, mettre les planches, mâts, ailerons dans des housses, car ils sont très fragiles.

 
 

RÉPARATION À TERRE

— Si la planche est cassée en profondeur, il ne faut jamais utiliser de la résine ni du mastic polyester pour reboucher un trou sur une planche dont l’intérieur est en polystyrène, car cela pourrait faire fondre le polystyrène. Par contre on peut utiliser de la résine époxy.

— En cas de grosse casse, il est préférable d’aller voire un shaper.

 
 

RÉPARATION SUR L’EAU

— Si l’aileron casse, il est possible d’accrocher le harnais au strap arrière, ce qui permettra de garder la planche à peu près droite. Avec cette méthode, il est possible de rentrer doucement, mais sûrement.

— Si un côté du tube wishbone casse et que le vent est faible, il est possible de rentrer à contre ou en fausse panne. Mais si le vent est fort, il vaut mieux démonter le wishbone et le changer de côté, de façon à pouvoir rentrer.

— Si le mât casse, il faut dégréer en attachant la voile et le mât au wishbone, le tout posé sur la planche et attaché entre eux par le harnais et puis nager jusqu’à l’endroit visé (en espérant qu’il ne soit pas trop loin…)

 
 

TROUSSE À OUTILS POUR LES LONGUES DISTANCES

— une clé de 13
— deux tournevis (un plat et un cruciforme)
— du scotch
— pâte époxy à séchage rapide
— bout de remorquage de 5 à 7 mètres
— un bout de harnais en plus
— fusée de détresse.

 

Surtout, ne jamais se surestimer, la mer sera toujours gagnante !

redbull stormchase

 
 

Photos : © SM: Sebastian Marko/ Red Bull Content Pool, © SC: Simon Crowther/Red Bull Content Pool et © Bryan Gauvan
Sources : « Wave sailing » de Philippe Cachat et Yann Sorlut , Nageur Sauveteur et un (très) vieux Planchemag